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Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 114 Cette équation permet également de déterminer le nombre d’années à partir duquel le taux de rendement marginal devient nul. Tableau 114: Taux de rendement marginal des études (salariés masculins) 10 années 9.6 15 années 7.6 20 années 5.6 25 années 3.6 Nombre d'années où le trm s'annule 34 Source : STATEC, EFT 2005 Taux de rendement marginal après n années d'études (en %) Après 20 années d’études (école primaire comprise), une année supplémentaire engendrerait encore une hausse 5.6% de la rémunération. Théoriquement, le taux de rendement marginal ne s’annulerait qu’après 34 années d’études. Une autre façon de mettre en lumière l’impact du niveau d’instruction atteint sur la rémunération est d’introduire ce dernier comme variable qualitative dans la fonction de gains. Cette variable prend la valeur 1, si le salarié a la caractéristique donnée, comme être détenteur d’un diplôme universitaire et 0, s’il ne l’a pas. De telles variables sont connues comme variables ‘dummy’. La catégorie de référence seront les salariés n’ayant pas dépassé le primaire. Les coefficients modifiés 1 permettent de voir que toutes choses égales par ailleurs (ici à âge égal), un diplômé universitaire gagne x% de plus que quelqu’un qui n’est pas allé au-delà du primaire. Dans l’estimation sous revue, à âge égal, un universitaire ou assimilé gagnerait 119% de plus que son collègue avec le niveau d’enseignement le plus bas. Même s’il s’agit de rémunération nette, cet écart pourrait, à première vue, paraître relativement faible. Il ne faut pas perdre de vue que l’importante ‘item non response’ pour la variable ‘rémunération nette’ touche vraisemblablement beaucoup plus les personnes ayant des rémunérations élevées. Autre cause de biais: les indications sur le niveau d’instruction sont ‘self- declared’ d’où un risque de surévaluation. Tableau 115: Coefficients estimés de la fonction de gains (salariés masculins) AGE 0.076 ** AGE2 -0.001 ** Niveau d'instruction Secondaire inférieur 0.298 ** Secondaire supérieur 0.507 ** Supérieur 0.784 ** R2 ajusté 0.531 Catégorie de référence Niveau d'instruction : Primaire Source : STATEC, EFT 2005 Coefficients de régression ** coefficients significatifs à p < 0.001

  • coefficients significatifs à p < 0.05

1 L’effet g d’une variable ‘dummy’ est calculé selon la formule: g = e c - 1, où c est le coefficient estimé de la variable ‘dummy’.

Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 115 5. Vers un indicateur générique de santé 1: La santé est un indicateur important de cohésion sociale. De nombreuses études ont déjà montré l’existence d’un lien statistique entre la santé d’un individu, sa situation sur le marché du travail et son revenu. La santé des personnes est donc une condition nécessaire pour la participation au marché du travail et de cohésion sociale. L’enquête EU-SILC permet d’explorer quelque peu cette dimension souvent négligée. Nous allons retenir trois types de questionnements concernant l’état de santé général perçu , la maladie chronique et, enfin, les handicaps ou restrictions d’activité. En ce qui concerne les questions générales de santé: Quel est votre état de santé général?, Souffrez-vous de maladie chronique ou de longue durée? et enfin Etes-vous limité dans votre activité par des problèmes de santé? Un indicateur générique de santé sera construit, reflétant les trois dimensions de santé évoquées. L’analyse examine le rapport à la pauvreté et au marché de l’emploi. La santé perçue La première question de santé de l’enquête EU-SILC concerne l’état de santé général tel qu’il est perçu par les personnes interrogées. Il ne s’agit donc pas d’un diagnostic médical établit par un médecin mais de l’avis subjectif du répondant. « Quel est votre état de santé général? ».

  1. Très bon
  2. Bon
  3. Moyen
  4. Mauvais
  5. Très mauvais De par sa nature, il s’agit donc d’une variable subjective. On admet que le répondant puisse être influencé par les impressions ou les opinions des autres personnes. La référence est bien l’état de santé en général en sachant que celui-ci ne correspond pas à l’état de santé courant au moment de l’enquête. De ce fait, on escompte que cette évaluation puisse inclure plusieurs dimensions différentes de la santé (physique, sociale, émotionnelle) sans limite de temps mais en omettant toutefois toute référence à l’âge. Tableau 116: Auto-évaluation de l’état de santé (en%) au Luxembourg en 2004 Très bon 33.7 39.8 17.0 7.6 Très mauvais 2.0 Total 100 Source: STATEC, Enquête EU-SILC (N= 298 560) Les deux modalités Très bon et Bon états de santé sont majoritaires dans la population. 73.5% des personnes habitant le Grand-Duché se déclarent en bonne ou très bonne santé. Serait-ce une question de genre? Les tableaux 117 et 118 donnent la répartition de cette auto-évaluation selon le genre des personnes interrogées. Tableau 117: Auto-évaluation masculine de l’état de santé (en%) au Luxembourg en 2004 Très bon 31.9 41.1 17.9 7.3 Très mauvais 1.8 Total 100 Source : STATEC, Enquête EU-SILC (N = 149 684) Tableau 118: Auto-évaluation féminine de l’état de santé (en%) au Luxembourg en 2004 Très bon 30.8 40.9 18.2 8.2 Très mauvais 1.9 Total 100 Source : STATEC, Enquête EU-SILC (N = 148 885)

1 Cette section s’appuie sur une étude réalisée par l’Observatoire Européen des Espérances de santé intitulée « Différentes estimations des espérances de santé dans les pays de l’Union européenne en 2002 ». Juillet 2005, Technical report n°3.

Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 116 Si les écarts en pourcentages entre hommes et femmes sont très faibles, les premiers se déclarent toutefois relativement plus nombreux en bonne à très bonne santé que les femmes. La proportion de ces dernières se déclarant en mauvaise santé (12 208 femmes) est un peu plus importante que celle des hommes (10 926). La maladie chronique La seconde question de santé de l’enquête EU-SILC concerne les problèmes de santé chroniques. Elle est formulée ainsi: « Souffrez-vous d’un problème de santé chronique ou de longue durée? ».

  1. oui
  2. non L’enquête EU-SILC considère que l’état de santé chronique d’un individu doit correspondre à une situation permanente qui peut requérir une longue période d’observation ou de soins. Cette situation permanente se définit de manière très large comme pouvant être des problèmes que l’interviewé traite par l’automédication, ou des problèmes non diagnostiquées par un médecin, ou des problèmes saisonniers ou intermittents ou encore des problèmes qui n’apparaissent pas sérieux ou important pour l’interviewé. Tableau 119: Auto-évaluation de maladie chronique (en%) au Luxembourg en 2004 Oui 24.1 Non 75.9 Total 100 Source : STATEC, Enquête EU-SILC (N = 299 213) Les ¾ des personnes interrogées n’ont pas de problèmes de santé de longue durée ou chronique. Il est évident qu’il existe un lien entre la santé générale et la présence de maladie chronique. On évalue cette corrélation significative à – 0.47. Les tableaux 120 et 121 donnent la répartition de cette auto-évaluation selon le genre des personnes interrogées. Tableau 120: Auto-évaluation masculine de maladie chronique (en%) au Luxembourg en 2004 Oui 23.9 Non 76.1 Total 100 Source : STATEC, Enquête EU-SILC (N = 149 946) Tableau 121: Auto-évaluation féminine de maladie chronique (en%) au Luxembourg en 2004 Oui 24.3 Non 75.7 Total 100 Source : STATEC, Enquête EU-SILC (N = 148 898) Les restrictions d’activité La troisième question de santé de l’enquête EU-SILC concerne les restrictions d’activité ou les handicaps. Elle est libellée comme suit: « Etes-vous limité dans vos activités par des problèmes de santé? ». On demande aux ménages enquêtés de répondre selon trois modalités:
  3. oui fortement limité
  4. oui limité
  5. non aucune limitation Tableau 122: Auto-évaluation des restrictions d’activités (en%) au Luxembourg en 2004 oui fortement limité 9.0 oui limité 17.0 non aucune limitation 74.0 Total 100 Source : STATEC, Enquête EU-SILC (N = 299 213) La corrélation entre l’état de santé général et les restrictions d’activités est également très forte (non présentée ici). On l’évalue à + 0.5. La corrélation entre l’état de santé général et la limitation d’activité est donc assez forte. Les tableaux 123 et 124 donnent la répartition de cette auto-évaluation selon le genre des personnes interrogées.

Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 117 Tableau 123: Auto-évaluation masculine des restrictions d’activités (en%) au Luxembourg en 2004 oui fortement limité 9.5 oui limité 15.4 non aucune limitation 75.1 Total 100 Source : STATEC, Enquête EU-SILC (N = 149 318) Tableau 124: Auto-évaluation féminine des restrictions d’activités (en%) au Luxembourg en 2004 oui fortement limité 8.6 oui limité 18.6 non aucune limitation 72.8 Total 100 Source : STATEC, Enquête EU-SILC (N = 147 948) La construction d’un indicateur générique de santé Cet indicateur combine les trois dimensions présentées ci-avant 1: l’état de santé général, la présence d’une maladie chronique et la présence d’un handicap. Ces dimensions corrèlent en effet très fortement. L’indicateur de santé est dit générique dans la mesure où il combine dimensions objective et subjective de santé. En effet, comment peut-on classer une personne en fauteuil roulant qui se considère en très bonne santé? L’indicateur de santé générique va tenir compte de cette complémentarité en combinant ces trois approches. Il comprend trois niveaux:

  1. La « Bonne santé » pour ceux qui ont répondu être en « bonne » ou « très bonne » santé perçue ET ne souffrant pas de maladie chronique NI de restriction d’activité;
  2. La « mauvaise santé » pour les individus ayant répondu « mauvaise OU très mauvaise santé » OU avoir une restriction sévère d’activité;
  3. La santé « moyenne », reflétant des problèmes de santé mineurs et sans restrictions sévères. Ce niveau comprend toutes les autres combinaisons de réponses non reprises dans les deux premiers niveaux (voir annexe pour plus de détails). Tableau 125: Indicateur générique de santé (en%) au Luxembourg en 2004 Bonne santé 64.5 Santé moyenne 26.3 Mauvaise santé 9.0 Total 100 Source : STATEC, Enquête EU-SILC (N = 298 570) Tableau 126: Indicateur générique Homme-Femme de santé (en%) au Luxembourg en 2004 Hommes Bonne santé 65.1 Santé moyenne 25.5 Mauvaise santé 9.4 Total 100 Femmes Bonne santé 64.1 Santé moyenne 27.3 Mauvaise santé 8.6 Total 100 Source : STATEC, Enquête EU-SILC (N hommes = 149 864 ; N femmes = 148 865) Un autre critère, celui de l’âge, permet de comprendre le classement des niveaux de santé générique. Les variables sont statistiquement liées 2 on en détermine donc une corrélation significative et assez forte entre le niveau de santé générique et les classes d’âges (32%). Cela signifie que plus l’âge augmente et plus l’état de santé générique se dégrade. Le graphique 47 donne la répartition par classes d’âges de l’état de santé générique. La bonne santé générique commence à décroître dès l’âge de 30 ans et ce jusqu’à la classe des 75 ans et plus. On observe une augmentation significative des états de santé génériques moyen et mauvais dès l’âge de la retraite.

1 La combinaison de ces dimensions ne tient pas compte d’une part des éventuelles non réponses ponctuelles à l’une ou l’autre de ces dimensions. D’autre part cette combinaison à l’avantage de relativiser les bons états de santé générale déclarés si la personne a répondu souffrir de maladie chronique et/ou de certaines limitations. De ce fait, la proportion dominante des trois quart qui est présente dans les trois dimensions ne peut être aussi élevée avec le nouvel indicateur. 2Chi-deux = 25 025 significatif à 1 pour mille. L’existence d’un lien statistique entre santé générique et âge est donc établie.