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98 Formations et emploi – Insee Références – Édition 2025 1.3 Diplômes de l’enseignement supérieur En 2022, 785 000 diplômes de l’enseignement supérieur ont été délivrés, soit 2,5 % de moins que l’année précédente    figure 1. Ce premier recul depuis 2007 provient essentiellement du repli du nombre de diplômes de licence et de brevet de technicien supérieur (BTS). Le nombre de diplômes avait fortement augmenté lors des sessions de 2020 et 2021, dont les conditions d’examens avaient été aménagées dans le contexte de la crise sanitaire. Depuis le passage aux formations Licence‑master‑doctorat (LMD), le nombre de diplômes délivrés dans l’enseignement supérieur avait augmenté chaque année, passant de 575 000 en 2007 à 805 000 en 2021. Malgré le repli en 2022, le nombre de diplômes délivrés excède de 37 % celui de 2007 (210 000 diplômes supplémentaires). Ce sont les écoles de commerce qui ont connu la plus forte croissance avec 2,3 fois plus de diplômés en 2022 qu’en 2007. Sur plus longue période, le nombre de diplômes délivrés s’est accru pour chacune des principales filières suivies depuis 1985    figure 2. De façon générale, cette hausse trouve son origine à la fois dans la forte augmentation du nombre de bacheliers et dans les politiques publiques favorisant l’accès à l’enseignement supérieur et la poursuite d’études. En particulier, le nombre de diplômes de BTS a été multiplié par 4,4 entre 1985 et 2022, sous l’effet de la réforme du baccalauréat professionnel et des mesures pour permettre à ces bacheliers de poursuivre leurs études, principalement vers les sections de technicien supérieur (STS). L’augmentation du nombre de diplômes universitaires de niveau bac+3 et bac+5 a aussi été forte depuis 1985, dans un contexte d’accès croissant aux études supérieures, d’allongement de leur durée et de recomposition de l’offre universitaire. En particulier, depuis la réforme LMD de 2002, les Deug de niveau bac+2 et les maîtrises de niveau bac+4 ont disparu, les étudiants étant encouragés à poursuivre leurs études une année de plus, jusqu’en licence (bac+3) ou en master (diplôme unique de second cycle, bac+5). Le nombre de diplômes de bac+5 délivrés a ainsi été multiplié par 5,6 entre 1985 et 2022. Dans le même temps, le nombre de diplômes d’écoles d’ingénieurs a été multiplié par 3,3 et celui des écoles de commerce par 6,0, porté par le développement de l’enseignement supérieur privé. Certaines filières d’études supérieures restent fortement genrées    figure 3. En 2022 comme en 2005, les femmes représentent une très forte majorité des diplômés des écoles paramédicales et sociales (86 % en 2022, contre 84 % en 2005). Parmi les diplômés de santé des universités, les femmes sont aussi majoritaires et cette tendance s’accentue (65 % en 2022, contre 57 % en 2005). Les femmes restent plus nombreuses parmi les diplômés de licence générale et, dans une moindre mesure, dans les spécialités des services en STS. A contrario, elles demeurent fortement minoritaires dans les spécialités de production parmi les diplômés de BTS ou de diplômes universitaires de technologie (DUT), même si la part de diplômées dans les DUT de production est passée de 23 % en 2005 à 27 % en 2022. Les femmes restent aussi minoritaires parmi les diplômés des formations d’ingénieurs (28 %), leur part y a progressé de 3 points entre 2005 et 2022. La part de femmes a davantage augmenté en licence professionnelle : +6 points depuis 2005, pour atteindre 48 % en 2022.   Définitions Depuis la rentrée scolaire de 2003, le système LMD, fondé sur la licence, le master et le doctorat, a progressivement remplacé le Deug, la maîtrise, le diplôme d’études approfondies (DEA) et le diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS). La licence est un diplôme de niveau bac+3, le master de niveau bac+5 et le doctorat de niveau bac+8. Ce schéma « 3‑5‑8 » répond à la volonté d’harmonisation initiée par le Processus de Bologne pour faciliter les mobilités internationales des étudiants. Il tend aussi à se diffuser dans les filières de l’enseignement supérieur non rattachées aux universités.  Pour en savoir plus • Repères et références statistiques, Depp, édition 2024. • L’État de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en France 2024, MESR, juin 2024. • « Parcours et réussite en licence : les résultats de la session 2022 », Note flash du Sies no 26, MESR, novembre 2023.

99 Insee Références – Édition 2025 – Fiche 1.3 – Diplômes de l’enseignement supérieur  1. Nombre de diplômes du supérieur délivrés depuis 1985 en milliers Diplôme 1985 1990 2000 2005 2010 2015 2019 2020 2021 2022 BTS, dont : nd nd nd 112 123 133 139 161 158 142   Hors BTS agricoles 30 53 94 103 114 122 127 147 146 129 DUT 23 28 47 46 47 48 49 51 51 50 Deug‑Deust 60 87 125 48 1 1 1 1 1 1 Licences 49 71 135 59 /// /// /// /// /// /// Licences LMD hors licences professionnelles /// /// /// 83 117 128 146 164 171 157 Licences professionnelles /// /// /// 24 44 49 48 48 49 48 Maîtrises 35 51 94 44 /// /// /// /// /// /// DESS‑DEA 26 33 56 29 /// /// /// /// /// /// Masters LMD /// /// /// 57 104 126 134 140 141 144 Doctorats (y compris habilitations à diriger des recherches (HDR)) 7 7 10 10 13 14 13 11 11 12 Diplômes de santé délivrés par les universités (y compris LMD) 26 17 13 19 25 34 34 36 38 39 Diplômes d’écoles d’ingénieurs 13 16 25 28 29 34 39 41 41 43 Diplômes d’écoles de commerce1, dont : nd nd nd nd 33 44 49 50 59 64   Hors apprentissage et formation continue 7 12 18 26 29 36 38 36 43 44 Diplômes d’écoles paramédicales et sociales nd nd nd 39 41 46 46 49 45 46 Diplômes d’autres écoles (vétérinaires, journalistes, culture, etc.) nd nd nd nd 32 38 38 39 40 40 Ensemble des diplômes délivrés nd nd nd nd 609 695 736 791 805 785 nd : non disponible ; /// : diplôme inexistant à cette date. 1 Calculs Sies. Note : La hausse du nombre de diplômes est due en partie à une extension en 2017 de la couverture de la collecte. Lecture : En 2022, 142 000 BTS ont été délivrés en France. Champ : France hors Mayotte avant 2011, France à partir de 2011, hors titres inscrits au Répertoire national des certifications professionnelles. Sources : MESR‑Sies, Système d’information du suivi de l’étudiant SISE et MEN-Depp, données de scolarité.  2. Évolution du nombre de diplômes du supérieur délivrés depuis 1985 dans les principales filières 100 200 300 400 500 600 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2022 indice base 100 en 1985 BTS (hors BTS agricoles) Diplômes d’écoles de commerce (hors apprentissage et formation continue) Université bac+3 (licence) Diplômes d’écoles d’ingénieurs Université bac+5 (DEA, DESS, master) Ensemble des diplômes du supérieur1 1 Les diplômes des écoles paramédicales, sociales, vétérinaires, juridiques, artistiques, culturelles, etc., ainsi que les diplômes d’école de commerce en apprentissage et en formation continue n’étant pas disponibles depuis 1985, ils ne sont pas dénombrés ici. Cela représentait en 2022 environ 100 000 diplômes, soit près de 13 % de l’ensemble des diplômes délivrés. La baisse de l’ensemble des diplômes délivrés dans le supérieur à partir de 2004 s’explique par la disparition des Deug et des maîtrises. Lecture : Le nombre de diplômes d’université de niveau bac+3 a augmenté de 319 % entre 1985 et 2022 (indice 419, base 100 en 1985). Champ : France hors Mayotte avant 2011, France à partir de 2011, hors titres inscrits au Répertoire national des certifications professionnelles. Sources : MESR‑Sies, Système d’information du suivi de l’étudiant SISE et MEN-Depp, données de scolarité.  3. Part des femmes parmi les diplômés du supérieur selon la filière 10 20 30 40 50 60 70 80 90 BTS Production1 DUT Production Diplômes d'écoles d'ingénieurs Doctorats (y compris HDR3) Licences professionnelles Diplômes d'écoles de commerce2 DUT Services BTS Services1 DESS-DEA-masters LMD Licences (hors licences professionnelles) Diplômes de santé des universités (y compris LMD) Diplômes d'écoles paramédicales et sociales 2022 2005 en % 1 Y compris BTS agricoles.  2 Hors formation continue et apprentissage.  3 Habilitations à diriger des recherches. Lecture : En 2022 en France, 86 % des diplômés d’écoles paramédicales et sociales sont des femmes. Champ : France hors Mayotte en 2005, France en 2022, hors titres inscrits au Répertoire national des certifications professionnelles. Sources : MESR‑Sies, Système d’information du suivi de l’étudiant SISE et MEN-Depp, données de scolarité.

100 Formations et emploi – Insee Références – Édition 2025 1.4 Apprentis en formation Fin 2023, 1 021 500 jeunes sont apprentis    figure 1. Dans la classe d’âge des 16 à 29 ans, 8,6 % des jeunes suivent une formation en apprentissage. Sous l’impulsion de la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » de 2018, puis avec la mise en place des aides exceptionnelles à l’été 2020 dans le cadre du plan « 1 jeune 1 solution », le nombre d’apprentis a plus que doublé entre 2019 et 2023. Cette loi a relevé le plafond d’âge à 29 ans sauf exceptions (contre 25 ans auparavant), modifié les aides destinées aux employeurs et simplifié les conditions de création et de fonctionnement des centres de formation d’apprentis. Depuis les années 1980, la formation sous contrat d’apprentissage s’était développée par étapes via l’extension de son champ. À la suite de la loi Séguin de 1987, alors qu’elle était auparavant limitée au seul certificat d’aptitude professionnelle (CAP), elle s’est progressivement étendue à l’ensemble des niveaux de formation. Ainsi, entre 1992 et 2012, le nombre d’apprentis a doublé. Après avoir reculé en 2013 et 2014, du fait de la baisse des apprentis en CAP, l’effectif d’apprentis s’était stabilisé en 2015 autour de 405 000, avant de repartir à la hausse en 2016. Parmi l’ensemble des diplômes préparés par les apprentis, la part du CAP a fortement diminué passant de 81 % en 1992 à 19 % en 2023. Par ailleurs, en 2023, 16 % des apprentis préparent un baccalauréat professionnel ou un diplôme de niveau équivalent. Enfin, 62 % des apprentis (contre 2 % en 1992) préparent un diplôme du supérieur : 23 % un BTS, DUT ou équivalent de niveau bac+2, 16 % une licence, un BUT ou équivalent de niveau bac+3, et 23 % un diplôme de niveau bac+5 ou plus. La part des apprentis préparant un diplôme du supérieur long (bac+3 ou plus) a fortement augmenté depuis 2018, de 19 points. Les apprentis sont plus nombreux parmi les garçons âgés de 15 à 19 ans que parmi les filles du même âge (12,1 % contre 6,4 % en 2023)    figure 2. En revanche, parmi les jeunes de 20 à 24 ans, après s’en être rapprochée depuis 2020, la part d’apprentis parmi les femmes est égale à celle des hommes en 2023 (12,7 %). Parmi les 25‑29 ans, il y a également autant d’apprenties que d’apprentis (2,6 % en 2023). Le recours à l’apprentissage varie fortement d’une région à l’autre. En 2023, en France, la part des jeunes de 15 à 19 ans en apprentissage est de 9,3 %    figure 3. Elle est plus faible dans les départements d’outre‑mer, où elle varie de 0,7 % à Mayotte à 6,4 % à La Réunion, ainsi qu’en Île‑de‑France (6,4 %). En revanche, elle est égale ou supérieure à 12,0 % en Bourgogne‑Franche‑Comté, Normandie et dans les Pays de la Loire, où la formation professionnelle et l’apprentissage sont plus développés dans le secondaire. La localisation des apprentis parmi les 20‑24 ans est assez différente. Leur part est particulièrement élevée en Provence‑Alpes‑Côte d’Azur, à La Réunion et en Île‑de‑France où elle varie de 14,3 % à 18,1 %, pour une moyenne nationale de 12,7 %. En Île‑de‑France, où prédomine l’enseignement général, l’apprentissage est plus développé au‑delà du baccalauréat. Enfin, chez les 25‑29 ans, ce sont les mêmes régions que chez les 20‑24 ans qui concentrent le plus d’apprentis.   Définitions BTS, DUT, BUT : voir Glossaire.  Pour en savoir plus • L’état de l’École, Depp, édition 2024. • Repères et références statistiques, Depp, édition 2024. • « L’apprentissage au 31 décembre 2023 », Note d’information no 24.28, Depp, juillet 2024.