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Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 127 A première vue, les indications fournies par le graphique donnant la répartition par statut d’occupation selon le revenu disponible peuvent surprendre. Si l’on pouvait s’attendre à ce que la part des locataires dans une tranche de revenu décroît au fur et à mesure que le revenu augmente, leur remontée dans les tranches supérieures mérite quelques explications. Il est fort probable que l’on y retrouve nombre de cadres supérieurs étrangers arrivés récemment qui n’envisagent de toute façon pas de rester très longtemps et qui ont donc peu de raisons d’acquérir un logement. Graphique 54: Répartition des ménages selon le niveau de vie et le mode d’occupation du logement au Luxembourg en 2004 (N = 149 400) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100% 1500-3000 3000-4000 4000-5000 5000-6000 6000-7000 7000-8000 8000-9000 9000-10000 Propriétaire Locataire 6.3 Taux de pauvreté et statut d’occupation Le taux de risque de pauvreté au Luxembourg est de 25% pour les locataires et de 9.4% pour les propriétaires en 2005. L’enquête EU-SILC ne prévoit pas de collecter des données sur les loyers et les charges financières, ce qui aurait permis de calculer un revenu disponible après paiement du coût du logement. Graphique 55: Taux de pauvreté et mode d’occupation du logement au Luxembourg en 2004 (version 2 des données 2004) (N = 170 457) au seuil de pauvreté de 60% Source: STATEC, Enquête EU-SILC 13 9.4 25 0 5 10 15 20 25 30 Total Propriétaires Locataires Quelle a été l’évolution du taux de risque de pauvreté selon le statut d’occupation du logement entre 2003 et 2005? Le graphique 56 présente l’évolution sur les deux années disponibles de l’enquête EU-SILC (2003 à 2005) du taux de risque de pauvreté selon le mode d’occupation du logement. On peut observer que l’évolution du taux de pauvreté ne s’est pas beaucoup modifiée pour la catégorie « Total » entre les deux années Graphique 56: Évolution du taux de risque de pauvreté selon le statut d'occupation du logement au Luxembourg entre 2003 et 2005 (seuil égal à 60% du revenu disponible équivalent adulte médian) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 11.5 19.8 12.4 23.4 13 9.4 25 9 8.7 0 5 10 15 20 25 30 Total Propriétaires Locataires Total Propriétaires Locataires Total Propriétaires Locataires 2003 2004 2005

Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 128 6.4 Les conditions de logement 6.4.1 Peuplement des logements L’espace moyen à la disposition des occupants d’un logement est un indicateur de la qualité des conditions d’habitation. L’indicateur en question peut rapporter la surface ou le nombre de pièces à la taille du ménage. C’est la surface moyenne par personne qui a été retenue. En procédant, de nouveau, à une ventilation selon la situation par rapport à la vie économique et la catégorie socio-économique des personnes exerçant une profession, des inégalités non négligeables apparaissent. Ainsi dans les ménages de chômeurs la surface par individu n’était que de42 m2, contre 69 m2 pour les ménages de retraités ou 54 m2 chez les ménages d’actifs occupés. Chez ces derniers, on remarquera que dans un ménage de cadre supérieur, chaque membre avait disposé, en moyenne, de 64 m2, cet indicateur n’ayant atteint que 41 m2 dans le ménage d’ouvriers. On peut également voir que pour un ménage propriétaire, cette surface moyenne s’était élevée à 66 m2 , soit 20 m2 de plus que pour les ménages locataires. Tableau 140: Surface moyenne en m2 par occupant du logement selon la situation ou le statut de la personne de référence du ménage Participation à la vie économique Surface moyenne A un emploi 54.2 Chômeur 42.3 Occupé propre ménage 89.0 Elève, Etudiant 54.0 Retraité 68.8 Autre statut économique 58.8 Catégorie socio-économique Surface moyenne Exploitants agricoles 60.8 Artisans, commerçants, chefs d'entreprise 66.7 Cadres, professions intellectuelles 64.4 Professions intermédiaires 61.1 Employés 58.3 Ouvriers 40.8 Statut d'occupation du logement Surface moyenne Propriétaire 66.0 Locataire 46.5 Autre 63.8 Source : STATEC, RP 2001 6.4.2 Environnement: luminosité, bruit Le bruit ou le manque de lumière sont parmi les éléments déterminants du confort d’un logement permettant de mieux comprendre le statut socio- économique des ménages qui les occupent. Dans l’enquête EU-SILC, les conditions de logement sont recueillies auprès des ménages et n’ont donc pas fait l’objet de mesures précises. Les ménages doivent indiquer s’ils souffrent d’une ou plusieurs de ces nuisances. Le graphique 57 permet de répondre à cette première question. Il donne la répartition du pourcentage de ménages qui déclarent ou non souffrir d’un problème de logement trop sombre selon le mode d’occupation du logement. Graphique 57: Répartition des ménages souffrant d’un manque de lumière selon le mode d’occupation du logement au Luxembourg en 2004 (N = 169 799) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 6% 6% 94% 94% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100% Propriétaire Locataire Oui Non Insuffisance de luminosité du logement ? On n’observe pas de tendance particulière propre à chaque mode d’occupation. Les ménages locataires déclarant souffrir d’un manque de lumière sont en proportion aussi nombreux que les ménages propriétaires. Le manque de luminosité n’est pas l’apanage d’un mode d’occupation du logement particulier. Une ventilation par grand groupe de professions semble montrer que les ménages de travailleurs manuels sont légèrement défavorisés, 8% d’entre eux ayant déclaré avoir des problèmes en matière de luminosité (5% pour l’ensemble des ménages). Si l’on considère le niveau de vie des ménages, aucune tendance prononcée n’apparaît.

Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 129 Graphique 58: Répartition des ménages souffrant d’un manque de lumière selon le statut de pauvreté au Luxembourg en 2004 (N = 169 788) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 11% 94% 89% 6% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100% Non pauvres Pauvres Oui Non Insuffisance de luminosité du logement ? Les ménages à risque de pauvreté sont en proportion deux fois plus nombreux à souffrir d’un manque de luminosité que les ménages non exposé au risque de pauvreté. (graphique 58). Le second facteur retenu pour expliquer les conditions de logement est celui du bruit. Le règlement communautaire de l’enquête EU-SILC ne prévoit aucune norme de bruit pour cette question. Il s’agit de recueillir le sentiment des ménages concernant le bruit vis-à-vis de leur logement et de leur voisinage. Cette enquête couvrant l’intégralité des 25 pays européens ne permet pas d’exiger un niveau de précision scientifique de mesure du bruit. En revanche, au plan national luxembourgeois, le mémorial A- n°157 du 5 septembre 2006 relatif à la lutte contre le bruit donne à l’Administration des outils méthodologiques et scientifiques précis de mesure du bruit. Les propriétaires aussi bien que les locataires expriment majoritairement une souffrance à l’égard du bruit (graphique 59). Graphique 59: Répartition des ménages souffrant du bruit selon le mode d’occupation du logement au Luxembourg en 2004 (N = 170 341) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 63% 24% 76% 37% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100% Oui Non Propriétaire Locataire Présence de bruit ? De même que pour la lumière on retrouve le résultat que les Travailleurs manuels sont parmi tous les types de professions ayant déclaré souffrir du bruit, les plus nombreux. D’autre part, 19% des ménages souffrent en 2005 d’un problème d’environnement lié à leur logement (bruit, pollution). 16% des ménages souffrent également de problèmes de violence liés à leur logement (vandalisme, vols). Ces chiffres reposent sur l’expression d’un vécu perçu par les ménages et ne fait pas l’objet de mesures scientifiques de contrôle.

Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 130 Graphique 60: Répartition des ménages souffrant du bruit selon le mode d’occupation du logement au Luxembourg en 2004 (N = 170 342) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 22% 27% 29% 78% 73% 74% 26% 71% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100% Cadres supérieurs, Dirigeants d’entreprises, professions intellectuelles Professions intermédiaires, techniciens Employés administratifs Travailleurs manuels Oui Non Présence de bruit ? Les autres types de professions ne montrent pas de tendance particulière. En revanche, la proportion de ménages souffrant du bruit diminue avec l’augmentation du niveau de vie. Graphique 61: Répartition des ménages souffrant du bruit selon le niveau de vie au Luxembourg en 2004 (N = 149 341) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 27% 23% 25% 16% 22% 37% 24% 73% 77% 75% 84% 78% 63% 76% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100% 1500-3000 3000-4000 4000-5000 5000-6000 6000-7000 7000-8000 8000-9000 Oui Non Présence de bruit ?

Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 131 Graphique 62: Répartition des ménages souffrant du bruit selon le niveau de vie au Luxembourg en 2004 (N = 170 341) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 36% 75% 64% 25% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% Non pauvres Pauvres Oui Non Présence de bruit ? Souffrir du bruit n’est pas l’apanage des ménages à risque de pauvreté (graphique 62). En 2004, seuls 0.6% des ménages résidant au Luxembourg cumulent les inconforts liés au logement : manque de lumière, présence de bruit, problèmes environnementaux et problèmes de violence (1% en 2005). Cela concerne un peu plus de 1 200 ménages sur 176 591 (1 800 ménages sur 177 910 en 2005). En 2004, sur ces 0.6% des ménages souffrant de toutes ces nuisances, 37% sont à risque de pauvreté (concerne 450 ménages). Ce chiffre descend à 24% en 2005 (concerne 430 ménages). 6.5 Le coût du logement 6.51 Le coût perçu (EU-SILC) Le coût du logement est constitué de l’ensemble des coûts mensuels liés au droit des ménages d’occuper leur logement (eau, gaz, électricité, chauffage). L’enquête EU-SILC prévoit quelques questions portant sur les charges financières liées au logement telles qu’elles sont perçues par les ménages. Le questionnaire énumère les charges suivantes: paiement des intérêts des prêts immobiliers, assurances et impôts pour les propriétaires; loyers, charges et frais de réparation pour les locataires. On peut lire sur le graphique 63 qu’au niveau de la population, approximativement 77% des ménages accusent dans leurs budgets des coûts financiers certains à lourds liés au logement. Seuls 23% des ménages n’accusent dans leurs budgets aucune difficulté financière en ce qui concerne la couverture des frais financiers liés à leur logement. On peut aussi lire sur ce graphique que les coûts liés au logement représentent un lourd fardeau pour un peu plus du quart des ménages. Il peut s’avérer intéressant d’explorer à présent les facteurs pouvant expliquer la capacité des ménages à faire face aux dépenses liées à leur logement. En particulier, le fardeau financier peut-il s’expliquer par la taille du ménage, la taille du logement, l’âge ou le revenu? Graphique 63: Répartition des ménages selon la perception des coûts financiers liés au logement au Luxembourg en 2004 (N = 176 591) Source: STATEC, Enquête EU-SILC Un lourd fardeau 28% N'est pas un fardeau 23% Un certain fardeau 49% Graphique 64: Répartition des ménages selon la sévérité des coûts financiers liés au logement par mode d’occupation du logement au Luxembourg en 2004 (N = 169 322) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 25% 35% 50% 46% 24% 18% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% Propriétaire Locataire Un lourd fardeau Un certain fardeau N'est pas un fardeau