Ménages, familles, couples 74 Trente ans de vie économique et sociale 1.3 • « Le couple dans tous ses états », Insee Première n° 1435, février 2013. « Les âges de la vie, vingt ans d’évolutions », in Femmes et hommes - Regards sur la parité , coll. « Insee Références », édition 2012. « Démographie et famille : les différences sociales se réduisent-elles ? », in France, portrait social , coll. « Insee Références », édition 2012. « Les conditions d’habitat des enfants : poids des structures familiales et de la taille des fratries », in France, portrait social, coll. « Insee Références », édition 2011. « Qui vit seul dans son logement ? Qui vit en couple ? », Insee Première n° 1392, février 2012. Pour en savoir plus E n 2010, en France métropolitaine, 61,3 millions de personnes résident dans 27,1 millions de logements individuels, constituant autant de ménages. Le reste de la population (1,5 million) vit dans des commu- nautés, des habitations mobiles ou est sans domicile. Le nombre des ménages a augmenté de 38 % en 28 ans, mais leur population de 16 % seulement. La taille moyenne des ménages a donc diminué (3,1 personnes en 1968, 2,7 en 1982 et 2,3 en 2010). Cette réduction provient d’un changement de la composition des ménages. En 2010, un tiers des ménages est constitué d’une seule personne, contre un quart en 1982. Le vieillissement de la population explique en partie l’augmentation des ménages d’une personne. Mais celle-ci s’explique surtout par les changements des modes de cohabitation avant 60 ans en lien avec l’individualisation croissante des comportements et des unions plus fragiles. De ce fait, les personnes seules sont désormais majoritairement des moins de 60 ans (55 %), contrairement à 1982 (45 %). À l’inverse, lesfamillescomptent moins souvent trois enfants ou plus. Et la part des ména- ges formés d’un couple vivant avec des enfants a fortement diminué, passant de 39 % à 27 %. Elle est devenue comparable à celle des ménages formés d’un couple vivant sans enfant. La part de ces derniers a augmenté de trois points entre 1982 et 2010, comme celle des ménages composés d’une famille monoparentale. En particulier, les couples résidant sans enfant sont plus nombreux car il y a plus de couples âgés ; s’ils ont eu des enfants, ceux-ci ne vivent généra- lement plus chez eux. Entre 25 et 65 ans, hommes et femmes vivent de moins en moins fréquemment en couple. En revanche, l’espérance de vie s’étant allongée, les plus âgés vivent de plus en plus longtemps avec leur conjoint. Depuis 1999, la proportion des moins de 25 ans vivant en couple a légèrement augmenté ; elle avait nettement baissé entre 1982 et 1999, les unions devenant plus tardives. En 1982, 94 % des couples étaient mariés, 76 % en 2010. La prédominance du mariage s’atténue peu à peu au profit d’autres formes d’unions : en France métropolitaine, la baisse du nombre de maria- ges, entamée après 1972, se poursuit tandis que, depuis sa création en 1999, le Pacte civil de solidarité (Pacs) rencontre un succès crois- sant : 204 000 Pacs ont été signés en 2010, deux fois plus qu’en 2007. Néanmoins, seules 4 % des personnes majeures se déclarant en couple en 2011 sont pacsées. En 2010 comme en 1982, 98 % des moins de 18 ans en âge révolu habitent avec au moins un de leurs deux parents (donc avec leurs père et mère, un parent et un beau-parent ou un parent sans conjoint). En 1982, seuls 3 % des mineurs vivaient avec un couple non marié. Cette situation concerne un mineur sur cinq en 2010. Dans le même temps, la part des moins de 18 ans vivant dans unefamille monoparen- tale a plus que doublé : 8 % en 1982, 18 % en 2010. La part des familles monoparentales dans l’ensemble des familles avec enfants mineurs est plus élevée encore : 9 % en 1982 et 20 % en 2010. En effet, les familles monoparentales comptent moins d’enfants au domicile que les couples avec enfants. /c110 Ménage : au sens du recensement de la population, ensemble des personnes qui partagent la même résidence principale, sans que ces personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté. Un ménage peut être constitué d’une seule personne. Le nombre de ménages est égal au nombre de résidences principales. Couple : ici, deux personnes de sexe différent, mariées ou non, cohabitant. Famille : partie d’un ménage comprenant au moins deux personnes et constituée soit d’un couple, marié ou non, avec ou sans enfants, soit d’un adulte avec un ou plusieursenfants. Les « enfants » pris en compte dans les « familles » sont les célibataires n’ayant eux-mêmes pas d’enfant et vivant avec au moins un de leurs parents, sans limite d’âge. Famille monoparentale : famille comprenant un parent résidant sans conjoint et un ou plusieurs enfants. Définitions Ménages, familles, couples Fiches - Population et territoires 75 1.3 Hommes Femmes 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 1982 1986 1990 1994 1998 2002 2006 20062010 2010 40-44 ans en % 60- 64 ans 20-24 ans 75 ans ou plus 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 1982 1986 1990 1994 1998 2002 en % 40-44 ans 60- 64 ans 20-24 ans 75 ans ou plus 2. Proportion d’hommes et de femmes résidant en couple Champ : France métropolitaine, population vivant en couple au sein d’un ménage. Lecture : en 1982, 84 % des femmes de 40 à 44 ans vivaient en couple ; en 2010, 72 % des femmes de 40 à 44 ans vivaient en couple. Note : âges en années révolues au 1er janvier. Source : Insee, recensements de la population. 1982 2010 (milliers) (%) (milliers) (%) Ménages composés uniquement : D’une seule personne 4 811,5 24,6 9 216,2 34,0 dont : femmes 3 148,0 16,1 5 362,5 19,8 D’un couple sans enfant 4 556,2 23,3 7 092,1 26,2 D’un couple avec enfants 1 7 702,2 39,3 7 260,9 26,8 D’une famille monoparentale 1 012,0 5,2 2 168,1 8,0 Ménages complexes2 1 507,0 7,7 1 369,2 5,1 Ensemble des ménages 19 588,9 100,0 27 106,5 100,0 Familles avec enfants de moins de 18 ans Couples avec enfants 6 880,7 90,9 6 088,6 79,5 Familles monoparentales 686,2 9,1 1 569,1 20,5 Ensemble des familles avec enfants de moins de 18 ans 7 566,9 100,0 7 657,7 100,0
- Ménages selon la structure familiale
- Les « enfants » sont comptabilisés sans limite d’âge, les « enfants de moins de 18 ans » le sont en âge révolu. Il n’est pas possible de comptabiliser lesdifférents types de familles (couples et familles monoparentales) avec enfants sans limite d’âge à partir de ce tableau puisque certaines d’entre elles font aussi partie de ménages complexes.
- Un « ménage complexe », au sens du recensement, est un ménage composé de deux familles, de plusieurs personnes isolées qui ne constituent pas une famille ou de personnes isolées et de famille(s). Champ : France métropolitaine, population des ménages. Source : Insee, RP1982 sondage au 1/4 - RP2010 exploitation complémentaire. 0 50 100 150 200 250 300 350 1980 1984 1988 1992 1996 2000 2004 2008 2012 en milliers Mariages 1 Pacs sexe différent Pacs même sexe
- Nombre d’unions (mariages et Pacs)
- Le nombre de mariages de 2012 est provisoire. Champ : France hors Mayotte. Sources : Insee, statistiques de l’état civil ; SDSE, fichiers détails Pacs. 0 20 40 60 80 100 1982 1990 1999 2010 en % Autres Enfant d'une famille mono- parentale Enfant d'un couple non marié Enfant d'un couple marié
- Répartition des mineurs selon leur type de famille Champ : France métropolitaine, population âgée de moins de 18 ans en âge révolu. Lecture : en 2010, 2 % des mineurs vivent sans au moins un de leurs parents, 18 % sont enfants d’une famille monoparentale, 80 % vivent avec un couple (leurs père et mère ou un parent et un beau-parent) dont 58 % avec un couple marié et 22 % avec un couple non marié. Source : Insee, recensements de la population, estimations pour 1982. Géographie de la population 76 Trente ans de vie économique et sociale 1.4 A u1 er janvier 2010, la France compte en moyenne 100 habitants au km². Parmi les six États les plus peuplés de l’Union euro - péenne, la France, deuxième par la popula - tion, est cinquième par la densité, derrière le Royaume-Uni (255 habitants au km²), l’Alle- magne (231), l’Italie (201), la Pologne (118) et devant l’Espagne (91). Elle est dotée d’espa- ces de très faible densité mais aussi d’une grande diversité de formes d’occupation du sol. La répartition de la population française résulte non seulement de la géographie mais aussi des grands mouvements économiques et sociaux des XIX e et XXe siècles : l’exode rural, l’industrialisation et l’urbanisation, et plus récemment la périurbanisation et la désindus- trialisation. Cette répartition, très concentrée, évolue lentement : près de 62 % de la popula- tion occupe 10 % du territoire en 2010 (en 1982, alors que la France comptait environ 86 habitants au km², près de 60 % de la popu- lation occupait 6 % du territoire). La popula- tion reste ainsi regroupée autour du pôle parisien et des grandes agglomérations et se déploie le long de couloirs de peuplement : la vallée de la Seine-Aval, les sillons vosgien, alpin et rhodanien, le littoral méditerranéen, le littoral breton, etc. À l’opposé, les zones désertifiées (moins de 10 habitants au km²) ou de faible densité (de 10 à 30 habitants au km²) se situent surtout sur une diagonale allant de la Meuse aux Landes et dans les massifs monta- gneux. Entre les deux se trouvent des zones de densité intermédiaire (de 30 à 80 habitants au km²) souvent localisées sur des territoires constitués d’un tissu rural traditionnel. Après une longue période de déclin, puis de stagnation entre 1982 et 1999, la popula- tion augmente à nouveau dans les commu - nes rurales et les petites agglomérations de France métropolitaine. Depuis 1999, les zones qui perdent au moins 0,2 habitant au km² par an, sont de plus en plus rares et se concentrent désormais au voisinage de villes portuaires, minières ou de tradition indus - trielle du Nord et de l’Est. Ceci traduit à la fois le recul du dépeuplement des campa - gnes et la persistance de la crise industrielle. En parallèle, de larges territoires, de plus en plus éloignés des villes et du littoral, se densifient significativement : de vastes zones de croissance démographique émer - gent (Ouest, Sud-Ouest), s’élargissent forte - ment (grand Sud-Est), ou se consolident (grand Bassin parisien) avec des progres - sions comprises entre + 0,2 et + 2 habitants au km² par an. Dans les Dom au contraire, des zones de décroissance de la population apparaissent à partir de 1999 en Martinique et en Guadeloupe, alors que la croissance démographique était quasi générale entre 1982 et 1999. La croissance de la population sur un terri- toire résulte de deux logiques : le solde natu- rel (naissances - décès) et lesolde migratoire (entrées - sorties). La cartographie du solde naturel évolue peu entre les deux périodes 1982-1999 et 1999-2010. De façon géné- rale, les grandes villes, où la population est jeune, présentent toujours un solde naturel positif, alors que dans les campagnes, le solde naturel est souvent négatif. L’essentiel des contrastes entre 1982-1999 et 1999-2010 tient à l’évolution des soldes migratoires apparents. En France métropolitaine, le solde migratoire est désormais positif sur de larges territoires dans l’Ouest, le Sud-Ouest, et le grand Sud-Est. En revanche, il est deve - nu négatif dans une bonne partie du grand Bassin parisien. Dans les Dom, les migra - tions sont devenues déficitaires depuis 1999 dans un nombre croissant de commu - nes le long du littoral ; les territoires où les migrations sont excédentaires se sont égale - ment réduits en Martinique et en Guade - loupe. /c110 Solde migratoire apparent : différence entre la variation de population entre deux recensements et l’excédent naturel (naissances - décès). Pour une zone donnée, ce solde apparent intègre le solde des migrations à l’intérieur de la France (solde interne), le solde des migrations avec l’étranger (solde externe), mais aussi un « résidu » dû aux écarts de qualité des recensements successifs et, pour les recensements à partir de 2006, aux changements méthodologiques de collecte et de traitement des données. Définitions Géographie de la population Fiches - Population et territoires 77 1.4 Variation du nombre d’habitants par km et par an 2 5 et plus 2 à moins de 5 0,2 à moins de 2 – 0,2 à moins de 0,2 moins de – 0,2 ©IGN-Insee
- Variation annuelle de la densité de population (1982-1999) Source : Insee, recensements de la population.
- Densité de population en 2010 Source : Insee, recensements de la population. Variation du nombre d’habitants par km et par an 2 5 et plus 2 à moins de 5 0,2 à moins de 2 – 0,2 à moins de 0,2 moins de – 0,2 ©IGN-Insee
- Variation annuelle de la densité de population due au solde migratoire apparent (1999-2010) Source : Insee, recensements de la population. Variation du nombre d’habitants par km et par an 2 5 et plus 2 à moins de 5 0,2 à moins de 2 – 0,2 à moins de 0,2 moins de – 0,2 ©IGN-Insee
- Variation annuelle de la densité de popula- tion due au solde naturel (1982-2010) Source : Insee, recensements de la population. Variation du nombre d’habitants par km et par an 2 5 et plus 2 à moins de 5 0,2 à moins de 2 – 0,2 à moins de 0,2 moins de – 0,2 ©IGN-Insee
- Variation annuelle de la densité de population due au solde migratoire apparent (1982-1999) Source : Insee, recensements de la population. Variation du nombre d’habitants par km et par an 2 5 et plus 2 à moins de 5 0,2 à moins de 2 – 0,2 à moins de 0,2 moins de – 0,2 ©IGN-Insee
- Variation annuelle de la densité de population (1999-2010) Source : Insee, recensements de la population.