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140 Immigrés et descendants d’immigrés en France – Insee Références – Édition 2023 5.3 Localisation des immigrés et des descendants d’immigrés Les immigrés résident fréquemment dans les grandes agglomérations urbaines, en particulier en Île‑de‑France : en moyenne en 2020 et 2021, 20 % de la population parisienne est immigrée, et 32 % de la population de Seine‑Saint‑Denis (contre 10 % de la population en France hors Mayotte)    figure 1. 37 % des immigrés habitent ainsi en Île‑de‑France, qui rassemble 18 % de l’ensemble de la population. Dans le Rhône (agglomération lyonnaise) et dans les Bouches‑du‑Rhône (agglomération marseillaise), respectivement 13 % et 11 % de la population est immigrée. Depuis les années 1990, la part de la population immigrée augmente dans certains territoires ruraux, avec l’arrivée de retraités du nord de l’Europe, d’actifs européens venus travailler dans l’agriculture et le bâtiment, et plus récemment, de personnes du Moyen‑Orient, d’Asie et d’Afrique. Dans les départements frontaliers, la part des immigrés est supérieure au niveau national : notamment dans le Bas‑Rhin et le Haut‑Rhin à la frontière allemande, dans l’Ain et la Haute‑Savoie à la frontière suisse, dans les Pyrénées‑Orientales et en Haute‑Garonne à la frontière espagnole, dans les Alpes‑Maritimes à la frontière italienne et en Guyane, située entre le Brésil et le Surinam. À l’inverse, dans les départements du nord‑ouest et du centre de la France, la part d’immigrés est plus faible. De manière générale, la population immigrée est plus concentrée que l’ensemble de la population : la moitié de la population immigrée réside dans 13 départements, contre 23 pour la moitié de la population dans son ensemble. À l’image des immigrés, la population des descendants d’immigrés est également plus concentrée que la population dans son ensemble : en moyenne sur 2020 et 2021, 12 départements regroupent la moitié des descendants d’immigrés. Comme les immigrés, ils résident plus fréquemment dans les grandes agglomérations et aux frontières, mais ils sont également plus représentés dans certains départements où les immigrés ne sont pas plus présents qu’en moyenne. Les descendants d’immigrés représentent 11 % de la population en France, mais 21 % en Moselle et 14 % dans l’Aude et la Drôme    figure 2. Ils restent relativement peu nombreux dans l’ouest du pays. La répartition territoriale de la population immigrée et descendante d’immigrés diffère selon l’origine migratoire : alors que les immigrés et descendants d’immigrés d’origine portugaise et africaine vivent principalement en Île‑de‑France, les immigrés italiens et leurs descendants habitent fréquemment à proximité de la frontière italienne (région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur), de même que les immigrés espagnols et leurs descendants à la frontière espagnole (région Occitanie). Les immigrés et descendants d’immigrés d’origine maghrébine sont davantage présents dans le sillon rhodanien et en région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur.  Définitions Immigrés, descendants d’immigrés : voir Glossaire.  Pour en savoir plus • « L’immigration dans les campagnes françaises : des effectifs limités mais des origines qui ne cessent de se diversifier », Population et Sociétés n° 591, juillet‑août 2021. • « Répartition départementale des immigrés en 2016 », Infos Migrations n° 100, octobre 2020. • « La localisation géographique des immigrés », Insee Première n° 1591, avril 2016.

141 Insee Références – Édition 2023 – Fiche 5.3 – Localisation des immigrés et des descendants d’immigrés  1. Part des immigrés dans la population par département en 2020-2021 © IGN-Insee 2023 en % 6 8 10 4 Lecture : en 2020-2021, 11,0 % de la population de l’Ain est immigrée. Champ : France hors Mayotte. Source : Insee, estimations de population 2020-2021.  2. Part des descendants d’immigrés dans la population par département en 2020-2021 © IGN-Insee 2023 non significatif en % 6 8 10 4 Non significatif : les résultats ne sont pas diffusés pour les départements dont la taille de l’échantillon n’est pas suffisante pour une exploitation. Lecture : en 2020-2021, 14,1 % de la population de l’Ain est descendante d’immigrés. Champ : France hors Mayotte, personnes vivant en logement ordinaire. Source : Insee, enquêtes Emploi 2020-2021.

142 Immigrés et descendants d’immigrés en France – Insee Références – Édition 2023 5.4 Trajectoires et mobilités résidentielles En 2019‑2020, 74 % des immigrés et des personnes natives d’Outre‑mer, âgés de 18 à 59 ans et vivant en France métropolitaine, y sont arrivés à l’âge de 15 ans ou après. Parmi eux, 6 % ont vécu dans une structure collective (centres d’accueil de demandeurs d’asile, centres d’hébergement, foyers de travailleurs, etc.) dans les six mois suivant leur arrivée en France    figure 1. Les immigrés d’Asie du Sud‑Est sont nettement plus nombreux dans ce cas (22 %) : beaucoup d’immigrés originaires du Vietnam, du Cambodge et du Laos sont arrivés en France avec un statut de réfugié dans les années 1970 à 1990 et étaient accueillis dans des foyers de transit. Les immigrés d’Afrique subsaharienne sont deux fois plus nombreux (12 %) que l’ensemble des
immigrés à avoir logé dans ce type de structure. Près de deux personnes nées en Outre‑mer sur cinq et plus d’un immigré sur trois ont été logés chez un proche ou par un proche dans les six mois suivant leur arrivée en France. Cette proportion s’élève à 47 % pour les immigrés d’Algérie et à 49 % pour ceux d’Afrique guinéenne ou centrale. Les immigrés du Maroc ou de Tunisie, ou de l’Union européenne à 27 hors Europe du Sud ont plus souvent accédé à un logement individuel dans les premiers mois suivant leur migration (dans respectivement 56 % et 59 % des cas). Seuls 5 % des immigrés et 1 % des personnes natives d’Outre‑mer vivent aujourd’hui dans le même logement qu’à leur arrivée en France. Les immigrés sont légèrement plus mobiles que les personnes sans ascendance migratoire ou ultramarine : 54 % des immigrés vivant en France depuis au moins cinq ans ont déménagé au cours des cinq dernières années, contre 52 %    figure 2. La mobilité résidentielle varie selon l’origine : alors que seuls quatre immigrés sur dix venant d’Asie du Sud‑Est ont déménagé dans les cinq dernières années, ils sont plus de six sur dix parmi les immigrés de Chine ou d’Afrique subsaharienne. Les descendants d’immigrés d’Asie du Sud‑Est et d’Afrique guinéenne ou centrale sont les plus nombreux à avoir déménagé récemment, 7 sur 10, avec ceux de Turquie ou du Moyen‑Orient et ceux d’Afrique sahélienne. Ils sont en moyenne plus jeunes que ceux du Maghreb ou d’Europe, et la probabilité d’avoir déménagé récemment est d’autant plus élevée que l’on est jeune : 94 % des personnes de 18 à 30 ans ont déménagé dans les cinq dernières années, contre 25 % des personnes de 51 à 59 ans. Les personnes nées en Outre‑mer et venues en France métropolitaine il y a au moins cinq ans sont particulièrement mobiles : 62 % d’entre elles ont récemment déménagé. C’est aussi le cas de leurs descendants (60 %). La majorité des déménagements (62 %) ont lieu dans un périmètre restreint au sein du même département. Les descendants d’immigrés s’éloignent un peu plus souvent de leur ancien domicile lorsqu’ils déménagent : 42 % d’entre eux le font en dehors de leur ancien département, contre 38 % de l’ensemble de la population. C’est aussi le cas des personnes nées en Outre‑mer (40 %) et de leurs descendants (42 %). Les motivations pour déménager varient selon l’origine migratoire. La raison la plus citée, quel que soit le statut migratoire, est le souhait d’avoir un meilleur logement ou de déménager dans un meilleur quartier : c’est le cas pour 46 % de la population. Les immigrés nés en Afrique ou en Asie citent plus souvent ce motif que ceux venus d’Europe, car ils habitent plus souvent dans des logements suroccupés    fiche 5.5. Les descendants originaires d’Afrique sahélienne le citent aussi plus fréquemment. Alors que 32 % des personnes sans ascendance migratoire ou ultramarine déménagent pour accéder à la propriété, cette motivation ne concerne que 21 % des immigrés et 25 % des descendants d’immigrés. Les descendants de personnes nées en Outre‑mer sont également moins nombreux dans ce cas (23 %).  Définitions Immigrés, descendants d’immigrés, logements suroccupés : voir Glossaire.  Pour en savoir plus « La mobilité résidentielle des immigrés et de leurs descendants en France : une approche sur données individuelles », Région et Développement n° 51, 2020. 143 Insee Références – Édition 2023 – Fiche 5.4 – Trajectoires et mobilités résidentielles  1. Logements occupés au cours des six premiers mois en France en % Structure collective1 Logé par des proches ou chez des proches Logement individuel (y compris avec le conjoint) Même logement qu’aujourd’hui Natifs d’Outre-mer 6 39 38 1 Immigrés, dont : 6 36 45 5 Algérie 3 47 41 2 Maroc, Tunisie 3 34 56 4 Afrique sahélienne 15 41 29 4 Afrique guinéenne ou centrale 10 49 31 4 Asie du Sud-Est 22 32 33 3 Turquie, Moyen-Orient 9 35 48 5 Chine 3 35 44 3 Europe du Sud 3 34 51 6 Autres pays de l’UE27 3 21 59 7 Ensemble des immigrés et natifs d’Outre-mer 6 36 45 5 1 Centre d’accueil de demandeurs d’asile, centre d’hébergement, foyer de travailleurs, foyer Adoma (ex-Sonacotra). Lecture : 6 % des immigrés ont vécu dans une structure collective dans les six mois suivant leur arrivée en France. Champ : France métropolitaine, immigrés et natifs d’Outre-mer âgés de 18 à 59 ans vivant en logement ordinaire, arrivés en France métropolitaine à 15 ans ou plus et dont le logement actuel n’est pas le premier logement personnel. Sources : Ined-Insee, enquête Trajectoires et Origines 2 (2019-2020).  2. Mobilité résidentielle récente en % A déménagé au cours des cinq dernières années A déménagé au cours des cinq dernières années dans un autre département Raisons du dernier déménagement1 (quelle que soit son ancienneté) Pour un logement de meilleure qualité ou dans un meilleur quartier2 Raisons familiales3 Raisons professionnelles4 Pour devenir propriétaire Autres raisons5 Immigrés, dont : 54 20 54 18 10 21 21 Algérie 51 17 61 17 8 16 21 Maroc, Tunisie 52 18 59 16 8 21 17 Afrique sahélienne 61 29 59 21 11 11 21 Afrique guinéenne ou centrale 60 26 58 23 10 10 27 Asie du Sud-Est 42 21 47 20 12 29 17 Turquie, Moyen-Orient 47 18 61 10 9 25 23 Chine 67 32 48 12 18 31 17 Europe du Sud 47 15 47 19 10 26 22 Autres pays de l’UE27 55 17 44 17 12 36 21 Descendants d’immigrés, dont : 53 22 46 23 10 25 21 Algérie 53 22 50 22 7 19 25 Maroc, Tunisie 62 27 49 22 13 18 24 Afrique sahélienne 70 38 58 22 15 11 17 Afrique guinéenne ou centrale 72 45 48 17 16 11 27 Asie du Sud-Est 72 39 48 24 14 26 21 Turquie, Moyen-Orient 71 38 47 21 12 22 24 Europe du Sud 44 15 45 23 10 33 19 Autres pays de l’UE27 48 15 39 30 12 26 18 Natifs d’Outre-mer 62 25 50 24 11 25 22 Descendants de natifs d’Outre-mer 60 25 46 27 12 23 20 Sans ascendance migratoire ou ultramarine 52 19 43 21 15 32 21 18 à 30 ans 94 50 38 20 21 19 32 31 à 40 ans 65 20 50 22 14 33 17 41 à 50 ans 39 11 46 20 12 32 19 51 à 59 ans 25 7 41 21 10 30 22 Ensemble 53 20 46 21 13 31 20 1 Plusieurs raisons peuvent être citées. 2 Pour avoir un logement plus grand, de meilleure qualité, plus confortable, pour vivre dans une maison ou pour vivre dans un meilleur quartier. 3 Pour vivre en couple ou à cause de changements familiaux (naissances, divorce, veuvage, séparation). 4 Pour se rapprocher du lieu de travail ou à la suite d'un changement de travail (de la personne interrogée ou de son conjoint). 5 Logement provisoire, résiliation du bail par le propriétaire, expulsion, avoir un logement personnel ou quitter le domicile des parents, logement qui devait être démoli, sinistre, catastrophe, raisons financières, autres raisons, ne sait pas ou refuse de répondre. Lecture : 54 % des immigrés présents en France depuis au moins cinq ans ont déménagé dans les cinq dernières années. Parmi les immigrés dont le logement actuel n’est pas le premier logement personnel, 18 % déclarent que leur dernier déménagement était motivé par des raisons familiales. Champ : France métropolitaine, personnes âgées de 18 à 59 ans vivant en logement ordinaire n’habitant pas chez leurs parents et vivant en France depuis au moins cinq ans lorsqu’elles sont nées à l’étranger. Pour les raisons du déménagement, personnes dont le logement actuel n’est pas le premier logement personnel. Sources : Ined-Insee, enquête Trajectoires et Origines 2 (2019-2020).