Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 86 Graphique 26: Seuil de risque de pauvreté (60% du revenu médian) pour un ménage comprenant deux adultes et deux enfants de moins de 14 ans (en SPA) au Luxembourg en 2004. Source: EUROSTAT NEWCRONOS 0 5 000 10 000 15 000 20 000 25 000 30 000 35 000 NEM-10 PT EL ES IT UE-25 FI IE UE-15 FR BE DE DK OS NO LU Le seuil de pauvreté de l’UE-25 est de 16 204 SPA (soit 16 490 EUR) et celui des nouveaux états membres NEM-10 de 6 344 SPA (soit 3 629 EUR) en 2004. Avec le graphique 27 on note que le classement des pays pour les seuils de pauvreté de ménages composés d’une seule personne, est inchangé. Sur les deux graphiques on remarque que le seuil de pauvreté au Luxembourg est le double de celui des 25 Etats de l’Union Européenne. Cela place évidemment le Luxembourg dans une situation particulière par rapport aux autres Etats membres dans la mesure où les personnes à risque de pauvreté résidant au Grand- Duché ne le seraient plus dans les autres pays. Les comparaisons entre pays doivent être faites avec prudence et souvent avec le recours d’autres indicateurs. Cette présentation des seuils fait partie des indicateurs de Laeken obligatoires (indicateur n°2 voir encadré). Par souci didactique, le tableau 91 donne en euros courants les valeurs des seuils de pauvreté au Luxembourg. Graphique 27: Seuil de risque de pauvreté (60% du revenu médian) pour un ménage composé d’un seul adulte (en SPA) au Luxembourg en 2004. Source: EUROSTAT NEWCRONOS 0 2 000 4 000 6 000 8 000 10 000 12 000 14 000 16 000 18 000 NEM-10 PT EL ES IT UE-25 FI IE UE-15 FR BE DE DK OS NO LU
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 87 L’objet de l’indicateur suivant est de mesurer les différences de taux de risque de pauvreté qui apparaissent lorsque l’on choisit différents seuils de pauvreté. d) Dispersion autour des seuils de risque de pauvreté Cet indicateur donne le pourcentage de personnes de 16 ans et plus réparties selon le genre dont le revenu équivalent disponible est inférieur au seuil de 40%, 50% et 70% du revenu national équivalent médian. Le choix de ce seuil est purement conventionnel. Graphique 28: Dispersion autour du seuil de risque de pauvreté au Luxembourg en 2004 Source: STATEC, Eurostat NEWCRONOS 40% 50% 70% Hommes Femmes Ensemble 3 6 20 3 5 20 4 6 20 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 Hommes Femmes Ensemble Au Luxembourg, le pourcentage d’hommes à risque de pauvreté sur le total de la population masculine ayant un revenu équivalent inférieur à 40% du revenu médian national s’élève en 2004 à 4%. Ce chiffre est en tendance plus important que celui observé en 2003 (2.2%)
- Autrement dit, en considérant un seuil de pauvreté de 40% du revenu médian national, ce qui revient à prendre un taux de pauvreté volontairement bas, on constate en 2004 un nombre plus élevé d’hommes à risque de pauvreté qu’en 2003. A l’opposé, en considérant un seuil de pauvreté de 70% du revenu médian national, ce qui revient à prendre un seuil de pauvreté volontairement élevé, on constate également en 2004 un nombre légèrement plus élevé d’hommes exposés au risque de pauvreté qu’en 2003. La situation des femmes s’est en tendance très légèrement améliorée entre les deux années pour ce qui est du seuil national de pauvreté 50% (6% en 2003 et 5% en 2004). En résumé la variation des seuils de pauvreté exprimés en pourcentage du revenu médian national, révèle des résultats en tendance plus mauvais pour les hommes que pour les femmes entre 2003 et 2004. On dénombre donc plus d’hommes exposés au risque de pauvreté que de femmes sur ces trois niveaux de seuils entre les années 2003 et 2004. Pour 2005, les chiffres montrent que le taux de risque de pauvreté calculé au seuil de 40% du niveau de vie médian s’élève à 2.6%, à 6.9% au seuil de 50% et 19.6% au seuil de 70%. e) Les taux de risque de pauvreté selon la typologie des ménages On opère ici une classification des ménages selon leurs compositions familiales afin d’identifier les facteurs susceptibles de montrer une pauvreté plus élevée. Cet indicateur donne le pourcentage de personnes appartenant à chaque catégorie de composition familiale (rapporté à la population totale de chaque catégorie) qui ont un revenu disponible équivalent inférieur au seuil de pauvreté.
1 STATEC, Rapport Travail et Cohésion Sociale, Cahiers Economiques n° 99, graphique 6, page 49.
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 10188 Graphique 29: Taux de risque de pauvreté selon le type de ménage au Luxembourg en 2004 (seuil égal à 60% du revenu disponible équivalent adulte médian) Source: STAT EC, Enquêt e EU-SI LC 051 015 20 25 En pourcentag e 1 Types de ménages Ensemble des ménages sans enfant à charge 7,8 Ensemble des ménages avec enfant(s) à charge 13,9 Autres types de ménages avec enfant(s) à charge 11,6 2 adultes avec 3 enfants ou plus à charge 17,5 2 adultes avec 2en fants à charge 16,7 2 adultes avec 1 enfant à charge 6,4 Paren t isolé avec 1 ou plusieurs enfants à charge 20,8 Autres types de ménage sans enfant à charge 4,9 2 adultes dont au moins 1 est âgé de 65 ans et plus sans enfant à charge 5,3 2 adultes de moins de 65 ans sans enfant à charge 7,2 Isolé total 12,5 Isolé Homme 12,5 Isolé Femme 12,6 Isolé de 65 ans et plus 8,3 Isolé de moins de 65 ans 14,8 G28 La classification des ménages selon leur typologie (graphique 29) montre que le taux de pauvreté le plus élevé (20.8%) concerne les parents isolés avec un ou plusieurs enfants à charge, autrement dit les familles monoparentales. Ce constat d’ordre empirique, est jugé représentatif de l’état des économies non seulement luxembourgeoise mais aussi européennes et cela depuis plusieurs années. Viennent ensuite l’ensemble des ménages avec enfants à charges (13.9%) et les personnes isolées (12.5%). Le taux de risque de pauvreté selon le type de ménage au Luxembourg en 2004, présente des tendances similaires à celles de 2003 et 2001 avec la présence des mêmes faits stylisés notamment des taux de pauvreté élevés pour les familles monoparentales, l’importance du nombre d’enfants à charge et de l’isolement 1 . f) La gravité de la pauvreté Bien évidemment toute situation de pauvreté est grave dans une économie visant le bien être de tous. La gravité de la pauvreté doit ici s’entendre au sens statistique du terme. On parle aussi de façon équivalente de profondeur de pauvreté. On ne considère alors que la partie de la population située sous le seuil de pauvreté dont on observe la position en terme de revenu par rapport au seuil de pauvreté. On peut ainsi répondre à la question de savoir s’ils sont proches ou éloignés en terme de revenu équivalent du seuil de pauvreté? On effectue la différence entre le seuil de pauvreté et le revenu disponible équivalent médian des personnes situées sous le seuil de pauvreté. Le tout est exprimé en pourcentage de ce seuil. Bien évidemment, cette profondeur de pauvreté devrait être la plus petite possible. Cela voudrait alors dire que 50% des pauvres qui ont toutefois un revenu équivalent supérieur au revenu équivalent médian de tous les pauvres, sont assez proches du seuil de pauvreté. Ils sont donc susceptibles par des variations de revenus ou l’obtention de revenus de transferts de basculer de l’autre côté du seuil de pauvreté et se trouver alors prémuni du risque de pauvreté.
1 STATEC, Rapport Travail et Cohésion Sociale, Cahiers Economiques n° 99, graphiques 8 et 9, page 51-52. Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 89 Graphique 30: Ecart médian relatif du taux de risque de pauvreté au Luxembourg en 2004 (seuil égal à 60% du revenu disponible équivalent adulte médian) Source: STATEC, Enquête EU-SILC Total 16+ 16-64 65+ Homme Femme Ensemble 16.8 17.3 19 14.1 16.4 19 20.4 13.6 17,3 17.3 17.3 14.1 0 5 10 15 20 25 En pourcentage Tranches d'âges Genre Homme Femme Ensemble L’interprétation pratique de cet indicateur est la suivante: si la profondeur de pauvreté est petite, les outils économiques et sociaux de redistribution sont susceptibles de « faire passer » un grand nombre des 50% de personnes exposées au risque de pauvreté de l’autre côté de la barrière de risque de pauvreté. A l’inverse, si la profondeur de pauvreté est grande, le revenu équivalent médian des personnes à risque de pauvreté est trop éloigné du seuil de pauvreté. En 2004, la profondeur de pauvreté s’élève à 16.8% du seuil de pauvreté. Il y a donc 50% des personnes pauvres ayant un revenu équivalent supérieur au revenu équivalent médian de toute la population pauvre, qui se situent au plus à une distance de 16.8% du seuil de pauvreté. Cette distance est sensiblement la même qu’en 2003 (après 17% en 2001, 19.4% en 2003 [première version] et 16.6% en 2003 [seconde version]) 1. g) La pauvreté et le patrimoine Le patrimoine fait partie de la richesse des ménages qui contient notamment le patrimoine immobilier. L’enquête EU-SILC dispose d’une question qui ne permet toutefois d’approcher que d’une manière indirecte l’effet du patrimoine sur la pauvreté. Il s’agit du statut d’occupation du logement [La première personne responsable du logement est-elle propriétaire (par construction, acquisition ou héritage), locataire (au prix du marché ou non), ou occupant logé à titre gratuit?]. L’idée est alors de rapprocher les réponses données à cette question au niveau de vie des ménages en situant ce dernier par rapport au seuil de pauvreté. L’indicateur utilisé devient le « taux de pauvreté selon le statut d’occupation du logement ». Il exprime le pourcentage de personnes dans chaque statut d’occupation du logement (sur la population totale de la même catégorie) dont le revenu disponible équivalent est inférieur au seuil de pauvreté (graphique 31).
1 STATEC, Rapport Travail et Cohésion Sociale, Cahiers Economiques n° 99, graphiques 10 et 11, page 53.
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 90 Graphique 31: Taux de risque de pauvreté selon le statut d'occupation du logement au Luxembourg en 2005 (seuil égal à 60% du revenu disponible équivalent adulte médian) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 13 9.4 25 0 5 10 15 20 25 30 Total Propriétaires Locataires Il ressort du graphique 31 que le taux de risque de pauvreté des ménages propriétaires de leur logement montre en 2005 un tendance à la hausse par rapport à 2004 (9.4% contre 7.8% et 8.1% en 2003). A l’opposé, pour les locataires, la situation est en tendance toujours moins bonne en 2005 (25%) que celle de 2004 (22.8%) et de 2003 (18.3%) 1. En 2004 (resp. 2003), ces taux de pauvreté sont au niveau de l’UE-25 de 16% au total (resp.14%), de 24% au titre de locataire (resp.23%) et de 13% au titre de propriétaire (resp.11%). Au niveau de l’Europe des 25, le titre d’occupation du logement montre également une protection relative du statut de propriétaire contre le risque de pauvreté. On observe toutefois à ce niveau d’analyse une tendance à la hausse du risque de pauvreté pour les deux modes d’occupation du logement entre les années 2003 et 2004. Par conséquent, le risque de pauvreté monétaire des résidents luxembourgeois semble manifester pour la catégorie des personnes propriétaires de leurs logements, une tendance contra-cyclique à l’évolution européenne. h) La pauvreté et l’activité la plus fréquente Avoir un emploi en 2004 constitue toujours un rempart efficace contre le risque de pauvreté 8.3% (contre un taux de pauvreté des personnes sans travail de 11.5%). Un rempart qui s’affaisse? En effet, observé par rapport à 2003 (6.7%), ce chiffre s’oriente en tendance dans une mauvaise direction ! Avec les premiers chiffres de 2005 on observe une tendance à la hausse de son niveau puisqu’il s’établit à 9.4%. Par ailleurs, de toutes les catégories de « sans emploi », ce sont les chômeurs qui conservent le taux de risque de pauvreté le plus élevé (graphique 32). Les catégories « Autre inactif » (étudiants, handicapés…) et « Retraité » enregistrent des évolutions socialement espérées du taux de risque de pauvreté. En tendance les chiffres de 2004 pour ces deux catégories se révèlent donc « meilleurs » que ceux de 2003 où les taux de pauvreté s’élevaient respectivement à 15.8% et 7.9% 2. Graphique 32: Taux de risque de pauvreté selon l'activité la plus fréquente et le genre au Luxembourg en 2004 (seuil égal à 60% du revenu disponible équivalent adulte médian) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 5 9.8 10.9 42.1 5.5 12 48.1 8.3 16.4 12.4 9.7 8.2 10.8 9.8 45.6 5.1 8.3 11.5 0 10 20 30 40 50 60 Ensemble A un emploi N’a pas d’emploi: Total N’a pas d’emploi: Chômeur N’a pas d’emploi: Retraité N’a pas d’emploi: Autre inactif Types d'activité En pourcentage Homme Femme Ensemble Prévisions 2005 (cat. Total) A un emploi : 9.4 N’a pas d’emploi : 13.1 Chômeur : 46.5 Autres inactifs : 14
1 STATEC, Rapport Travail et Cohésion Sociale, Cahiers Economiques n° 99, graphiques 12 et 13, page 54-55. 2 STATEC, Rapport Travail et Cohésion Sociale, Cahiers Economiques n° 99, graphique 18, page 58.