Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 105 Matrices des transitions de déprivation au Luxembourg pour différents seuils de pauvreté (40%, 50%, 60% et 70%) N = 2865 Seuil de pauvreté: 40% Déprivation en 2004 Non déprivé Déprivé Total Non déprivé 95% 2% 97% Déprivé 1% 2% 3% Déprivation en 2003 Total 96% 4% 100% Seuil de pauvreté: 50% Déprivation en 2004 Non déprivé Déprivé Total Non déprivé 88% 6% 94% Déprivé 2% 4% 6% Déprivation en 2003 Total 90% 10% 100% Seuil de pauvreté: 60% Déprivation en 2004 Non déprivé Déprivé Total Non déprivé 81% 6% 87% Déprivé 8% 5% 13% Déprivation en 2003 Total 89% 11% 100% Seuil de pauvreté: 70% Déprivation en 2004 Non déprivé Déprivé Total Non déprivé 76% 6% 82% Déprivé 5% 13% 18% Déprivation en 2003 Total 81% 19% 100% Champ: Echantillon cylindré 2003-2004 Source: STATEC, Enquête EU-SILC. Déprivation persistante: 2% Non déprivation persistante: 95% Entrées en déprivation: 2% Sorties de déprivation: 1% Taux de déprivation cylindré en 2004: 4% Taux de déprivation cylindré en 2003: 3% Déprivation persistante: 4% Non déprivation persistante: 88% Entrées en déprivation: 6% Sorties de déprivation: 2% Taux de déprivation cylindré en 2004: 11% Taux de déprivation cylindré en 2003: 6% Déprivation persistante: 5% Non déprivation persistante: 81% Entrées en déprivation: 9% Sorties de déprivation: 8% Taux de déprivation cylindré en 2004: 11% Taux de déprivation cylindré en 2003: 13% Déprivation persistante: 13% Non déprivation persistante: 76% Entrées en déprivation: 6% Sorties de déprivation: 5% Taux de déprivation cylindré en 2004: 19% Taux de déprivation cylindré en 2003: 18%
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 106 Graphique 46: Profils de déprivation au Luxembourg en 2004 par rapport à 2003 Source: STATEC, Enquête EU-SILC 2% 4% 13% 95% 1% 2% 88% 2% 7% 81% 9% 2% 8% 6% 5% 76% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100% Non déprivation persistante Entrées en déprivation Sorties de déprivation Déprivation persistante 40% 50% 60% 70% Le tableau 100 croise les situations de risque de pauvreté et de déprivation pour essayer de déceler s’il existe par exemple un pourcentage important de ménages en situation de pauvreté persistante mais qui ne seraient pas en situation de déprivation. Tableau 100: Croisement entre statuts longitudinaux de pauvreté et de déprivation au Luxembourg en 2004 (seuil égal à 60% du revenu disponible équivalent adulte médian) Total Non déprivation persistante à 60% du revenu médian équivalant Déprivation persistante à 60% du revenu médian équivalant Sortie de déprivation à 60% du revenu médian équivalant Entrée en déprivation à 60% du revenu médian équivalant Non pauvreté persistante à 60% du revenu médian équivalant 73.0% 1.5% 4.9% 4.7% 84.1% Pauvreté persistante à 60% du revenu médian équivalant 2.2% 2.1% 1.4% 0.5% 6.2% Sortie de pauvreté à 60% du revenu médian équivalant 3.2% 0.8% 0.7% 0.2% 5.0% Entrée en pauvreté à 60% du revenu médian équivalant 3.0% 0.6% 0.7% 0.4% 4.7% Total 81.4% 5.0% 7.7% 5.9% 100.0% Source: STATEC, Enquête EU-SILC; N=2 865. Les pourcentages en italiques ne sont pas significatifs Statut de déprivation longitudinal à 60% du revenu médian équivalent Statut de pauvreté longitudinal à 60% du revenu médian équivalent
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 107 Sur les 84% de ménages étant en situation de non pauvreté persistante, 73% ne sont également pas dans une situation de déprivation persistante. En revanche, 4.7% sont entrés en déprivation. Les résultats les plus significatifs semblent être reliés aux statuts durables de pauvreté et de déprivation. Il peut donc s’avérer intéressant d’examiner à présent l’existence d’un phénomène de mémoire inhérent aux statuts de pauvreté ou de déprivation. Autrement dit, existe-t-il une inertie pour les statuts de pauvreté et de déprivation entre les années 2003 et 2004? Cela revient à examiner si le fait d’être en situation de risque de pauvreté en 2004 peut s’expliquer par le fait d’avoir été ou non dans la même situation en 2003. On observe une corrélation importante et statistiquement très significative de l’exposition au risque de pauvreté entre les deux années 2003 et 2004. Elle s’élève à +50.6%. Il y a donc un lien statistique assez important entre le statut de pauvreté en 2003 et celui de 2004. Si l’on envisage alors une relation linéaire pour expliquer le statut de pauvreté de 2004 par rapport aux statut de pauvreté de 2003 ainsi que par rapport aux statuts de déprivation pour les deux années, on observe avec le tableau 101 qu’il existe un poids important du passé. Le tableau donne les coefficients standardisés des variables explicatives. Tableau 101: Régression linéaire du statut de pauvreté en 2004 au Luxembourg (seuil égal à 60% du revenu disponible équivalent adulte médian) Variables explicatives Variable expliquée Pauvreté en 2004 47.90% 7% 3.80% Source : STATEC, Enquête EU-SILC ; N = 2865 Coefficient de détermination 26.4% Pauvreté en 2003 Déprivation en 2003 Déprivation en 2004 Coefficient de corrélation 51.4% La variance des autres facteurs étant supposée constante le fait d’avoir été exposé au risque de pauvreté en 2003 explique pour près de 48% le fait d’y être toujours exposé en 2004. La déprivation joue également un effet plus important en 2003 et moins en 2004 mais dans des proportions moindres que celle de la pauvreté. La déprivation semble s’accuser la première année et ses effets diminuer par la suite. Ce que confirme le tableau 102 qui explique cette fois le statut de déprivation en 2004 par les facteurs ci- dessus. Tableau 102: Régression linéaire du statut de déprivation en 2004 au Luxembourg (seuil égal à 60% du revenu disponible équivalent adulte médian) Variables explicatives Variable expliquée Déprivation en 2004 7.40% 4% 43.10% Effets marginaux 1% 0.01% 43.40% Source : STATEC, Enquête EU-SILC ; N = 2865. Coefficient de détermination 22.1% Pauvreté en 2003 Pauvreté en 2004 Déprivation en 2003 Coefficient de corrélation 47% Le tableau 102 précise les effets marginaux exercés par chacune des variables sur le statut de déprivation de 2004. On remarque que les effets marginaux de la pauvreté sur la déprivation entre les deux années sont négligeables. Seul demeure important celui de la déprivation de 2003. 3.4.4 Transferts sociaux envers les ménages à fort risque de pauvreté attention particulière des analystes. Il s’agit de la question « Exclusion Sociale non répertoriée ailleurs » qui concerne l’étude des individus à fort risque de pauvreté. En effet, cette variable renseigne de transferts périodiques reçus par les ménages faisant parties de groupes particuliers comme les réfugiés, les immigrés, les indigents, les drogués-alcooliques ou les victimes de violences criminelles. Elle vise à alléger le fardeau financier de ces ménages en leur évitant certains risques (en particulier la pauvreté) ou en leur permettant la réalisation de certains besoins (comme l’accès aux soins par exemple). Ces transferts périodiques à destination de ces individus à faibles ressources financières qui appartiennent à ces groupes de population, sont donc basés sur le principe de la solidarité sociale nationale. Le tableau ci-dessous compare la situation des ménages de l’échantillon concernés par ces transferts sociaux en 2003 avec celle de ces mêmes ménages présents dans l’enquête en 2004.
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 108 Tableau 103: Transferts sociaux envers les ménages à fort risque de pauvreté - Matrice de transition au Luxembourg en 2004 N’en bénéficie pas En bénéficie Total N’en bénéficie pas 93,42% 1,56% 94,98% En bénéficie 1,87% 3,15% 5,02% Total 95,29% 4,71% 100% Source; STATEC, Enquête EU-SILC; N = 2 889 Exclusion sociale non répertoriée ailleurs : transferts reçus en 2004 Exclusion sociale non répertoriée ailleurs : transferts reçus en 2003 En 2003, 5% des ménages bénéficiaient de ces transferts. En 2004, 4,7% continue d’en bénéficier. Un peu plus de 50 ménages présents dans les deux vagues de l’enquête (sur un total de 2 889) ne reçoit plus en 2004 les transferts reçus en 2003. A l’inverse, 45 ménages présents dans les deux vagues de l’enquête reçoivent en 2004 des transferts non reçus en 2003. Il semble donc que ces transferts versés soient moins importants en volume en 2004 qu’en 2003. Par ailleurs, plus de 90 ménages continuent de percevoir ces transferts dont le montant brut s’élève en 2003 (resp. en 2004) à près de 1 465 000 EUR (resp. 1 443 000 EUR). On observe donc un taux de croissance des transferts versés orienté à la baisse (-1,5%) mais sur des transferts qui restent en niveaux assez proches. Il n’y a donc pas forcément de conclusions à tirer ici de ce tableau quand aux changements de situation des ménages entre les deux périodes. On peut juste retenir le poids des ménages pour lesquels la situation n’évolue pas (i.e. les non concernés 93,4% et les dépendants 3,1%).
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 109 4. Enseignement et entrée dans la vie active 4.1 Scolarisation: différences et inégalités Pour le degré de scolarisation, deux groupes d’âges seront considérés, les 15 à 19 ans et les 20 à 24 ans. L’analyse des facteurs socio-démographiques déterminant la poursuite ou non d’études supérieures portera sur les jeunes âgés entre 20 et 29 ans. Les quelques tableaux présentés ci-dessous apportent un premier éclairage sur les différences liées au statut socio-démographique. Taux des solarisation, âge, sexe, nationalité et pays de naissance. Premier constat: entre 15 et 19 ans, neuf jeunes sur dix fréquentent un établissement d’enseignement. D’où les taux d’emploi extrêmement bas observés dans ce groupe d’âges. Autre fait: les taux de scolarisation deviennent nettement plus faibles chez les 20 à 24 ans. Dans la population étrangère, ils sont même très largement divisés par deux. Concernant la différenciation par sexe, il apparaît que les écarts en faveur des femmes enregistrés chez les nationaux ne se retrouvent pas chez les étrangers qui, entre 20 et 24 ans, ont des taux nettement moins élevés que les premiers. Dans la population de nationalité luxembourgeoise, la moitié des 20 à 24 ans sont encore scolarisés. Tableau 104: Taux de scolarisation, âge, sexe, nationalité et pays de naissance Sexe et nationalité 15 à 19 ans 20 à 24 ans Nationaux Hommes 88.2 48.7 Etrangers Hommes 90.0 37.2 Nationaux Femmes 94.2 55.0 Etrangers Femmes 90.8 37.9 Source : STATEC, EFT 2005 Des ventilations supplémentaires des taux de scolarisation selon le pays de naissance et les principales nationalités présentes au Grand-Duché, montrent que les résidants italiens et surtout portugais occupent une place à part. Les plus nombreux à être classés comme travailleurs manuels, ils affichent également, entre 20 et 24 ans, des taux de scolarisation inférieurs à la moyenne. Ce sont eux qui tirent vers le bas le taux global des étrangers, car il faut bien constater que dans le groupe d’âges en question, le taux des nationaux est nettement inférieur à ceux des ressortissants d’un des trois pays limitrophes ou d’un autre pays de l’EU15. Il existe des différences manifestes entre les jeunes nés au Luxembourg et les autres. Si, de façon générale, ceux nés à l’étrangers affichent des taux moins élevés, c’est vraisemblablement parce qu’ils comptent dans leur sein, une part importante d’individus venus avec le seul but de travailler. Tableau 105: Taux de scolarisation par groupe d’âges et nationalité Né au Luxembourg Né à l'étranger Né au Luxembourg Né à l'étranger Nationaux 91.5 84.9 51.6 55.4 Belges 99.8 99.8 84.4 38.0 Français 89.3 96.9 64.8 23.6 Allemands 99.8 85.6 76.7 81.3 Italiens 93.6 99.8 40.3 76.9 Portugais 88.2 84.1 35.5 21.5 Autre EU15 88.3 97.1 94.9 81.4 Autre 99.8 83.2 2.3 24.9 Source : STATEC, EFT 2005 15 à 19 ans 20 à 24 ans Nationalité Taux de scolarisation et profession de la personne de référence dans le ménage Déjà chez les 15 à 19 ans, des différences peuvent être mises en lumière. Les taux de jeunes issus d’un ménage ayant un cadre supérieur ou quelqu’un exerçant une profession scientifique ou libérale comme personne de référence, sont supérieurs d’environ 10 points à ceux de leurs homologues vivant dans un ménage dont la personne de référence est travailleur manuel. Ces différences deviennent encore plus tranchées entre 20 et 24 ans. Il est frappant de constater que le classement selon les taux de scolarisation reflète exactement la hiérarchie sociale construite à partir de la profession exercée. Cette fois, l’écart entre les deux statuts socio-économiques extrêmes se monte à plus 40 points.