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Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 110 Tableau 106: Taux de scolarisation selon le groupe d’âges et la profession de la personne de référence du ménage Profession 15 à 19 ans 20 à 24 ans Dirigeants d'entreprise, cadres supérieurs, professions scientifiques et libérales 97.9 68.9 Professions intermédiaires, techniciens 91.9 59.6 Employés administratifs 89.6 37.4 Travailleurs manuels 88.3 24.1 Source : STATEC, EFT 2005 Poursuite d’études supérieures, sexe, nationalité, pays de naissance et profession de la personne de référence du ménage Dans la population de nationalité luxembourgeoise, un quart des jeunes âgés entre 20 et 29 ans poursuivent des études supérieures, proportion significativement plus élevée que chez les étrangers où des écarts non négligeables existent selon que l’on soit au Grand- Duché ou non. De nouveau, on peut penser que parmi ces derniers, beaucoup sont venus pour exercer une activité économique et non pour étudier. La prise en compte de la profession de la personne de référence du ménage confirme qu’elle permet une stratification sociale de la société. Alors que pour les deux premiers groupes de professions, la proportion étudiée atteint quelque 25%, elle devient inférieure à 10% lorsque la personne de référence est travailleur manuel. A noter que le très faible écart entre les deux premiers groupes renvoie vraisemblablement à la distinction introduite par Pierre BOURDIEU entre capital économique et capital culturel. Ce serait surtout le capital culturel important dont dispose la personne de référence qui aurait des effets positifs sur la probabilité de poursuivre des études supérieures. Or dans le groupe censé être au sommet de la hiérarchie sociale, on trouve de nombreux travailleurs indépendants dotés, certes, d’un capital économique parfois considérable, mais dont la dotation en capital culturel peut s’avérer relativement faible. Une régression logistique introduisant, à côté des variables prises en compte plus haut, l’âge (et le carré de l’âge) comme variable de contrôle confirme les enseignements du tableau croisé. Les chances de poursuivre des études supérieures augmentent, toutes choses égales par ailleurs, avec l’âge, cet effet positif allant cependant en diminuant. Elles sont plus élevées lorsqu’on est de sexe masculin et né au Grand-Duché. Par rapport aux jeunes de nationalité luxembourgeoise, ces chances ne deviennent plus importantes que pour leurs homologues allemands ou ressortissants d’un certain nombre de pays de l’EU15. Concernant l’effet de la profession exercée par la personne de référence, on retrouve les résultats obtenus en considérant les taux d’emploi. Dans la régression logistique les chances des jeunes issus d’un ménage dont la personne de référence exerce une profession intermédiaire ou la profession de technicien sont les plus élevées (poids du capital culturel). Tableau 107: Part des personnes âgées entre 20 et 29 ans poursuivant des études supérieures selon le sexe, la nationalité et selon la profession de la personne de référence du ménage Ensemble Né au Luxembourg Né à l'étranger Ensemble Nationalité et sexe Nationaux Hommes 26.1 25.5 42.3 47.5 Etrangers Hommes 12.3 18.6 9.6 10.8 Nationaux Femmes 25.5 25.7 21.5 20.2 Etrangers Femmes 15.2 30.2 11.2 14.9 Profession de la personne de référence du ménage Dirigeants d'entreprise, cadres supérieurs, professions scientifiques et libérales 25.3 27.9 20.7 20.0 Professions intermédiaires, techniciens 24.0 33.4 7.2 4.7 Employés administratifs 13.6 15.1 8.2 6.9 Travailleurs manuels 9.1 14.5 3.7 3.7 Source : STATEC, EFT 2005

Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 111 Tableau 108: Régression logistique donnant la probabilité de poursuivre des études supérieures Rapport des chances donnant la probabilité de poursuivre des études supérieures Coefficient de régression Rapport des chances Age 3.82 ** 45.620 Age2 -0.089 ** 0.915 Sexe Masculin 0.025 1.026 Pays de naissance Luxembourg 0.336 ** 1.399 Nationalité Belge -0.427 ** 0.652 Française -0.914 ** 0.401 Allemande 0.392 ** 1.480 Italienne -1.155 ** 0.315 Portugaise -0.644 ** 0.525 Autre UE15 0.839 ** 2.314 Autre -2.194 ** 0.111 Profession de la personne de référence du ménage supérieurs 1.381 ** 3.979 Professions intermédiaires, techniciens 1.388 ** 4.008 Employés administratifs 0.169 * 1.118 Nagelkerke R Square 0.373 Catégorie de référence Sexe : Féminin Pays de naissance : Etranger Nationalité : Autochtone Coefficients de régression Source : STATEC, EFT 2005 Personnes âgées entre 20 et 29 ans Profession de la personne de référence du ménage : Travailleur manuel ** coefficients significatifs à p < 0.001

  • coefficients significatifs à p < 0.05 4.2 Les jeunes quittant prématurément l’école L'"Étude sur les élèves quittant prématurément nos écoles" publiée en octobre 2005 par le Ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle donne un aperçu sur les jeunes ayant quitté durant l’année scolaire 2003/2004, sans certification finale, le système scolaire luxembourgeois. Sur les 1 984 élèves recensés, une enquête, avec décembre 2004 comme mois de référence, a permis d’obtenir des indications sur 1 462 d’entre eux. Une première information a trait à leur situation durant le mois de référence. Plus d’un tiers (36.6%) ont repris des études, une faible majorité ayant opté pour l’étranger. Près d’un quart ont occupé un emploi et pas loin de 40% étaient soit dans un mesure d’insertion ou en situation de chômage, resp. d’inactivité. Tableau 109: Situation des jeunes ayant quitté prématurément le système scolaire luxembourgeois Situation actuelle Chiffres absolus En % du Total Scolarisation au Luxembourg 262 17.9% Scolarisation à l'étranger 273 18.7% Participation à la vie professionnelle 352 24.1% En mesure d'insertion (ADEM) 253 17.3% A la recherche d'un emploi ou inactif 322 22.0% Total 1462 100.0% Source: Ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle En ventilant les jeunes en question selon différentes caractéristiques (âge, sexe, etc.) en les rapportant à l’ensemble de la population scolaire correspondante, on peut établir des sortes de taux de sortie selon ces caractéristiques. Avec 4.3%, le taux des garçons est supérieur à celui des filles (3.1%). Que ce même taux augmente avec l’âge n’est pas surprenant, le découragement s’accroissant également avec l’âge. Ceci est d’ailleurs confirmé par la faible proportion des 19 ans encore scolarisés (un tiers), ce pourcentage s’élevant encore à 78% chez les 16 à 18 ans. La ventilation selon les principales nationalités montre que les nationaux (2.9%), les Allemands (2.5%) et les Belges (3.4%) sont relativement peu touchés. Avec des taux compris entre 5% et 6%, les Portugais, les ressortissants de l’ancienne Yougoslavie, les Italiens et les Français le sont nettement plus, le taux le plus élevé (13.6%) étant cependant enregistré dans la population cap-verdienne. A noter que parmi ces derniers, plus de la moitié bénéficient d’une mesure d’insertion ou ont un emploi, ce qui est supérieur à la moyenne générale qui est de quelque 42%.

Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 112 Tableau 110: Taux de sortie prématurée par sexe, âge et nationalité Sexe Filles Garçons 3.1% 4.3% Âge Moins de 16 ans 16 à 18 ans 19 ans et plus 2.4% 3.9% 8.4% Nationalité Nationaux Portugais Yougoslaves et Ex-Yougoslaves Italiens Français Belges Allemands Cap-Verdiens Autres 2.9% 5.9% 5.2% 5.5% 5.0% 3.4% 2.5% 13.6% 3.8% Source: Ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle Très instructive est également la répartition des taux de sortie selon le type d’enseignement. Les "déchets" seraient minimes dans l’enseignement secondaire (0.7%) et ils atteindraient un maximum dans la filière CCM-CITP (16.2%). De faibles niveaux seraient encore observés dans le Régime technique (2.1%) et dans celui du Technicien (4.3%). Seraient chômeurs sans bénéficier d’une mesure d’insertion ou tout simplement inactifs, environ 20% des jeunes issus du régime préparatoire de l’enseignement secondaire technique ou des filières du régime technique resp. du technicien. Ce pourcentage atteint 25% chez ceux ayant préparé un CATP. Tableau 111: Taux de sortie prématurée selon le type d’enseignement Enseignement secondaire 0.7% Enseignement secondaire technique cycle inférieur (sans 9PR) 1.4% 9ième Préparatoire 14.6% Enseignement secondaire technique Régime préparatoire 11.0% Enseignement secondaire technique Régime technique 2.1% Enseignement secondaire technique Technicien 4.3% Enseignement secondaire technique CATP 10.1% Enseignement secondaire technique CCM-CITP 16.2% Source: Ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle La question sur les raisons de l’arrêt des études ne comprenait que trois modalités explicites: échec scolaire, problèmes dans certaines branches et ambiance scolaire, la quatrième réponse possible ayant été ‘autre raison’. Cette dernière a cependant dû être précisée. Il est intéressant de noter que pour les jeunes poursuivant leurs études à l’étranger, les problèmes rencontrées dans certaines branches ou l’ambiance scolaire ont été invoqués beaucoup plus souvent que chez ceux se retrouvant dans une autre situation. Malheureusement nous ne disposons pas d’une ventilation par nationalité qui aurait pu confirmer que ce sont surtout les jeunes étrangers maîtrisant mal le Luxembourgeois et l’Allemand qui ont choisi de poursuivre leurs études à l’étranger.

Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 113 Tableau 112: Raison de la sortie prématurée du système scolaire Raison Poursuite des études à l'étranger Exercice d'une activité professionnelle Bénéfice d'une mesure d'insertion Chômeur ou inactif Echec scolaire 27.0% 31.3% 21.5% Problèmes avec certaines branches 23.6% 15.7% 12.1% Ambiance scolaire 12.7% 5.5% 6.8% Autre raison 54.4% 53.9% 70.9% Source: Ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle 4.3 Rendement de l’éducation Diverses analyses présentées dans ce rapport sont basées sur les fonctions de gains

  1. Les estimations ci- après ont trait au rendement des études effectuées. C’est le montant net mensuel de la rémunération tel qu’il est relevé dans les enquêtes sur les forces de travail qui constitue la variable à expliquer. Dans une première approche, cette rémunération serait fonction de l’expérience professionnelle accumulée, d’une part, et de la durée resp. du niveau des études, d’autre part. Ces deux variables explicatives sont construites de manière indirecte à partir d’informations contenues dans ces mêmes enquêtes. Ainsi, la durée des études est calculée en comparant l’année d’achèvement des études à l’année où la personne a atteint l’âge de 6 ans, début de la scolarité. Mais comme en raison de possibles redoublements, cette durée peut fournir une évaluation biaisée du niveau d’éducation, d’autres estimations intégreront directement ce dernier à côté de l’âge censé représenter l’ancienneté qui, on le sait, a un impact non négligeable sur les rémunérations. L’expérience professionnelle, quant à elle, est estimée en comparant l’année d’achèvement des études à l’année d’enquête. Afin d’éviter les éventuelles distorsions engendrées, chez les femmes, par les interruptions de carrière, l’analyse ne portera que sur les salariés masculins. En prenant le logarithme de la rémunération mensuelle nette, on obtient un modèle multiplicatif. Ce choix se justifie par des considérations tant économétriques que pratiques. Un tel modèle est plus explicatif et fournit de meilleurs ajustements. Dans la pratique, les écarts de rémunérations se mesurent plus en pourcentage qu’en chiffres absolus: en analysant, par exemple, les effets de la durée des études, on dira que x années d’études font progresser la rémunération de y%, plutôt que x années d’études ajoutent z EUR à la rémunération. L’introduction de termes quadratiques pour la durée des études, l’expérience professionnelle ou l’âge permet de tenir compte des rendements marginaux qui varient avec le volume des investissements éducatifs ou de l’expérience professionnelle accumulée. On suppose, et les ajustements le confirment, que ces rendements marginaux sont décroissants. Tableau 113: Coefficients estimés de la fonction de gains générale (salariés masculins) Variable Variable au carré Durée des études 0.136 ** -0.002 ** Expérience professionnelle 0.05 ** -0.001 ** R2 ajusté 0.468 Coefficients de régression Source : STATEC - EFT2005 ** coefficients significatifs à p < 0.001
  • coefficients significatifs à p < 0.05 Les coefficients estimés permettent de calculer le taux de rendement marginal pour un nombre d’années d’études donné en utilisant l’équation suivante: r =a + 2b*n Où r = taux de rendement marginal (trm) a = Coefficient de la variable ‘nombre d’années d’études’ b = Coefficient de la variable ‘nombre d’années d’études’ au carré n = nombre d’années d’études

1Une fonction de gains est une équation permettant d’expliquer le niveau d’une variable par un ensemble de facteurs. On régresse ici le logarithme du salaire sur l’expérience professionnelle et la durée ou le niveau d’études.