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Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 82 Définitions (source: Eurostat, Statistiques en bref 16- 2004 , Pauvreté et exclusion sociale dans l’UE) • Revenu total disponible et Revenu disponible équivalent Le revenu total disponible du ménage correspond au total des revenus monétaires nets perçus par le ménage et ses membres – y compris l'ensemble des revenus du travail (salaires, traitements et revenus d'activités indépendantes), les revenus privés (revenus du capital et de la propriété) et l'ensemble des transferts sociaux en numéraire perçus, y compris les pensions de vieillesse nettes d'impôts et les allocations sociales versées. Afin de traduire les différences de taille et de composition des ménages, les chiffres des revenus sont des montants par «équivalent adulte». En d'autres termes, l'ensemble des revenus du ménage est divisé par sa taille équivalente calculée au moyen de l'échelle d'équivalence «OCDE modifiée». Cette échelle donne un poids de 1.0 au premier adulte, de 0.5 aux autres membres du ménage âgés de 14 ans ou plus et de 0.3 à chaque enfant de moins de 14 ans. Le chiffre ainsi obtenu est attribué à chaque membre du ménage, adulte ou enfant. La taille équivalente d'un ménage comprenant deux adultes et deux enfants de moins de 14 ans est donc: 1.0+0.5 + (2*0.3) = 2.1. On parle également de niveau de vie pour désigner le revenu disponible équivalent. • Taux de risque de pauvreté après transferts Part des ménages dont le revenu disponible équivalent est inférieur à 60% du revenu équivalent médian national. Ce seuil national est obtenu par sommation et pondération de l’ensemble des revenus disponibles contenus dans la base. Il s’agit donc plus exactement d’une estimation d’un indicateur national dont la méthodologie se différencie de celle d’autres indicateurs collectés notamment par la comptabilité nationale. • Ratio interquintiles de revenus S80/S20 Rapport entre le revenu (disponible équivalent, mais d’autres types de revenus sont également possibles) des 20% de la population ayant le revenu le plus élevé (quintile supérieur) et le revenu des 20% ayant le revenu le plus faible (quintile inférieur). • Taux de risque persistant de pauvreté (60% de la médiane) Part des ménages ayant un revenu équivalent inférieur au seuil de risque de pauvreté (60%) pendant l'année en cours et pendant au moins deux des trois années précédentes. • Écart médian relatif de risque de pauvreté Différence entre le revenu équivalent médian des personnes se situant au-dessous du seuil de risque de pauvreté et le seuil de risque de pauvreté, exprimée en pourcentage du seuil de risque de pauvreté. • Dispersion autour du seuil de risque de pauvreté Part des ménages dont le revenu équivalent est inférieur à 40%, 50% et 70% du revenu national médian. • Taux de risque de pauvreté fixé à un moment dans le temps Pour une année t (dans la présente publication: 2001), le «taux de risque de pauvreté fixé à un moment dans le temps» correspond à la part de la population dont le revenu au cours de l’année t se situe au-dessous d'un seuil de risque de pauvreté calculé selon la méthode standard pour t-3 (ici: 1998) et ensuite augmenté de l'inflation enregistrée sur les trois années. • Taux de risque de pauvreté avant transferts Ce taux est représenté de la manière suivante:

  1. Revenu primaire, soit le revenu à l'exclusion de tous les transferts sociaux,
  2. Revenu primaire plus pensions de vieillesse et de survie,
  3. Revenu total, y compris tous les transferts sociaux. • Coefficient de Gini Rapport entre la proportion cumulée de la population de référence (ménages) ordonnée selon le niveau de revenu et la proportion cumulée du revenu total lui revenant. Il s’agit du coefficient d’inégalité le plus répandu variant de 0 (répartition égalitaire) à 1 (répartition inégalitaire) (voir l’application sur le coefficient de Gini pour plus de détails). • Taux de risque persistant de pauvreté (50% de la médiane)

Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 83 Part des personnes ayant un revenu équivalent inférieur au seuil de risque de pauvreté (50%) pendant l'année en cours et pendant au moins deux des trois années précédentes. 3.1.2.3. Les indicateurs de Laeken au Luxembourg en 2004 Ces définitions peuvent donc aider à la compréhension de la description pour 2004 de l’état de risque de pauvreté qui va être mis en évidence par la numération des indicateurs de Laeken suivants: a) Le taux de risque de pauvreté s’élève en 2004 à 12.4% et à 13% en 2005. Le pourcentage de ménages dont le revenu disponible équivalent 1 est inférieur au seuil de pauvreté 2 est de 13% au Grand-Duché de Luxembourg en 2005. Il était de 12.4% en 2004 et 11.5% en 2003. On ne peut encore conclure à l’augmentation de ce taux en 2005 par rapport à 2004 et 2003 mais force est de constater qu’il n’a pas diminué entre ces deux années 3. b) Le taux de risque de pauvreté par genre et classes d’âges. Le taux agrégé de risque de pauvreté n’a donc pas varié de 2003 à 2004, mais on peut toutefois déceler une possible tendance à la hausse de ce taux en 2004 lorsque l’on observe ce taux par genre. En effet, pour le genre masculin, le taux de risque de pauvreté en 2004 s’élève à 11.4% alors qu’il se situait à 10.5% 4 en 2003. Encore une fois, il s’agit d’une tendance et ce ne sera qu’avec la collecte des prochaines années d’enquête que l’on pourra ou non confirmer son orientation. Graphique 22: Taux de risque de pauvreté après transferts sociaux par genre et classes d’âges au Luxembourg en 2004 (seuil égal à 60% du revenu disponible équivalent adulte médian) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 9.8 6.2 9.8 12.3 7.6 11.5 10.5 17.7 13.5 11.4 12.2 5.5 10.7 9.9 12.2 17.4 11.3 6.4 11.4 9.8 10.6 11.9 6.9 6 17.6 12.2 11.7 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 Ensemble 0 - 15 0-64 16+ 16-64 16-24 25-49 50-64 65+ Tranches d'âges En pourcentage Homme Femme Ensemble


1 C’est-à-dire le revenu tenant compte des revenus de transferts et de la taille du ménage (voir encadré dans 3.2.2. pour plus de détails). 2 C’est-à-dire le revenu correspondant à 60% du revenu médian national équivalent disponible. Un revenu médian est un revenu qui sépare les individus classés par ordre croissant de leurs revenus en deux parties de tailles égales. On peut alors dire que 50% des individus reçoivent moins que ce revenu médian et 50% plus. 3 Tout comme dans le cas des coefficients de Gini, les taux de pauvreté sont accompagnés d’intervalles de confiance (IC). Quelle que soit la méthode choisie pour le calcul des IC ces chiffres sont ici considérés comme statistiquement égaux. 4Chiffre portant sur l’année 2003 donné dans le rapport Travail et Cohésion Sociale, cahiers économiques n°99, graphique 15 page 56.

Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 84 Le premier résultat qui ressort du graphique 22 est en examinant la catégorie « ensemble », l’existence d’un taux de risque de pauvreté quasi-identique entre hommes et femmes tous âges confondus. Il n’y a donc pas a priori de prédisposition du genre au risque de pauvreté. Le second résultat qui ressort du graphique 22 porte sur la situation des jeunes de 16 à 24 ans. C’est à l’intérieur de cette classe d’âges que l’on trouve les différences les plus importantes entre hommes et femmes. En 2004, 13.5% des hommes de la classe d’âges des 16-24 ans sont exposés au risque de pauvreté (9.8% chez les femmes). Ce résultat semble toutefois meilleur d’un point de vue tendanciel que celui de l’année 2003 où ce taux atteignait les 14.2% (resp. 11.4% pour les femmes et 12.8% au total). Le troisième résultat qui ressort du graphique 22 concerne la catégorie des plus de 65 ans. Cette catégorie affiche le taux de risque de pauvreté le plus bas, ce qui contribue en 2004 à faire baisser le taux moyen de risque de pauvreté. 6% des 65 ans et plus sont exposés au risque de pauvreté. Ces taux de risque de pauvreté sont construits sur un revenu équivalent dont la définition inclue les transferts sociaux. On peut maintenant procéder à un calcul similaire pour évaluer l’effet d’une mise à l’écart des transferts sociaux sur le taux de risque de pauvreté. On constate dans le graphique 23 que l’absence de transferts sociaux augmente le taux de risque de pauvreté. Le taux de pauvreté de la catégorie « ensemble » est alors multiplié par 2. Par rapport à la situation d’absence totale de transferts, on peut avancer que « la fonction première des pensions de vieillesse (et de survie) n'est pas de redistribuer les revenus entre les individus mais plutôt de les répartir tout au long de leur cycle de vie. Par conséquent, si les pensions sont considérées non pas comme des transferts sociaux mais comme un revenu primaire, le taux de risque de pauvreté, lorsque l'on exclut tous les autres transferts sociaux » (A. Guio, Statistiques en bref, 10/2005). Toutefois, la prise en compte des pensions réduit l’ampleur de cet accroissement du risque de pauvreté. Si l’on met à présent de côté les pensions ainsi que les autres transferts sociaux, le taux de risque de pauvreté est encore accru (graphique 24). Graphique 23: Taux de risque de pauvreté avant transferts sociaux (pensions incluses) par genre au Luxembourg en 2004 (seuil égal à 60% du revenu disponible équivalent adulte médian) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 19 20.8 8.9 19.8 19.4 33.8 22 34.1 21.8 11 22.5 22.3 21.3 10.1 34 0 5 10 15 20 25 30 35 40 Total 0 - 15 16+ 16-64 65+ Tranches d'âges En pourcentage Homme Femme Ensemble

Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 85 Graphique 24: Taux de risque de pauvreté avant transferts sociaux par genre au Luxembourg en 2004 (seuil égal à 60% du revenu disponible équivalent adulte médian) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 40.5 41.2 38.7 27.1 36.1 36 87.8 35.6 84.1 31.6 37.2 36.4 85.7 29.3 38.3 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Total 0 - 15 16+ 16-64 65+ Tranches d'âges En pourcentage Homme Femme Ensemble Le taux de pauvreté de la catégorie « ensemble » est maintenant multiplié par 3 par rapport au niveau observé avec les transferts sociaux. L’absence d’une pauvreté totale (100%) pour les 65 ans et plus hors tous transferts pourrait s’expliquer par l’existence d’une épargne financière ou non financière. Le rôle des transferts sociaux reste crucial entre 2003 et 2005 mais le niveau du taux de risque de pauvreté en 2005 marque une tendance à la hausse par rapport à 2003. Graphique 25: Taux de risque de pauvreté au Luxembourg en 2001, 2003, 2004 et 2005 avant tout transfert social (haut), après versement des pensions (milieu) et après l’ensemble des transferts sociaux (bas) (en%) Source: STATEC, Enquête EU-SILC 38.6 38.1 23 23.3 22.4 23.3 12 11.5 12.4 13 40 40.1 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 Les pensions versées en 2004 semblent toutefois vouloir jouer un rôle un peu plus important sur la réduction du taux de risque de pauvreté que l’année précédente. Mais encore une fois il s’agit plutôt d’observer la bonne direction prise par cet indicateur en 2004, mais dont la valeur reste cependant statistiquement égale à celle de 2003. On remarquera pour conclure ce point que le fait saillant mis en lumière dans la version précédente du rapport perdure en 2004. En effet, le rôle des transferts sociaux contribue toujours à diviser par trois le taux de risque de pauvreté. c) Les seuils de risque de pauvreté En 2005 le seuil de risque de pauvreté – pour un ménage composé de 2 adultes et 2 enfants de moins de 14 ans – de 35 880 euros (2 990 EUR/mois). En 2004 le graphique 26 fait ressortir pour le Luxembourg un seuil de risque de pauvreté – pour un ménage composé de 2 adultes et 2 enfants de moins de 14 ans – de 32 596 standards de pouvoir d’achat (SPA), soit 34 075 euros (2 840 EUR/mois) [il était de 30 190 SPA en 2003, soit 29 113 euros (2 426 EUR/mois)].