Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 132 Le quart des ménages propriétaires déclarent que les coûts du logement sont un lourd fardeau pour eux. Ils sont un peu plus d’un tiers de locataires. Le pourcentage total de ménages éprouvant un certain fardeau et un lourd fardeau de coûts financiers liées à leur logement est majoritaire quelque soit le mode d’occupation du logement. Les coûts financiers liés au logement diminuent avec la taille du ménage. Il est raisonnable de penser que les coûts restent les mêmes mais que le nombre de personnes actives occupées augmente aussi dans le ménage, ce qui permet de supporter davantage ces coûts. Graphique 65: Répartition des ménages selon leur taille et la sévérité des coûts financiers liés au logement au Luxembourg en 2004 (N = 169 323) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 0% 20% 40% 60% 80% 100% 120% 1 2 3 4 5 6 7 8 10 Nombre de personnes dans le ménage Un lourd fardeau Un certain fardeau N'est pas un fardeau Les coûts financiers liés au logement sont en revanche différemment supportés entre les types de professions. Le pourcentage de ménage accusant un lourd fardeau de frais de logement augmente de gauche à droite selon les types de professions (graphique 66). Le pourcentage correspondant à « un certain fardeau » reste constant et élevé entre les professions. Au total les coûts liés au logement sont une préoccupation majeure des ménages pour tous les types de professions. Graphique 66: Répartition des ménages selon le type de profession et la sévérité des coûts financiers liés au logement au Luxembourg en 2004 (N = 169 322) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 19% 21% 36% 48% 52% 52% 32% 26% 18% 18% 30% 46% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100% Cadres supérieurs, Dirigeants d’entreprises, professions intellectuelles Professions intermédiaires, techniciens Employés administratifs Travailleurs manuels Un lourd fardeau Un certain fardeau N'est pas un fardeau
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 133 Graphique 67: Répartition des ménages par âge de la personne de référence et sévérité des coûts financiers liés au logement au Luxembourg en 2004 (N = 169 321) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 0-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60-64 65-69 70-74 75 et plus Un lourd fardeau Un certain fardeau N'est pas un fardeau Le lien statistique existant entre l’âge et le coût du logement est significatif. De plus, la corrélation bien que faible est de 0,14. Elle indique que plus l’âge augmente, plus les coûts liés au logement diminuent dans le budget des ménages (graphique 68). Graphique 68: Répartition des ménages selon le niveau de vie et la perception des coûts des coûts financiers liés au logement au Luxembourg en 2004 (N = 148 382) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 1500-3000 3000-4000 4000-5000 5000-6000 6000-7000 Un lourd fardeau Un certain fardeau N'est pas un fardeau Bien évidemment on peut se douter que la prise en compte du statut de pauvreté alourdissent les chiffres précédents. Avec le graphique 69, on observe que la prise en compte du statut de pauvreté donne un poids plus important au coût du logement.
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 134 Graphique 69: Répartition des ménages à risque de pauvreté et sévérité des coûts financiers liés au logement au Luxembourg en 2004 (N = 22 132) Source: STATEC, Enquête EU-SILC Un lourd fardeau 49% N'est pas un fardeau 14% Un certain fardeau 37% En ne considérant que les ménages à risque de pauvreté on se rend bien vite compte que le coût du logement est un problème essentiel. Près de la moitié des ménages pauvres ont déclaré qu’il constitue un très lourd fardeau. Cette proportion tombe à 25% chez les non pauvres. Il y a cependant un résultat intéressant qui est celui de la prédominance du fardeau élevé pour les ménages à risque de pauvreté locataires. Graphique 70: Répartition des ménages à risque de pauvreté et la perception des coûts financiers liés au logement au Luxembourg en 2004 (N prop. = 9 662 et N loc. = 12 398) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 42% 55% 40% 34% 11% 18% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% Propriétaire Locataire Un lourd fardeau Un certain fardeau N'est pas un fardeau Le fardeau financier touche plus les ménages à risque de pauvreté locataires que ceux propriétaires de leur logement. 6.5.2 Le loyer (RP2001) Deux indicateurs sont présentés: le loyer mensuel ainsi que le loyer mensuel par m2. Un examen de la répartition du loyer mensuel (les recensés devaient, en principe, indiquer le loyer net, à l’exclusion des charges et frais pour le chauffage, l’eau, l’électricité, le garage, etc.) par situation par rapport à la vie économique ou catégorie socio- économique permet de voir que le montant le plus élevé (611 EUR) avaient été versé par les ménages où la personne de référence travaille. Il dépasse de près de 30% celui à charge des ménages de chômeurs. Lorsqu’on considère les loyers relativement modestes payés par les ménages des catégories ‘occupé propre ménage’ ou ‘retraité’, il ne faut pas perdre de vue que pour ce type de ménage, la proportion de locataires était plutôt faible. Concernant la catégorie socio-économique, l’écart entre les ménages de cadres supérieurs ou de professions intellectuelles se montait à plus de 400 EUR (pas loin du double). De façon générale, au sein de la population salariée, les loyers reflétaient bien la hiérarchie sociale. Tableau 141: Loyer mensuel selon la situation ou le statut de la personne de référence du ménage Participation à la vie économique Loyer mensuel (en EUR) A un emploi 611 Chômeur 478 Occupé propre ménage 428 Elève, Etudiant 502 Retraité 430 Autre statut économique 461 Catégorie socio-économique Loyer mensuel (en EUR) Exploitants agricoles 438 Artisans, commerçants, chefs d'entreprise 764 Cadres, professions intellectuelles 867 Professions intermédiaires 685 Employés 613 Ouvriers 461 Source : STATEC, RP 2001 Le loyer par m2 semble s’être ressenti de la taille du logement occupé, le loyer à payer ne s’étant pas accru dans les mêmes proportions que la surface. Les catégories de ménages ayant eu des surfaces disponibles plus élevées, auraient donc eu une charge locative par m2 relativement faible. Pour les ménages
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 135 de chômeurs, elle s’était élevée à 9 EUR, alors que pour les ménages de retraités, peu représentés chez les locataires, elle n’avait été que de 6.5 EUR. Si l’on prend en compte le statut socio-économique, la hiérarchie sociale semble de nouveau respectée. Chez les cadres supérieurs, Le loyer par m2 qui avait atteint 9.5 EUR chez les cadres supérieurs et les professions intellectuelles n’avait été que de 7.5 EUR pour les ouvriers. Tableau 142: Loyer par m2 selon la situation ou le statut de la personne de référence du ménage Participation à la vie économique Loyer par m2 (en EUR) A un emploi 54.2 Chômeur 42.3 Occupé propre ménage 89.0 Elève, Etudiant 54.0 Retraité 68.8 Autre statut économique 58.8 Catégorie socio-économique Loyer par m2 (en EUR) Exploitants agricoles 4.95 Artisans, commerçants, chefs d'entreprise 7.97 Cadres, professions intellectuelles 9.50 Professions intermédiaires 8.22 Employés 7.73 Ouvriers 7.49 Source : STATEC, RP 2001 6.6. Logement social 1 En intégrant les logements vendus et loués par le Fonds du logement en 2005, le nombre total d’unités vendues ou louées depuis 1979 s’élève à 1 028 pour les premières et à 1 435 pour les secondes. Ils sont essentiellement situés dans la commune de Luxembourg et les communes du sud du pays. Les demandeurs de logements sociaux par nationalité En 2005, ce sont les candidats de nationalité luxembourgeoise qui représentent la majorité des demandes (37.7%), en baisse par rapport à 2004 (42.0%) et en hausse par rapport à 2003 (36.3%). Les demandes des citoyens portugais sont en baisse depuis deux années consécutives passant de 21.8% en 2003 à 17.1% en 2005. Parmi les autres nationalités 1 Source: « Rapports et Bilan 2005 » du Fonds du logement les plus représentées, on retrouve les français avec 10.4% des demandes, les italiens avec 5.31% et les ex-Yougoslaves avec 4.25% des demandes. Les demandeurs de logements sociaux par statut professionnel et revenu Comme tous les ans, la classe ouvrière est la plus représentée en 2005 avec 40.6% des demandes, suivie par les RMGistes (23.4%), les pensionnés (12.1%), les demandeurs d’emplois (8.4%) et les employés (7.4%). Les candidats dont le revenu mensuel imposable se situe dans la tranche 1 200 à 1 400 EUR sont les plus représentés. Les demandeurs de logements sociaux par âge et composition du ménage Les demandes émanent essentiellement de personnes âgées entre 35 et 55 ans (48.8%) et entre 25 et 35 ans (30.9%). A l’instar des années précédentes, les structures familiales les plus représentées sont les couples avec un enfant à charge (24.4%), avec 2 enfants (19.9%) et les personnes seules (29.8%).
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 136 7. Participation à la vie sociale et culturelle Il va sans dire que l’accès à la culture et à la vie sociale en général peut, à de nombreux égards, jouer un rôle important pour promouvoir une plus grande inclusion sociale. A défaut de données sur l’accès à la culture proprement dite, la présente partie vise à identifier s’il y a privation au Grand-Duché en matière de vacances et compare le Luxembourg aux autres pays membres en ce qui concerne l’accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC). 7.1 Privation en matière de vacances? Une publication récente du STATEC 1 a montré le taux élevé de l’intensité de voyage des Grand-Ducaux. L’étude précise que près « de 78% de la population résidente âgée de 15 ans et plus ont entrepris en 2005 un voyage de loisirs comportant au moins une nuitée ». L’enquête EU-SILC se propose à l’inverse d’analyser les raisons pour lesquelles les ménages ne peuvent se permettre de partir en vacances loin de leur domicile. On s’intéresse ici au bien être matériel des individus à travers une question sur les vacances. Le principe est de vérifier si le ménage dispose des moyens financiers lui permettant, s’il le désire, de partir une semaine par an en vacances loin du domicile. Il ne s’agit pas de savoir si le ménage est réellement intéressé à partir une semaine en vacances mais seulement s’il dispose des moyens de se l’offrir. Si le ménage ne peut se permettre une semaine de vacances que chez des amis ou chez des parents, la réponse à la question doit être négative. Elle sera également négative si par exemple dans un ménage les parents peuvent envoyer leurs enfants en vacances alors qu’ils ne peuvent eux-mêmes partir. La majorité des membres du ménage doit donc avoir la possibilité de partir. Enfin, cette question n’a pas pour finalité de chercher à connaître le montant que le ménage peut dépenser pour ses vacances. Graphique 71: Privation en matière de vacances au Luxembourg en 2004 Source: STATEC, EU-SILC 11,3 % 88,7 % Un peu plus d’un ménage sur 10 ne disposent pas des moyens financiers suffisants pour se permettre des vacances annuelles loin de leur domicile. Le graphique suivant permet de situer les personnes ne pouvant se permettre une semaine de vacances selon leur catégorie socioprofessionnelle. Graphique 72: Répartition par type d’activité professionnelle des ménages ne partant pas en vacances au Luxembourg en 2004 (par profession de la personne de référence, en%) Source: STATEC, EU-SILC Ne peut financièrement se permettre une semaine de vacances loin du domicile 42% 33% 23% 17% 9% 7% 0% 10% 20% 30% 40% 50% Sans emploi Handicapé Elève, étudiant Inactif A un emploi Retraite, préretraite
1 V. Molling, « Le Luxembourg et le Tourisme », Statnews n°45/2006, STATEC.