Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 123 Tableau 134: Répartition de l’Indicateur générique de santé et statut de pauvreté u Luxembourg en 2004 (en%) Non pauvre Pauvre Bonne santé 63% 0.612532779 Santé moyenne 27% 0.223890044 Mauvaise santé 10% 0.163577177 Total 100% 1 Source : STATEC, Enquête EU-SILC ; Chi-deux = 966 ; très significatif ; corrélation 0,04 significative. Le tableau 134 montre qu’il existe un lien statistique entre le statut de pauvreté et l’état de santé générique. Le fait d’être à risque de pauvreté entraîne une dégradation du niveau de santé générique. Pour 2005 cette corrélation est renforcée. Tableau 134bis : Répartition de l’Indicateur générique de santé et statut de pauvreté au Luxembourg en 2005 (en%) Non pauvre Pauvre Bonne santé 69% 58% Santé moyenne 25% 31% Mauvaise santé 6% 10% Total 100% 100% Source : STATEC, Enquête EU-SILC ; Chi-deux = 1474 ; très significatif ; corrélation 0,062 significative Quels facteurs expliquent l’état de santé générique? On effectue une régression logistique sur l’indicateur de santé générique considéré comme variable dépendante du modèle et codée 1 pour bon état de santé général et 0 sinon. On choisi d’expliquer cette variable en fonction des variables indépendantes que sont l’âge, le revenu, le genre et le statut d’activité (actif/non actif). Présentation du modèle: Tableau 135: Régression logistique de l’Indicateur générique de santé au Luxembourg en 2004 Variable Coefficient Erreur standard Odds ratio Signifi- cativité Age -0.143 0.003 0.867 0 Niveau de vie 0.164 0.005 1.178 0 Genre -0.029 0.012 0.971 0.016 Actif occupé ou non 0.567 0.017 1.763 0 Constante 0.964 0.035 2.622 0 Source : STATEC, Enquête EU-SILC Ce modèle permet de dire que les chances d’être en bonne santé générique augmentent de 18% avec le niveau de vie et de 76% si l’on est actif occupé. Avec l’âge les chances d’être en bonne santé générique diminuent. L’effet du genre est assez marginal, il montre que les chances d’être en bonne santé générique diminuent de près de 3% lorsque l’on est une femme par rapport à l’homme. Enfin, Les personnes non soumises au risque de pauvreté ont plus de chance (25%) d’être en bonne santé générique que les personnes exposées au risque de pauvreté. Ce même modèle appliqué aux données de 2005 montre que l’âge joue un effet négatif sur la santé générique plus grand qu’en 2004. Il en va de même pour le genre. Autrement dit, plus l’âge augmente et plus petites sont les chances d’être en bonne santé générique. En revanche, le niveau de vie joue quant à lui un effet positif plus important en 2005 qu’en 2004 sur la bonne santé générique. Autrement dit, plus le niveau de vie augmente et plus les chances d’être en bonne santé générique augmentent elles aussi. La situation du marché du travail avec la prise en compte du statut d’activité exerce en 2005 un effet positif identique à celui de 2004. Le fait d’être actif occupé augmente les chances de se trouver en bonne santé générique.
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 124 6. Logement Pour tout Etat, le droit au logement est l’un des vecteurs de la cohésion sociale et de la lutte contre les exclusions et offrir à tous les conditions de se loger décemment devrait être un objectif primaire de la politique d’inclusion sociale d’un pays. La présente partie tente donc d’analyser la situation du logement au Luxembourg à partir de deux sources statistiques: l’EU-SILC qui, dans ce rapport, est l’enquête de référence pour l’étude des conditions de vie des ménages et le dernier recensement de la population qui a eu lieu en 2001. Bien que les informations contenues dans ce dernier se rapportent à la situation d’il y a cinq ans, elles permettent toujours de dégager un certain nombre de pesanteurs structurelles marquant la situation du logement au Luxembourg. La richesse des données recueillies qui ne sont pas affectées par l’imprécision inhérente aux sondages plaide également pour leur utilisation. Avant d’analyser plus en détail les modalités d’occupation des logements qui varient en fonction du statut socio-économique ainsi que leur caractéristiques et leur coût, on présentera quelques éléments succincts sur la population logée dans des conditions généralement plus précaires. On parle de souvent de ‘mal logés’. Une première approche est de considérer les personnes n’habitant pas des logements dits classiques. Par ‘logement classique’, on entend des logements situés dans des immeubles qui peuvent être des maisons individuelles ou des immeubles à appartements. Seraient donc concernées des personnes vivant dans des hôtels ou des pensions de famille, des roulottes ou encore des baraques. Tomberaient également dans la catégorie des ‘mal logés’ ceux habitant certains types de foyers. Il est clair que tous les concernés ne souffrent pas forcément de conditions de logement peu enviables, mais c’est sûrement le cas pour nombre d’entre eux. Parmi les personnes sous rubrique, il faudrait encore compter les sans-abri. Si le recensement permet d’évaluer le nombre d’individus ne vivant pas dans des logements classiques, les estimations relatives aux sans-abri sont, par la force des choses, peu précises. Pour le Luxembourg, le chiffre de 200 avait été avancé dans un récent rapport sur le développement durable. En février 2001, 2241 personnes avaient été recensées dans des hôtels ou pensions de famille, une bonne partie d’entre elles ayant, d’ailleurs, été des demandeurs d’asile. Quelque 90 recensés habitaient des roulottes et près de 750 avaient indiqué vivre dans des foyers pour adultes. 6.1 Répartition par statut d’occupation au Luxembourg La location ne représente que 30% des logements habités au Luxembourg d’après une étude récente du Ceps 1 . Ce pourcentage est très proche de celui relevé au dernier recensement de 2001 (un peu plus de 31%). Dans l’enquête EU-SILC de 2004, on arrive à un chiffre de 27%. A noter qu’à côté des ménages propriétaires ou locataires, on trouve encore ceux qui, pour diverses raisons, sont logés gratuitement représentant entre 3 et 5% du total. Même si le parc des logements loués est, comme le souligne l’étude, en constante diminution depuis 30 ans, on verra plus bas que c’est ce mode de logement qui concentre le taux de risque de pauvreté le plus important. Graphique 51: Répartition des ménages en fonction du statut d’occupation de leur logement au Luxembourg en 2004 (N = 176 591) Source: STATEC, Enquête EU-SILC Locataire (loyer au prix du marché) 22% Propriétaire 69% Logé gratuitement 4% Locataire (loyer inférieur au prix du marché) 5% Autres 9%
1 Offres et prix de locations des logements en 2003-2004. De Lanchy, G. Publications of GEODE 2005. La Note de l'Observatoire de l'Habitat n°04.
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 125 6.2 Caractéristiques des occupants Une ventilation des ménages par statut d’occupation et situation par rapport à la vie économique montre qu’un peu plus de 80% des ménages dont la personne de référence est retraitée étaient propriétaires de leur logement. Cette proportion tombait à 65% chez celles exerçant une profession et à moins de 30% chez celles qui sont au chômage. En se limitant aux personnes ayant un emploi, on remarque qu’avec seulement quelque 58%, c’est chez les ouvriers que la part des propriétaires avait été la plus faible. A première vue, il peut paraître surprenant que les ménages de cadres supérieurs ou de professions intellectuelles n’auraient été qu’un peu plus de 60% à l’être, chiffre nettement inférieur à ceux enregistrés pour les professions intermédiaires et les techniciens ou les différents autre types de ‘cols blancs’. L’explication est que le statut de propriétaire est fortement corrélé avec la durée de résidence au Grand-Duché comme le montre le tableau suivant. Tableau 136: Statut d’occupation du logement selon la catégorie socio-économique de la personne de référence du ménage (en%) Propriétaire Locataire Autre Total Exploitants agricoles 93.2 2.9 3.8 100.0 Artisans, commerçants, chefs d'entreprise 71.3 24.5 4.2 100.0 Cadres, professions intellectuelles 61.4 34.9 3.6 100.0 Professions intermédiaires 71.5 25.5 3.0 100.0 Employés 73.6 23.4 3.0 100.0 Ouvriers 57.9 38.8 3.4 100.0 Total 65.3 31.3 3.4 100.0 Source : STATEC, RP 2001 Catégorie socio-économique Statut d'occupation du logement Tableau 137: Statut d’occupation du logement selon la situation par rapport à la vie économique de la personne de référence du ménage (en%) Propriétaire Locataire Autre Total A un emploi 65.2 31.4 3.4 100.0 Chômeur 28.9 63.5 7.6 100.0 Occupé propre ménage 76.4 18.8 4.8 100.0 Elève, Etudiant 28.7 54.3 17.0 100.0 Retraité 81.3 15.2 3.5 100.0 Autre statut économique 43.7 39.9 16.4 100.0 Total 69.5 26.8 3.7 100.0 Source : STATEC, RP 2001 Statut d'occupation du logement Participation à la vie économique Tableau 138: Statut d’occupation du logement selon la durée de résidence de la personne de référence du ménage (en%) Propriétaire Locataire Autre Total Né au Luxembourg 80.3 15.8 3.9 100.0 Arrivé avant 1975 72.5 24.6 2.9 100.0 Arrivé entre 1975 et 1984 64.7 32.9 2.4 100.0 Arrivé entre 1985 et 1994 48.1 49.2 2.7 100.0 Arrivé après 1994 15.7 78.5 5.8 100.0 Total 69.9 26.6 3.8 100.0 Source : STATEC, RP 2001 Durée de résidence Statut d'occupation du logement
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 126 Alors qu’environ 80% des personnes de référence nées au Luxembourg avaient été propriétaires, ce pourcentage chute à quelque 15% chez ceux arrivés après 1994. Or selon les chiffres du recensement un quart des cadres supérieurs n’étaient venus que dans la deuxième moitié des années 1990 et seulement la moitié d’entre eux étaient nés au pays. Ces différentes interrelations peuvent encore être mises en lumière par la régression logistique suivante où la variable dépendante est le fait d’être propriétaire ou non de son logement, intègre à côté de la nationalité, le statut socio-économique, la période d’arrivée ainsi que l’âge. En prenant les travailleurs manuels comme catégorie de référence, il est aisé de voir que les chances de devenir propriétaire étaient considérablement plus importantes pour les autres catégories socio-économiques. Par rapport aux autochtones, les plus défavorisés seraient, toutes choses égales par ailleurs, les Français et les Portugais. Sans surprise, on constate que la probabilité en question s’accroissait avec la durée de séjour. Tableau 139: Régression logistique AGE 1.228 ** AGE2 0.998 ** Statut socio-économique de la personne de référence dans le ménage Employés administratifs 1.475 Professions intermédiaires (techniciens) 1.747 Dirigeants d'entreprise, cadres supérieurs 1.76 Nationalité Belges 0.681 ** Français 0.374 ** Allemands 0.57 ** Italiens 0.711 ** Portugais 0.378 ** Autre UE15 0.409 ** Autre 0.542 ** Période d'arrivée avant 1975 1.086 1975- 1984 0.958 1985-1994 0.472 ** après 1994 0.083 ** Constant 0.036 Pseudo R2 de Nagelkerke 0.255 Catégorie de référence Statut socio-économique : Ouvrier de production Nationalité : Autochtone Période d'arrivée : né au Luxembourg Coefficients de régression ** coefficients significatifs à p < 0.001
- coefficients significatifs à p < 0.05 Source : STATEC, RP 2001 Rapport des chances donnant la probabilité d'être propriétaire de son Que la probabilité d’être propriétaire de son logement s’accroît avec l’âge est confirmé par le tableau croisé suivant tiré de l’EU-SILC. Si avant 30 ans, les ménages locataires prédominent, leur part relative tombe à moins de 20% à partir de 65 ans. Graphique 52: Répartition des par classes d’âges et mode d’occupation du logement au Luxembourg en 2004 (N = 170 457) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100% 0-24 30-34 40-44 50-54 60-64 70-74 Propriétaire Locataire Une ventilation selon les principales nationalités présentes au Luxembourg, laisse apparaître de fortes différences. Alors plus de 80% des ménages de nationaux sont propriétaires de leur logement, cette proportion devient inférieure à 50% chez les étrangers à l’exception notable des Italiens. Ceci n’a rien d’étonnant lorsqu’on sait que le fait d’être né au Luxembourg ou d’y avoir séjourné longtemps augmente considérablement les chances d’être propriétaire. On n’a qu’à se référer au tableau croisé et à la régression logistique qui précèdent. Le score élevé observé pour les ressortissants Italiens montre que leur immigration est bien une immigration ancienne. Graphique 53: Répartition des par nationalités et modes d’occupation du logement au Luxembourg en 2004 (N = 170 456) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100% BE DE FR IT LU PT Propriétaire Locataire