130 Immigrés et descendants d’immigrés en France – Insee Références – Édition 2023 4.5 Chômage En 2021, 8 % des personnes actives de 15 à 74 ans vivant en France hors Mayotte sont au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) figure 1. Le taux de chômage des immigrés (13 %) et celui des descendants d’immigrés (12 %) sont nettement supérieurs à celui des personnes sans ascendance migratoire directe (7 %). Parmi les femmes actives, le taux de chômage des immigrées (14 %) est deux fois plus élevé que celui des femmes sans ascendance migratoire directe (7 %) ; celui des descendantes d’immigrés s’établit à un niveau intermédiaire, à 11 %. En moyenne, le taux de chômage est identique pour les hommes et les femmes, à 8 %, mais parmi les immigrés, le taux de chômage des hommes (12 %) est inférieur de 2 points à celui des femmes. Parmi les hommes, le taux de chômage des descendants d’immigrés est le plus élevé : 13 %, contre 7 % pour les hommes sans ascendance migratoire directe. Quels que soient leur sexe et leur ascendance migratoire, le taux de chômage des jeunes est plus élevé que celui de leurs aînés. Ainsi, les jeunes actifs de 15 à 24 ans immigrés sont particulièrement exposés au risque de chômage : parmi eux, 33 % des femmes et 27 % des hommes sont au chômage, soit bien davantage que pour les jeunes femmes et hommes ni immigrés ni descendants d’immigrés (18 %). C’est également le cas à la deuxième génération, avec 26 % des jeunes hommes actifs descendants d’immigrés au chômage et 22 % des jeunes femmes. En 2021, la part du halo autour du chômage est plus élevée pour les immigrés (8 %) que pour les personnes sans ascendance migratoire (4 %), quel que soit l’âge ou le sexe. Elle s’établit à 6 % pour les descendants d’immigrés. En moyenne, le halo autour du chômage concerne davantage les femmes : en 2021, 5 % des femmes âgées de 15 à 64 ans sont dans cette situation, contre 4 % des hommes du même âge. C’est également le cas des femmes immigrées ou descendantes d’immigrés par rapport à leurs homologues masculins, avec respectivement + 3 points et + 1 point. En 2021, la part du halo autour du chômage est la plus forte parmi les jeunes ; elle atteint 10 % pour les immigrés âgés de 15 à 24 ans, contre 6 % pour ceux âgés de 50 à 64 ans. Au total, en cumulant chômage et halo autour du chômage, 14 % des 15‑24 ans, et jusqu’à 21 % pour les seuls immigrés, sont sans emploi et souhaitent travailler. Le taux de chômage des immigrés et des descendants d’immigrés varie fortement selon l’origine géographique, y compris à âge comparable. Ainsi, en 2021, 6 % des actifs immigrés venus d’Europe du Sud sont au chômage, contre 16 % des actifs immigrés en provenance du Maghreb figure 2. De même, le taux de chômage des descendants d’immigrés d’origine européenne est deux fois plus faible que celui des descendants d’immigrés d’origine africaine (8 % contre 16 %). En 2021, 5 % des actifs immigrés de 15 à 74 ans sont en situation de chômage de longue durée, soit davantage que les descendants d’immigrés (3 %) et plus du double des actifs sans ascendance migratoire (2 %) figure 3. Parmi les immigrés, le taux de chômage de longue durée (un an ou plus) est plus élevé pour les seniors (6 % des 50‑74 ans, contre 4 % des 25‑49 ans) ; il l’est aussi pour les femmes (5 %, contre 4 % pour les hommes), contrairement aux descendants d’immigrés (4 % pour les hommes, contre 3 % pour les femmes). Définitions Le halo autour du chômage comprend les personnes sans emploi qui, soit recherchent un emploi mais ne sont pas disponibles pour travailler, soit ne recherchent pas d’emploi mais souhaitent travailler et sont disponibles pour travailler, soit souhaitent travailler mais ne recherchent pas d’emploi et ne sont pas disponibles pour travailler. Chômage au sens du Bureau international du travail (BIT), taux de chômage, immigrés, descendants d’immigrés, chômage de longue durée : voir Glossaire. Pour en savoir plus • « Activité, emploi et chômage en 2021 et en séries longues », Insee Résultats, juillet 2022. • « Le rôle des origines dans la persistance des inégalités d’emploi et de salaire », in Emploi, chômage, revenus du travail, coll. « Insee Références », édition 2019.
131Insee Références – Édition 2023 – Fiche 4.5 – Chômage
- Chômage et halo autour du chômage selon le sexe et l’âge en 2021 en % Taux de chômage parmi les 15-74 ans Halo autour du chômage parmi les 15-64 ans Immigrés Descendants d’immigrés Ni immigrés ni descendants d’immigrés Ensemble Immigrés Descendants d’immigrés Ni immigrés ni descendants d’immigrés Ensemble Femmes 14 11 7 8 9 6 4 5 15-24 ans 33 22 18 19 12 6 7 7 25-49 ans 14 10 6 7 11 7 5 6 50-74 ans (50-64 ans pour le halo) 11 6 5 6 6 4 3 3 Hommes 12 13 7 8 6 5 4 4 15-24 ans 27 26 18 19 8 7 6 7 25-49 ans 11 11 6 7 6 5 3 4 50-74 ans (50-64 ans pour le halo) 12 9 5 6 6 4 3 3 Ensemble 13 12 7 8 8 6 4 5 Lecture : en 2021, le taux de chômage des immigrées âgées de 15 à 74 ans s’élève à 14 % ; 5 % des femmes âgées de 15 à 64 ans sont dans le halo autour du chômage. Champ : France hors Mayotte, personnes vivant en logement ordinaire, actives de 15 à 74 ans pour le taux de chômage, de 15 à 64 ans pour le halo autour du chômage. Source : Insee, enquête Emploi 2021.
- Taux de chômage selon l’origine géographique en 2021 Immigrés Descendants d'immigrés Ni immigrés ni descendants d'immigrés 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 Ensemble Amérique, Océanie Autres pays de l'UE27 Europe du Sud Europe, dont : Autres pays d'Asie Turquie, Moyen-Orient Asie Autres pays d'Afrique Maghreb Afrique en % Lecture : en 2021, le taux de chômage des immigrés d’origine africaine est de 15 %. Champ : France hors Mayotte, personnes vivant en logement ordinaire, de 15 à 74 ans, actives. Source : Insee, enquête Emploi 2021.
- Taux de chômage de longue durée selon le sexe et l’âge en 2021
en %
Immigrés Descendants
d’immigrés Ni immigrés
ni descendants
d’immigrés Ensemble Sexe Femmes 5 3 2 2 Hommes 4 4 2 3 Âge 15-24 ans 3 3 2 2 25-49 ans 4 3 2 2 50-74 ans 6 4 2 3 Ensemble 5 3 2 2 Lecture : en 2021, 5 % des actives immigrées âgées de 15 à 74 ans sont au chômage depuis un an ou plus. Champ : France hors Mayotte, personnes vivant en logement ordinaire, de 15 à 74 ans, actives. Source : Insee, enquête Emploi 2021. 132 Immigrés et descendants d’immigrés en France – Insee Références – Édition 2023 4.6 Trajectoire professionnelle : déclassement et promotion En 2019‑2020, parmi les salariés de 18 à 59 ans, les immigrés sont moins nombreux à déclarer avoir eu une promotion dans leur emploi actuel au cours des cinq dernières années. Seuls 22 % en ont bénéficié, contre 29 % des descendants d’immigrés et 34 % de la population ni immigrée ni descendante d’immigrés figure 1. Les immigrés et descendants d’immigrés se déclarent aussi plus souvent en situation de déclassement, et ce sentiment est accru parmi ceux sans emploi. Quelle que soit leur situation face à l’emploi, les personnes ni immigrées ni descendantes d’immigrés déclarent moins souvent occuper (pour les personnes salariées) ou avoir occupé (pour les personnes sans emploi) un emploi en deçà de leurs compétences que les immigrés (respectivement 23 % et 25 %, contre 28 % et 29 %) ou descendants d’immigrés (28 % et 32 %). Les immigrés de l’Union européenne à 27 pays (UE27) sont plus nombreux à avoir été promus que les ressortissants d’autres pays : quatre immigrés d’Espagne ou d’Italie sur dix l’ont été, contre moins d’un immigré sur cinq originaire de Chine ou d’Afrique hors Maghreb. Les immigrés de l’UE27 sont également moins nombreux à se déclarer en situation de déclassement. Parmi les personnes sans emploi, 27 % des immigrés de l’UE27 occupaient un emploi en dessous de leur niveau de compétence, contre 34 % des immigrés du Maroc ou de la Tunisie. Les écarts de taux de promotion et de déclassement des immigrés de l’UE27 et de leurs descendants avec la population ni immigrée ni descendante d’immigrés s’expliquent principalement par des différences d’âge, de diplôme et d’emplois occupés. Pour les autres immigrés, la maîtrise de la langue, les difficultés administratives pour accéder à l’emploi et la reconnaissance des diplômes obtenus à l’étranger peuvent expliquer ces écarts. Quelle que soit l’ascendance migratoire, les promotions sont plus fréquentes si le niveau de formation initiale est plus élevé. Mais à niveau de diplôme comparable, les immigrés ont moins souvent une promotion que la population ni immigrée ni descendante d’immigrés. En outre, les écarts de taux de promotion sont constants, quel que soit le niveau de diplôme : de l’ordre de 10 points de pourcentage. Le sentiment de déclassement est mécaniquement plus élevé pour les personnes les plus diplômées, et a fortiori pour les immigrés : plus d’un immigré diplômé d’un bac+1 ou bac+2 sur trois occupe ou occupait un emploi en deçà de ses compétences, contre une personne ni immigrée ni descendante d’immigrés sur quatre détenant le même diplôme. Les hommes ni immigrés ni descendants d’immigrés déclarent avoir eu une promotion 1,2 fois plus souvent que les femmes ni immigrées ni descendantes d’immigrés (37 % contre 30 %) ; c’est un peu plus que parmi les salariés immigrés ou descendants d’immigrés (1,1 fois). Parmi les salariés en emploi depuis au moins cinq ans comme parmi ceux qui occupent un emploi sans limite de durée, les immigrés demeurent moins nombreux à être promus et les immigrés comme les descendants d’immigrés sont plus nombreux à se sentir en situation de déclassement. Les écarts de taux de promotion varient aussi selon les secteurs, mais même dans ceux où les salariés immigrés sont plus nombreux – les services aux ménages, l’hébergement et la restauration ou la construction –, leurs chances d’être promus sont inférieures à celles de la population ni immigrée ni descendante d’immigrés. En revanche, leur sentiment de déclassement est inférieur à celui des non‑immigrés dans le secteur de l’hébergement et de la restauration. Définitions La promotion est mesurée par la réponse des salariés à la question « Avez‑vous bénéficié d’une ou plusieurs promotions dans votre emploi actuel au cours des cinq dernières années ? ». Le déclassement est mesuré par la réponse à la question « À propos de votre emploi actuel/votre dernier emploi, diriez‑vous qu’il est/était en dessous de votre niveau de compétences ? ». Immigrés, descendants d’immigrés : voir Glossaire.
133 Insee Références – Édition 2023 – Fiche 4.6 – Trajectoire professionnelle : déclassement et promotion 1. Taux de promotion et taux de déclassement en fonction de l’ascendance migratoire en % Taux de promotion dans l’emploi salarié actuel Taux de déclassement des salariés Taux de déclassement des personnes sans emploi Immigrés Descendants d’immigrés Ni immigrés ni descendants d’immigrés Immigrés Descendants d’immigrés Ni immigrés ni descendants d’immigrés Immigrés Descendants d’immigrés Ni immigrés ni descendants d’immigrés Nés ou de parents nés dans l’UE27 29 32 /// 23 25 /// 27 27 /// Espagne, Italie 40 34 /// 25 27 /// ns 20 /// Portugal 22 31 /// 19 23 /// ns 33 /// Autres pays de l’UE27 32 30 /// 27 22 /// 42 33 /// Nés ou de parents nés hors de l’UE27, dont : 20 26 /// 30 31 /// 29 34 /// Algérie 21 27 /// 31 33 /// 24 30 /// Maroc, Tunisie 22 27 /// 29 32 /// 34 38 /// Afrique hors Maghreb 17 19 /// 34 34 /// 29 28 /// Turquie, Moyen-Orient 22 24 /// 26 29 /// 21 36 /// Asie du Sud-Est 27 30 /// 22 21 /// 25 42 /// Chine 16 ns /// 25 ns /// 17 ns /// Âge 18-29 ans 15 15 23 32 33 28 46 39 34 30-45 ans 26 35 40 29 28 24 30 32 24 46-60 ans 20 31 34 26 25 20 22 21 19 Sexe Femmes 21 27 30 30 28 23 27 33 26 Hommes 24 30 37 27 28 23 30 30 24 Diplôme CEP, BEPC ou aucun diplôme 10 19 20 18 22 19 16 18 15 CAP, BEP 18 23 27 25 27 21 20 19 23 Baccalauréat 21 26 29 36 33 27 42 40 31 Bac+1 ou bac+2 30 32 42 38 30 26 38 44 26 Bac+3 ou plus 35 37 45 32 27 22 48 49 34 Ancienneté dans l’emploi Inférieure à 5 ans 11 16 17 32 33 29 /// /// /// Égale ou supérieure à 5 ans 31 39 43 25 25 20 /// /// /// Type de contrat Contrat sans limite de durée y compris fonction publique 27 34 39 27 27 22 /// /// /// Autre type de contrat 5 5 5 32 33 28 /// /// /// Secteur d’activité de l’employeur Industrie 30 32 36 26 28 23 /// /// /// Construction 20 24 33 25 22 20 /// /// /// Commerce 21 22 29 30 35 25 /// /// /// Transports 23 24 29 33 31 28 /// /// /// Hébergement et restauration 16 21 25 33 41 47 /// /// /// Information et communication 35 37 41 15 19 13 /// /// /// Finance, assurance, immobilier 32 41 52 28 24 21 /// /// /// Services principalement aux entreprises 21 29 31 28 26 18 /// /// /// Administration publique 33 39 47 30 34 23 /// /// /// Enseignement 29 35 42 27 29 20 /// /// /// Santé 16 22 27 34 18 17 /// /// /// Hébergement médico-social, action sociale 7 12 17 31 31 30 /// /// /// Services aux ménages 11 21 26 25 28 16 /// /// /// Autres secteurs y compris inconnu 23 37 31 28 21 21 /// /// /// Ensemble 22 29 34 28 28 23 29 32 25 /// : absence de résultat due à la nature des choses, ns : non significatif, la taille de l’échantillon n’est pas suffisante pour une exploitation. Lecture : 29 % des immigrés nés dans un pays de l’UE27 ont bénéficié d’une promotion dans leur emploi actuel au cours des cinq dernières années. Champ : France métropolitaine, salariés ou personnes sans emploi à la date de l’enquête et âgés de 18 à 59 ans vivant en logement ordinaire. Le champ est réduit aux personnes présentes en France depuis au moins cinq ans pour celles qui sont nées à l’étranger. Sources : Ined-Insee, enquête Trajectoires et Origines 2 (2019-2020).