Fiches thématiques Éducation et maîtrise de la langue
112 Immigrés et descendants d’immigrés en France – Insee Références – Édition 2023 3.1 Maîtrise des langues par les immigrés En 2019‑2020, 90 % des immigrés âgés de 18 à 59 ans résidant en France métropolitaine ont un bon niveau de compréhension du français et 88 % ont un bon niveau à l’oral. Ces taux incluent notamment les 8 % d’immigrés arrivés en France avant l’âge de 4 ans et les 5 % d’immigrés ayant reçu de leurs parents une éducation exclusivement francophone dans l’enfance. Les autres immigrés (87 %) autoévaluent leur niveau de maîtrise du français. Lors de leur arrivée en France, les immigrés ont un meilleur niveau en compréhension de la langue française (51 % la maîtrisent bien ou très bien) qu’à l’écrit (46 % écrivent bien ou très bien le français) figure 1. Leurs compétences à l’oral sont proches de celles en lecture. Les immigrés venant de pays ayant connu une présence francophone (Afrique, Amérique du Nord) ont un meilleur niveau de maîtrise du français que ceux d’Asie ou d’Europe ; cet écart s’atténue au moment de l’enquête, notamment parce que le niveau de maîtrise des personnes venant d’Asie ou d’Europe du Sud s’est considérablement amélioré depuis leur migration figure 2. Tandis que les femmes venant d’Afrique guinéenne ou centrale ou du Maghreb sont plus nombreuses que les hommes à avoir comme langue familiale de référence le français, elles déclarent moins le maîtriser que les hommes de ces mêmes régions. Ceci peut s’expliquer par un plus faible niveau d’éducation et une possible sous‑estimation de leurs compétences. Ces écarts se réduisent mais subsistent lors de l’enquête, malgré des progrès en français des femmes du Maghreb et d’Afrique guinéenne ou centrale plus grands que ceux des hommes ; leur rôle de médiatrice (relations avec le voisinage, les enseignants, l’administration) leur permet de mettre en pratique leur français. À leur arrivée en France, les femmes venant d’Europe ont un niveau de maîtrise supérieur à celui des hommes de même origine. Au moment de l’enquête, parmi les immigrés d’origine européenne, les femmes ont un niveau de maîtrise supérieur aux hommes, excepté celles venant d’un pays européen hors de l’UE à 27, pour lesquelles le niveau est similaire aux hommes. Même arrivés jeunes avec leurs parents, les immigrés ont été très souvent élevés dans une langue étrangère, associée parfois au français : 67 % ont grandi exclusivement avec une langue étrangère et 28 % avec au moins deux langues dont le français. La transmission familiale du français dans l’enfance dépend de l’âge à la migration et de la diffusion de la francophonie dans le pays d’origine. L’apprentissage familial du français est pratiquement absent pour les immigrés venus adultes de Chine ou de Turquie. 95 % des immigrés ont une langue de référence étrangère figure 3. 81 % des immigrés d’Amérique et d’Océanie et 71 % des immigrés européens conservent une très bonne maîtrise de leur langue de référence. En particulier, 84 % des immigrés de l’Union européenne à 27 hors Europe du Sud maîtrisent parfaitement leur langue de référence. La majorité des immigrés continuent de pratiquer leur langue de référence au quotidien : 64 % de ceux qui sont en couple la parlent avec leur conjoint. Cette part est notamment élevée pour les immigrés turcs et maghrébins, chez qui les unions endogames sont fréquentes. La majorité des immigrés (63 %), surtout les femmes, parlent leur langue de référence à leurs enfants. La transmission de la langue de référence varie selon les provenances : 76 % des immigrés originaires de Turquie ou du Moyen‑Orient transmettent leur langue de référence, tandis que cette pratique est moins commune dans les ménages d’Afrique guinéenne ou centrale (33 %). Définitions Parmi les langues utilisées dans l’enfance, la langue familiale de référence a été définie comme étant, pour les monolingues, l'unique langue déclarée, et pour les plurilingues, la langue la plus utilisée pendant l'enfance en dehors du français. Immigrés : voir Glossaire.
113 Insee Références – Édition 2023 – Fiche 3.1 – Maîtrise des langues par les immigrés 1. Maîtrise du français par les immigrés à leur arrivée en France en % Compréhension Expression orale Lecture Expression écrite Pas du tout Un peu Bien Très bien Pas du tout Un peu Bien Très bien Pas du tout Un peu Bien Très bien Pas du tout Un peu Bien Très bien Europe, dont : 39 24 13 24 42 24 12 23 44 19 12 25 48 19 10 23 Espagne, Italie 32 27 15 26 36 25 14 25 32 24 16 28 40 23 13 24 Portugal 47 24 8 22 52 22 6 21 56 17 6 21 61 16 4 20 Autres pays de l’UE27 31 21 20 28 32 24 18 26 35 18 18 30 38 19 16 27 Afrique, dont : 14 16 23 47 15 20 21 44 18 17 18 47 19 18 17 45 Algérie 14 16 23 47 15 20 21 43 19 15 20 46 20 17 19 43 Maroc, Tunisie 16 21 24 39 18 26 21 35 20 20 20 40 21 22 19 38 Afrique sahélienne 13 14 22 52 13 15 22 51 18 14 17 51 19 14 17 50 Afrique guinéenne ou centrale 6 8 19 67 6 9 19 66 8 11 15 67 8 14 13 65 Asie, dont : 57 21 7 15 57 22 6 15 61 17 7 15 63 16 6 15 Asie du Sud-Est 48 24 8 20 49 24 7 19 51 20 9 20 51 21 8 20 Chine 48 35 13 5 46 38 11 5 51 32 12 5 52 33 11 5 Turquie, Moyen-Orient 63 13 7 17 63 14 6 16 66 11 6 17 68 9 6 17 Amérique, Océanie 31 22 20 27 32 28 13 26 34 21 15 30 37 21 17 26 Ensemble 29 20 17 34 30 22 15 33 33 18 15 35 35 18 13 33 Note : le niveau de maîtrise de la langue française est apprécié par la question suivante : « Lorsque vous êtes arrivé en France, quelle connaissance aviez-vous du français pour… ? Comprendre, parler, lire, écrire ». Lecture : 29 % des immigrés âgés de 18 à 59 ans n’avaient aucune maîtrise de la compréhension de la langue française lors de leur arrivée en France. Champ : France métropolitaine, immigrés âgés de 18 à 59 ans vivant en logement ordinaire. Sources : Ined-Insee, enquête Trajectoires et Origines 2 (2019-2020). 2. Score moyen1 des immigrés en français selon le continent d’origine Europe Afrique Asie Amérique, Océanie a. À l'arrivée en France 0 1 2 3 Écriture Compréhension Écriture Compréhension 0 1 2 3 b. Au moment de l'enquête Lecture Oral Lecture Oral 1 Deux questions ont été posées : « Lorsque vous êtes arrivé en France, quelle connaissance aviez-vous du français... » et « Aujourd’hui, quelle connaissance avez-vous du français… » pour les différentes compétences : lecture, expression orale, compréhension, écriture. La note de 0 a été attribuée aux individus répondant « Pas du tout », celle de 1 à ceux ayant répondu « Un peu », celle de 2 à ceux ayant répondu « Bien » et celle de 3 à ceux ayant répondu « Très bien ». Lecture : à leur arrivée en France, les immigrés européens ne maîtrisaient qu’un peu l’écriture de la langue française (score moyen de 1,1 sur 3). Champ : France métropolitaine, immigrés âgés de 18 à 59 ans vivant en logement ordinaire. Sources : Ined-Insee, enquête Trajectoires et Origines 2 (2019-2020). 3. Maîtrise et pratique à l’âge adulte de la langue familiale étrangère de référence en % Ensemble Immigrés ayant une langue familiale de référence étrangère Maîtrise de la langue de référence Pratique de la langue de référence Langue de référence étrangère Ni lue, ni écrite, ni parlée, ni comprise Très bien parlée et comprise Très bien parlée, comprise, lue et écrite Autres cas intermédiaires Avec le conjoint1 Avec les enfants1 Avec des personnes du voisinage, des commerçants Europe, dont : 95 0 12 71 16 62 71 44 Espagne, Italie 99 0 12 73 16 56 63 41 Portugal 99 0 21 48 31 64 65 55 Autres pays de l’UE27 89 1 5 84 10 58 75 41 Afrique, dont : 95 0 34 42 23 63 55 58 Algérie 98 1 38 43 19 70 63 65 Maroc, Tunisie 98 0 27 52 20 68 59 65 Afrique sahélienne 97 0 58 21 21 62 54 53 Afrique guinéenne ou centrale 84 1 34 26 40 40 33 38 Asie, dont : 96 1 19 61 19 71 73 57 Asie du Sud-Est 93 1 16 38 45 54 61 50 Chine 99 0 27 58 15 62 67 66 Turquie, Moyen-Orient 98 0 17 61 21 84 76 69 Amérique, Océanie 91 0 7 81 12 65 85 49 Ensemble 95 0 24 55 20 64 63 54 1 Parmi ceux qui vivent en couple pour le conjoint et parmi ceux qui ont des enfants pour les enfants. Lecture : en 2019-2020, 64 % des immigrés vivant en couple pratiquent leur langue de référence étrangère avec leur conjoint. Champ : France métropolitaine, immigrés âgés de 18 à 59 ans vivant en logement ordinaire. Sources : Ined-Insee, enquête Trajectoires et Origines 2 (2019-2020).
114 Immigrés et descendants d’immigrés en France – Insee Références – Édition 2023
3.2 Transmission familiale des langues
Neuf descendants d’immigrés sur dix, âgés
de 18 à 59 ans en 2019‑2020, ont appris le
français avec leurs parents dans leur enfance.
C’est même la seule langue transmise pour 40 %
d’entre eux figure 1. Les parents ont un peu
moins souvent participé à l’apprentissage du
français dans les familles issues de l’immigration
venue d’Asie. A contrario, plus de la moitié
des descendants d’immigrés de l’Union
européenne, hors Europe du Sud, ont été élevés
exclusivement dans la langue française. Pour les
familles dont un seul parent est immigré,
l’héritage du français est quasi systématique.
Pour les familles dont les deux parents sont
immigrés, la présence du français dans l’enfance
dépend des conditions de migration et de
l’âge à la migration des parents ; elle est plus
fréquemment exclusive quand les parents sont
arrivés enfants notamment.
52 % des descendants d’immigrés ont reçu une
éducation de leurs parents à la fois en français
et dans au moins une autre langue étrangère.
Ceux ayant un seul parent immigré ont plus
souvent grandi uniquement avec la langue
française (64 %). Dans ces familles, la langue
étrangère est plus souvent transmise lorsque
c’est la mère qui est immigrée. Par ailleurs, parmi
les descendants de deux parents immigrés, ceux
dont les parents sont originaires du même pays
ont plus souvent grandi dans un environnement
plurilingue : 71 % d’entre eux ont grandi avec
au moins deux langues, contre 56 % de leurs
homologues ayant des parents originaires de deux
pays différents. La transmission des langues peut
dépendre d’enjeux culturels, du statut relatif des
langues et des rapports sociaux entre les sexes.
59 % des descendants d’immigrés déclarent
avoir comme langue familiale de référence
une langue étrangère. Malgré la transmission
de cette langue étrangère durant l’enfance,
sa maîtrise n’est pas toujours assurée : 16 %
des descendants d’immigrés ayant une langue
de référence étrangère la lisent, l’écrivent,
la parlent et la comprennent très bien
figure 2. Comme les immigrés fiche 3.1,
les descendants d’immigrés ont de meilleures
compétences dans la compréhension et
l’expression orale de leur langue de référence
qu’à l’écrit et en lecture. Les descendants
d’immigrés originaires d’Asie du Sud‑Est, suivis
de ceux originaires du Maghreb ou d’Afrique
sahélienne, maîtrisent le moins l’écriture et
la lecture de leur langue de référence. La
langue arabe comportant différents dialectes
selon le pays d’origine, il existe un décalage
entre l’arabe littéraire et celui pratiqué à l’oral
pour les descendants d’immigrés ayant cette
langue de référence. Un tiers des descendants
d’immigrés ont suivi en France des cours de leur
langue de référence étrangère, et ont de ce fait
une meilleure maîtrise de sa lecture et de son
écriture. De plus, les relations qu’entretiennent
les descendants d’immigrés avec le pays d’origine
d’un des parents (séjours réguliers, projet de
s’y installer) sont des facteurs favorisant une
meilleure maîtrise de la langue de référence.
Enfin, la langue étrangère de référence peut
être pratiquée au sein du couple ou avec les
enfants. Les couples endogames parlent plus
fréquemment leur langue de référence avec leur
conjoint : les descendants d’immigrés originaires
de Turquie ou du Moyen‑Orient par exemple,
parmi lesquels beaucoup de descendants
d’immigrés originaires de Turquie s’unissent avec
des immigrés ou des descendants d’immigrés
de même origine fiche 1.5, sont 62 % à parler
dans leur langue de référence avec leur conjoint.
Définitions
Parmi les langues utilisées dans l’enfance, la langue familiale de référence a été définie comme étant, pour les
monolingues, l'unique langue déclarée, et pour les plurilingues, la langue la plus utilisée pendant l'enfance en dehors
du français.
Descendants d’immigrés, immigrés : voir Glossaire.
115Insee Références – Édition 2023 – Fiche 3.2 – Transmission familiale des langues
1. Langues parlées pendant l’enfance par les parents des descendants d’immigrés
en %
Pays de naissance
Nés en France d’au moins
un parent immigré
Avec deux parents immigrés Avec un seul parent immigré
Français
uniquement
Français
et au moins
une autre
langue
Autre(s)
langue(s)
que le
français
Français
uniquement
Français
et au moins
une autre
langue
Autre(s)
langue(s)
que le
français
Français
uniquement
Français
et au moins
une autre
langue
Autre(s)
langue(s)
que le
français
Europe, dont : 48 46 7 18 66 16 65 34 1
Espagne, Italie 49 44 7 22 62 17 64 35 1
Portugal 39 52 9 13 71 15 70 29 1
Autres pays
de l’UE27 62 36 3 43 49 8 64 34 2
Afrique, dont : 37 56 7 21 69 10 66 33 1
Algérie 39 56 5 23 69 8 64 35 1
Maroc, Tunisie 35 57 8 17 71 12 68 31 1
Afrique sahélienne 22 67 11 12 75 13 65 35 0
Afrique guinéenne
ou centrale 48 47 5 40 53 7 69 31 0
Asie, dont : 20 60 20 5 66 28 55 44 1
Asie du Sud-Est 26 58 16 8 69 23 66 33 1
Turquie,
Moyen-Orient 18 62 20 3 69 28 53 46 0
Amérique, Océanie 32 61 7 ns ns ns ns ns ns
Ensemble 40 52 8 18 68 14 64 35 1
ns : non significatif, la taille de l’échantillon n’est pas suffisante pour une exploitation.
Note : les descendants de deux parents immigrés comprennent les enfants dont le seul parent connu est immigré.
Lecture : 18 % des descendants de deux parents immigrés parlaient uniquement le français avec leurs parents dans l’enfance.
Champ : France métropolitaine, descendants d’immigrés âgés de 18 à 59 ans vivant en logement ordinaire.
Sources : Ined‑Insee, enquête Trajectoires et Origines 2 (2019‑2020).
2. Maîtrise et pratique à l’âge adulte de la langue familiale étrangère de référence
des descendants d’immigrés
en %
Maîtrise de la langue Pratique de la langue
Aucune maîtrise
pour lire,
écrire, parler et
comprendre
Très bonne
maîtrise pour
parler et
comprendre
Très bonne
maîtrise pour lire,
écrire, parler et
comprendre
Autres
cas
Avec le
conjoint1
Avec les
enfants1
Pays de naissance des parents immigrés,
dont :
Espagne, Italie 1 17 27 55 11 23
Portugal 1 19 26 54 21 33
Autres pays de l’UE27 5 16 17 62 6 16
Algérie 2 22 6 70 28 31
Maroc, Tunisie 2 33 6 60 35 37
Afrique sahélienne 1 31 8 60 35 49
Afrique guinéenne ou centrale 4 14 12 69 9 ns
Asie du Sud-Est 3 19 2 75 10 37
Turquie, Moyen-Orient 1 13 44 43 62 69
Amérique, Océanie ns ns ns ns ns ns
Nés en France
de deux parents immigrés 1 26 16 57 29 36
d’un seul parent immigré 5 13 17 65 11 23
Ensemble 2 22 16 60 24 40
ns : non significatif, la taille de l’échantillon n’est pas suffisante pour une exploitation.
1 Parmi ceux qui vivent en couple pour le conjoint et parmi ceux qui ont des enfants pour les enfants.
Lecture : en 2019‑2020, 22 % des descendants d’immigrés ont une très bonne maîtrise à l’oral et en compréhension de leur langue
étrangère de référence.
Champ : France métropolitaine, descendants d’immigrés âgés de 18 à 59 ans vivant en logement ordinaire dont les parents ne
parlaient pas exclusivement français lorsqu’ils étaient enfants.
Sources : Ined‑Insee, enquête Trajectoires et Origines 2 (2019‑2020).
116 Immigrés et descendants d’immigrés en France – Insee Références – Édition 2023
3.3 Niveau de diplôme des immigrés et descendants d’immigrés
Les immigrés vivant en France en 2021 et
ayant terminé leurs études initiales ont, dans
l’ensemble, des niveaux de diplôme moins
élevés que l’ensemble de la population. 38 %
des immigrés âgés de 30 à 64 ans n’ont aucun
diplôme (ou au plus un brevet des collèges
ou équivalent), contre 16 % des personnes
non immigrées du même âge figure 1.
Cependant, les écarts de part des diplômés de
l’enseignement supérieur sont moindres et
les immigrés sont aussi souvent diplômés de
l’enseignement supérieur long (bac+3 ou plus,
24 %) que les non‑immigrés (25 %).
Comme dans l’ensemble de la population, le
niveau de diplôme des immigrés augmente au
fil des générations. Parmi les immigrés vivant
en France en 2021, 31 % de ceux âgés de 30 à
39 ans n’ont aucun diplôme et 43 % possèdent
un diplôme de l’enseignement supérieur, contre
respectivement 44 % et 25 % de ceux âgés
de 50 à 64 ans figure 2.
Les niveaux de diplôme obtenus par les
immigrés varient selon leur origine. Ainsi,
plus de la moitié des immigrés européens
hors Europe du Sud possèdent un diplôme de
l’enseignement supérieur. Ce n’est le cas que de
19 % des immigrés originaires d’Europe du Sud,
pour qui les différences recoupent en partie
des écarts d’âge (leur âge médian étant de 7 ans
plus élevé que l’ensemble des immigrés), de
24 % des immigrés originaires de Turquie ou du
Moyen‑Orient et de 28 % des immigrés africains.
Les immigrés originaires de Turquie ou
du Moyen‑Orient, du Maghreb et d’Europe
du Sud sont également plus nombreux à n’avoir
aucun diplôme.
Les niveaux de diplôme des descendants
d’immigrés sont très proches de ceux de
la population ni immigrée ni descendante
d’immigrés. Ainsi, 38 % des descendants
d’immigrés âgés de 30 à 64 ans possèdent
un diplôme de l’enseignement supérieur, ce
qui est le cas de 40 % de ceux dont un seul
des parents est immigré et de 41 % de la
population sans ascendance migratoire. Les
descendants d’immigrés originaires de Turquie
ou du Moyen‑Orient ainsi que du Maghreb sont
toutefois en moyenne moins souvent diplômés
du supérieur, malgré leur plus jeune âge. À
l’inverse, ceux originaires des autres pays d’Asie,
d’Europe ou d’Afrique sont plus fréquemment
diplômés du supérieur.
Les femmes immigrées sont en moyenne
plus diplômées que les hommes immigrés
(+ 3 points de taux d’obtention d’un diplôme de
l’enseignement supérieur), avec un écart plus
faible que pour les personnes ni immigrées
ni descendantes d’immigrés (+ 6 points). Il est
plus élevé entre les descendantes d’immigrés
et leurs homologues masculins (+ 9 points), ces
derniers étant plus nombreux à avoir un diplôme
de niveau CAP‑BEP (31 %, contre 22 % pour
les femmes).
En 2021, pour la totalité des origines hormis
l’Union européenne à 27 hors Europe du Sud,
les immigrés sont plus fréquemment non
diplômés que les descendants d’immigrés, et
plus rarement diplômés du supérieur. Toutefois,
les comparaisons à une date donnée entre
les niveaux de diplôme des immigrés et ceux
des descendants d’immigrés ne reflètent pas
fidèlement l’élévation du niveau d’éducation
entre les immigrés et leurs enfants, en raison
de l’augmentation générale du niveau de
qualification au cours du temps. Ainsi, les
descendants d’immigrés ayant terminé leurs
études sont issus de familles possédant
des niveaux de diplôme plus faibles que les
immigrés d’âge actif. Les comparaisons des
niveaux de diplômes entre les immigrés et leurs
enfants montrent une forte élévation du niveau
d’éducation, puisque plus de 7 descendants de
deux immigrés sur 10 possèdent un diplôme
plus élevé que leurs parents, contre moins de
6 sur 10 parmi les personnes ni immigrées ni
descendantes d’immigrés.
Définitions
Immigrés, descendants d’immigrés : voir Glossaire.
Pour en savoir plus
• « L’insertion des immigrés, de l’arrivée en France au premier emploi », Insee Première n° 1717, novembre 2018.
• « Familles immigrées : le niveau d’éducation progresse sur trois générations mais les inégalités sociales persistent »,
Population et Sociétés n° 602, juillet‑août 2022.
117Insee Références – Édition 2023 – Fiche 3.3 – Niveau de diplôme des immigrés et descendants d’immigrés
1. Niveau de diplôme des immigrés et descendants d’immigrés selon le pays d’origine
Aucun diplôme,
brevet des collèges,
CEP
CAP, BEP
ou équivalent
Baccalauréat
ou équivalent
Diplôme
du supérieur
Âge médian
(en années)
(en %)
Ensemble des immigrés 38 15 14 32 47
Femmes immigrées 39 14 14 34 46
Hommes immigrés 37 17 15 31 47
Afrique 42 16 13 28 46
Maghreb 44 17 11 28 46
Autres pays d’Afrique 39 15 17 29 44
Asie 43 10 15 32 46
Turquie, Moyen-Orient 50 12 14 24 45
Autres pays d’Asie 37 8 16 38 47
Europe 29 18 15 37 51
Europe du Sud 45 25 12 19 54
Autres pays de l’UE27 13 13 20 55 48
Autres pays d’Europe 20 13 17 51 46
Amérique, Océanie 33 10 15 43 45
Ensemble des non-immigrés 16 26 18 40 46
Ensemble des descendants d’immigrés 18 26 18 38 46
Ayant un seul parent immigré 17 26 18 40 47
Ayant deux parents immigrés 19 27 19 36 45
Femmes descendantes d’immigrés 17 22 19 42 46
Hommes descendants d’immigrés 19 31 18 33 45
Afrique 21 23 20 37 43
Maghreb 22 23 19 36 43
Autres pays d’Afrique 12 20 24 44 36
Asie 16 15 19 50 38
Turquie, Moyen-Orient 25 21 19 35 37
Autres pays d’Asie 8 10 19 62 38
Europe 16 30 17 36 49
Europe du Sud 16 32 18 34 49
Autres pays de l’UE27 17 25 16 42 55
Autres pays d’Europe 12 20 15 53 47
Amérique, Océanie 21 16 17 47 38
Ni immigrés ni descendants d’immigrés 15 26 18 41 49
Ensemble des 30-64 ans 19 25 18 39 49
Note : les diplômes peuvent avoir été obtenus à l’étranger, notamment dans les pays d’origine des immigrés.
Lecture : en 2021, 38 % des immigrés n’ont aucun diplôme, un CEP ou un brevet des collèges. La moitié des immigrés a moins de
47 ans.
Champ : France hors Mayotte, personnes âgées de 30 à 64 ans vivant en logement ordinaire et ayant terminé leurs études initiales.
Source : Insee, enquête Emploi 2021.
2. Part des non-diplômés et des diplômés du supérieur selon le lien à la migration et l’âge
0 10 20 30 40 50 60
en %
Non-diplômés Diplômés de l'enseignement supérieur
30-39 ans
40-49 ans
50-64 ans
30-39 ans
40-49 ans
50-64 ans
30-39 ans
40-49 ans
50-64 ans
Immigrés
Descendants d'immigrés
Ni immigrés
ni descendants d'immigrés
Lecture : en 2021, 31 % des immigrés âgés de 30 à 39 ans ne possèdent aucun diplôme.
Champ : France hors Mayotte, personnes âgées de 30 à 64 ans vivant en logement ordinaire et ayant terminé leurs études initiales.
Source : Insee, enquête Emploi 2021.
118
Immigrés et descendants d’immigrés en France – Insee Références – Édition 2023
3.4 Insertion professionnelle des descendants d’immigrés
En 2021, 70 % des descendants d’immigrés sortis
de formation initiale depuis un à dix ans (dits
« sortants ») sont en emploi au sens du Bureau
international du travail (BIT)
figure 1.
Ce taux d’emploi varie nettement selon les
origines : il est de 64 % pour les descendants
d’immigrés d’origine africaine et de 74 % pour
ceux d’origine asiatique, tandis que pour ceux
d’origine européenne il est de 80 %, semblable
à celui de leurs homologues sans ascendance
migratoire directe (79 %). En corollaire de
leur plus faible taux d’emploi, les sortants
descendants d’immigrés sont plus souvent au
chômage au sens du BIT que les sortants ni
immigrés ni descendants d’immigrés (part de
chômage de 14 % contre 10 %), ou dans son halo
(7 % contre 5 %). En outre, parmi les sortants
descendants d’immigrés, 8 % sont inactifs sans
relever du halo autour du chômage, soit 2 points
de plus que leurs homologues sans ascendance
migratoire directe.
Lorsqu’ils sont en emploi, la grande majorité
des sortants descendants d’immigrés sont
salariés (92 % en 2021) alors que 8 % ont le statut
d’indépendant
figure 2. Ces proportions
sont quasi identiques à celles des sortants
sans ascendance migratoire directe. Parmi les
salariés, il s’agit principalement d’emplois à
durée indéterminée (70 %), notamment parmi
les titulaires d’un diplôme de niveau bac+2
ou plus (75 %). Cette part varie selon l’origine
géographique : 75 % des sortants descendants
d’immigrés ayant des origines européennes
sont en contrat à durée indéterminée (CDI) ou
fonctionnaires, contre 67 % de ceux d’origine
africaine. Par ailleurs, les sortants descendants
d’immigrés sont 18 % à occuper un emploi à
durée limitée (contrat à durée déterminée (CDD),
intérim) ; cette proportion s’élève à 31 % pour
ceux ayant au plus le brevet des collèges. Enfin,
3 % d’entre eux sont en alternance ou en stage
(jusqu’à 10 % pour ceux peu ou pas diplômés).
Ces taux sont très proches de ceux des sortants
ni immigrés ni descendants d’immigrés.
En 2021, 15 % des sortants descendants
d’immigrés travaillent à temps partiel. Pour ceux
peu ou pas diplômés, ayant au plus le brevet
des collèges, cette part est de 34 %, supérieure
de 9 points à celle de leurs homologues sans
ascendance migratoire directe. Pour les autres
niveaux de diplôme, les parts de temps partiel
varient peu selon l’ascendance migratoire. Dans
l’ensemble, descendantes d’immigrés ou sans
lien direct avec la migration, 20 % des femmes
travaillent à temps partiel, soit nettement plus
que les hommes descendants d’immigrés (10 %)
ou ni immigrés ni descendants d’immigrés (8 %).
Parmi les sortants descendants d’immigrés,
8 % sont en situation de sous‑emploi, une
proportion similaire à celle des sortants sans
ascendance migratoire directe ; là encore, les peu
ou pas diplômés (17 %) et les femmes (10 %) sont
les plus concernés.
En 2021, le taux de chômage des sortants
descendants d’immigrés est plus élevé que celui
des sortants sans ascendance migratoire directe
(17 % contre 11 %)
figure 3. Ce constat est
valable à niveau de diplôme donné, en particulier
pour les plus diplômés : 12 % des sortants
descendants d’immigrés actifs et diplômés de
niveau bac+2 ou plus sont au chômage au sens
du BIT, soit deux fois plus que leurs homologues
ni immigrés ni descendants d’immigrés (6 %).
Définitions
Descendants d’immigrés, sortie de formation initiale, emploi au sens du Bureau international du travail (BIT), taux
d’emploi, chômage au sens du Bureau International du travail (BIT), halo autour du chômage, sous‑emploi, taux de
chômage : voir Glossaire.
Pour en savoir plus
« Activité, emploi et chômage en 2021 et en séries longues », Insee Résultats, juillet 2022.