138 Formations et emploi – Insee Références – Édition 2025 2.16 Emploi et chômage des jeunes, comparaisons européennes En 2023, le taux d’activité en France des 15‑29 ans est de 57 %, supérieur de 1 point à la moyenne de l’Union européenne (UE) figure 1. Cet écart provient d’une part de chômeurs parmi les jeunes supérieure en France à la moyenne européenne (8 % contre 6 %). La part de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET) est aussi légèrement plus élevée en France que dans l’UE (12 % contre 11 %). Les situations vis-à-vis de l’emploi et du chômage sont très contrastées selon les pays. En Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas, au Danemark, en Irlande et en Estonie, le taux d’activité des 15-29 ans est supérieur à celui de la France et les parts de chômeurs et de NEET y sont inférieures. La situation est inversée en Espagne et en Grèce. En 2023, l’écart de taux d’activité entre la France et la moyenne européenne est plus marqué pour les 25-29 ans (+3 points) que pour les 15-24 ans (+1 point). En France, les taux d’activité des 15-24 ans et des 25-29 ans se sont accrus depuis 2020, notamment du fait du recours croissant à l’apprentissage. En Allemagne, où l’apprentissage est depuis longtemps très développé, et au Danemark, où de nombreux jeunes effectuent des « petits boulots » pendant leurs études, le taux d’activité des 15-24 ans est nettement supérieur à celui de la France, alors que celui des 25-29 ans y est inférieur. Le taux d’activité des jeunes femmes est nettement inférieur à celui des jeunes hommes en France (-5 points pour les 15-29 ans en 2023) comme dans l’UE (-7 points, figure 2). Ces écarts de taux d’activité selon le sexe sont nuls ou presque nuls dans les pays scandinaves. Par rapport à 2016, l’écart a diminué de 2 points en France mais s’est presque stabilisé dans l’Union européenne. En France comme dans l’ensemble de l’UE, la part de jeunes femmes au chômage est inférieure de 1 point à celle des jeunes hommes. Quant à la part de NEET, elle est plus élevée pour les jeunes femmes que pour les jeunes hommes dans l’ensemble de l’UE (+2 points), mais ces parts sont très proches en France. Dans l’ensemble des pays de l’UE hormis la Roumanie, les jeunes femmes travaillent davantage à temps partiel que les jeunes hommes. Le travail à temps partiel est moins développé pour les jeunes en France (17 %) qu’en moyenne dans l’UE (24 %). Il est particulièrement répandu aux Pays-Bas et dans les pays scandinaves. Définitions Le taux d’activité est le rapport entre le nombre d’actifs et l’ensemble de la population correspondante. Il peut être calculé sur l’ensemble de la population d’un pays, mais on se limite le plus souvent à la population âgée de 15 à 64 ans, ou à une sous-catégorie de la population (femmes de 25 à 29 ans par exemple). La part de chômeurs est le rapport entre le nombre de chômeurs et la population totale correspondante. Un NEET (neither in employment nor in education or training) est une personne qui n’est ni en emploi, ni en études, ni en formation (formelle ou non formelle).
139 Insee Références – Édition 2025 – Fiche 2.16 – Emploi et chômage des jeunes, comparaisons européennes 1. Emploi et chômage des jeunes dans l’Union européenne par tranche d’âge en 2023 en % Pays Taux d’activité Part de chômeurs Part de NEET 15-24 ans 25-29 ans Ensemble 15-24 ans 25-29 ans Ensemble 15-24 ans 25-29 ans Ensemble Allemagne 54,0 85,8 65,8 3,2 3,4 3,3 7,5 11,1 8,8 Autriche 59,2 87,1 70,1 6,2 5,1 5,8 8,7 10,5 9,4 Belgique 31,6 84,2 49,9 5,1 7,1 5,8 6,7 15,1 9,6 Chypre 43,8 87,6 63,4 7,4 7,9 7,6 11,9 16,0 13,8 Danemark 64,5 83,3 71,3 7,4 6,9 7,2 7,1 11,2 8,6 Espagne 33,1 84,5 50,3 9,5 13,3 10,8 9,9 17,1 12,3 Estonie 43,7 91,1 60,2 7,5 5,9 7,0 9,6 9,5 9,6 Finlande 54,7 82,4 64,8 8,9 7,2 8,2 7,7 12,4 9,4 France1 42,5 87,2 56,6 7,3 8,6 7,7 10,5 16,3 12,3 Grèce 24,9 81,2 44,8 6,7 15,5 9,8 11,6 24,3 16,0 Hongrie 31,4 86,6 51,3 4,0 4,4 4,1 9,8 13,0 10,9 Irlande 53,9 86,6 64,3 5,7 5,0 5,5 6,5 12,9 8,5 Italie 26,4 71,4 41,6 6,0 8,8 7,0 12,7 22,7 16,1 Lettonie 34,9 85,7 51,0 4,3 6,1 4,9 7,2 16,1 10,0 Lituanie 35,8 89,5 53,0 4,9 5,8 5,2 13,5 13,5 13,5 Pays-Bas 83,4 90,0 85,7 6,9 3,6 5,7 3,3 7,6 4,8 Pologne 32,4 87,1 52,5 3,7 3,3 3,5 6,9 13,0 9,1 Portugal 35,3 89,4 53,6 7,2 8,4 7,6 7,9 11,0 8,9 Tchéquie 27,8 81,6 46,6 2,3 2,7 2,4 6,3 17,3 10,1 Roumanie 23,9 76,7 40,6 5,2 5,4 5,3 16,5 25,3 19,3 Suède 57,5 87,4 68,0 12,7 7,5 10,9 5,1 6,7 5,7 Union européenne 41,2 83,9 56,0 6,0 6,8 6,3 9,2 15,1 11,2 1 France hors Mayotte. Note : Les données de l’ensemble des pays sont dans le fichier en téléchargement associé à cette fiche. Lecture : En 2023, en France hors Mayotte, 7,3 % des 15-24 ans sont au chômage, 10,5 % ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET) et 42,5 % sont actifs (soit en emploi, soit au chômage). Champ : Union européenne, personnes âgées de 15 à 29 ans vivant en logement ordinaire. Sources : Instituts nationaux de statistique, Eurostat, enquêtes sur les forces de travail (extraction mai 2024). 2. Emploi et chômage des jeunes dans l’Union européenne par sexe en 2023 en % Pays Taux d’activité Part de chômeurs Part de NEET Part du temps partiel1 Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Ensemble Allemagne 62,6 68,6 2,9 3,7 10,3 7,4 34,1 20,2 26,6 Autriche 67,1 73,0 5,5 6,0 10,0 8,8 37,3 18,9 27,6 Belgique 48,1 51,7 4,9 6,7 9,5 9,8 35,7 17,7 26,4 Chypre 61,2 65,9 6,3 9,0 14,8 12,7 10,6 9,6 10,1 Danemark 71,3 71,3 7,4 7,1 8,9 8,3 55,3 36,9 45,9 Espagne 48,3 52,3 10,4 11,1 12,3 12,3 31,8 19,3 25,1 Estonie 60,1 60,2 7,3 6,8 8,9 10,2 27,4 13,6 20,5 Finlande 64,6 64,9 7,8 8,6 9,4 9,4 44,0 25,2 34,4 France2 54,1 59,0 7,1 8,3 12,5 12,2 23,4 11,3 17,1 Grèce 41,8 47,6 10,4 9,2 17,4 14,8 16,7 9,0 12,3 Hongrie 47,3 55,2 3,7 4,6 13,3 8,7 5,8 4,2 5,0 Irlande 63,6 64,9 4,9 6,1 8,7 8,3 38,0 27,1 32,4 Italie 35,8 47,1 6,5 7,3 17,8 14,4 34,3 15,0 22,9 Lettonie 47,7 54,1 3,7 6,0 10,5 9,6 10,9 6,7 8,7 Lituanie 51,5 54,5 4,3 6,1 14,1 13,0 16,0 5,6 10,6 Pays-Bas 84,7 86,6 5,6 5,9 5,6 4,0 64,5 49,5 56,8 Pologne 47,7 57,1 3,5 3,5 11,5 6,9 12,8 6,6 9,3 Portugal 52,2 54,9 7,4 7,8 8,9 9,0 15,7 10,4 13,0 Tchéquie 40,0 53,4 2,5 2,4 15,5 4,6 14,6 7,0 10,2 Roumanie 32,4 48,4 4,0 6,5 24,8 14,1 3,1 4,6 4,0 Suède 67,8 68,2 10,9 10,8 5,7 5,6 44,6 26,9 35,4 Union européenne 52,6 59,2 5,9 6,6 12,5 10,1 30,7 17,6 23,6 1 Parmi les salariés en emploi. 2 France hors Mayotte. Note : Les données de l’ensemble des pays sont dans le fichier en téléchargement associé à cette fiche. Lecture : En 2023, en France hors Mayotte, 54,1 % des femmes de 15 à 29 ans sont actives (soit en emploi, soit au chômage). Parmi celles en emploi, 23,4 % travaillent à temps partiel. Champ : Union européenne, personnes âgées de 15 à 29 ans vivant en logement ordinaire. Sources : Instituts nationaux de statistique, Eurostat, enquêtes sur les forces de travail (extraction mai 2024).
141 Fiches La formation tout au long de la vie
142 Formations et emploi – Insee Références – Édition 2025 3.1 Formation des adultes En France en 2022, 47 % des personnes âgées de 18 à 69 ans sorties de formation initiale ont suivi au moins une formation au cours des douze derniers mois figure 1. 47 % ont suivi une formation non formelle, qui ne conduit pas à l’obtention d’un diplôme ou d’un titre reconnu. En particulier, 36 % des personnes ont suivi une formation non formelle à but professionnel. Seule une minorité des personnes (1 %) ont suivi une formation formelle, qui mène à un diplôme ou à un titre reconnu. Il s’agit essentiellement de jeunes adultes qui reprennent des études après une interruption de plus d’un an. Les personnes en emploi à la date de l’enquête se sont plus formées au cours des douze derniers mois (57 %) que celles au chômage (43 %) ou inactives (21 %). L’écart est particulièrement marqué pour les formations non formelles à but professionnel : respectivement 49 %, 28 % et 5 %. Les personnes se déclarant au chômage ou inactives au moment de l’enquête ont pu suivre ces formations à un moment où elles étaient en emploi. En tenant compte du statut d’activité au moment de l’entrée en formation, l’accès à la formation des chômeurs est moindre : 23 % ont suivi une formation non formelle à but professionnel. L’accès à la formation est plus faible à la fin de la vie active : en 2022, 57 % des 25‑44 ans ont participé à au moins une formation sur l’année, contre 35 % des 55‑64 ans et 20 % des 65‑69 ans. La diminution est plus nette pour les seules formations non formelles à but professionnel, auxquelles l’accès est maximal entre 35 et 44 ans, avant de décliner aux âges où les personnes sont moins souvent en emploi. Les femmes se forment globalement autant que les hommes. Cependant, en raison du taux d’inactivité plus fort chez les femmes, l’accès des hommes aux formations non formelles à but professionnel est légèrement supérieur à celui des femmes (38 % contre 35 %). L’accès à la formation augmente nettement avec le niveau de diplôme : 75 % des personnes diplômées d’un bac+5 ou plus ont suivi au moins une formation, contre 22 % des personnes ayant au plus le brevet des collèges. Notamment, le taux d’accès aux formations non formelles à but professionnel est quatre fois plus élevé pour les diplômés de niveau bac+5 ou plus (62 %) que pour les personnes peu ou pas diplômées (15 %). Parmi les formations non formelles à but professionnel, les caractéristiques des formations suivies diffèrent selon l’activité des personnes à leur entrée en formation. Les formations sont notamment beaucoup plus longues pour les chômeurs : 42 % durent plus de 60 heures, contre 6 % de celles suivies par les personnes en emploi figure 2. Par ailleurs, 65 % des formations suivies par les chômeurs sont à leur initiative et 24 % à celle du service public de l’emploi, alors que pour les salariés, elles sont majoritairement à l’initiative de l’employeur (68 % des cas dans le public, 74 % dans le privé). Seules 24 % des formations non formelles suivies dans un but professionnel par des actifs mènent à une certification (non diplômante). Cette part atteint 38 % pour les formations suivies par des chômeurs. Enfin, 2 % des formations non formelles suivies par des personnes en emploi dans un but professionnel sont financées par le Compte personnel de formation (CPF), et 8 % sont financées en totalité ou en partie par le stagiaire. Les chômeurs mobilisent plus souvent le CPF (13 % des cas) et participent plus souvent au financement de leur formation (19 %). Définitions Sortie de formation initiale, formation, formation non formelle, formation formelle : voir Glossaire. Pour en savoir plus « Un recours plus fréquent à la formation en 2022 pour les personnes en emploi et les plus diplômées », Insee Première no 1994, avril 2024.