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82 Formations et emploi – Insee Références – Édition 2025 Des actions du PIC ont par ailleurs été mises en œuvre afin de mieux adapter la formation aux besoins des entreprises et contribuer à diminuer leurs difficultés de recrutement, notamment dans le cadre du plan de réduction des tensions de recrutement de 2021. Il s’agissait de réduire les barrières à l’embauche pour certains métiers qui sont difficiles d’accès pour les personnes n’ayant pas la formation requise, causant ainsi de la tension sur le marché du travail. La part des formations menant à des métiers en tension pour « manque de compétences », quoique faible, a légèrement augmenté au cours de la période (de 18,9 % à 20,5 % entre 2019 et 2022). Cependant, il semble difficile d’orienter les publics fragiles vers ces formations qui restent sélectives et ciblées sur des métiers qualifiés. La formation accroît le retour à l’emploi Vue comme un remède au chômage structurel, la formation accroît effectivement le retour à l’emploi. Une étude menée pour l’évaluation du PIC [Chabaud et al., 2022] montre que les personnes ayant bénéficié d’une formation accèdent plus fréquemment à l’emploi dans les deux ans après le début de celle‑ci que les autres personnes avec des caractéristiques socioéconomiques similaires. De plus, l’emploi retrouvé est souvent assorti d’un caractère durable (CDI ou CDD de plus de six mois). Plusieurs travaux mettent également en avant le rôle de la formation dans les transitions professionnelles. Une étude par test de correspondance, qui consiste à envoyer des candidatures fictives de personnes en recherche d’emploi, réalisée sur quelques métiers en tension, suggère que des candidats en reconversion professionnelle ayant suivi une formation longue et certifiante auraient globalement les mêmes chances de se voir proposer un entretien que ceux ayant un niveau de  3. Part des demandeurs d’emploi ayant accédé à la formation¹ dans les 12 mois suivant l’inscription à France Travail, par date d’inscription et niveau de diplôme date d'inscription à France Travail Ensemble des formations Formations (hors CPF autonome) Formations (hors CPF autonome) – Public de niveau inférieur au baccalauréat Formations (hors CPF autonome) – Public de niveau baccalauréat ou plus 6 8 10 12 14 16 en % T1 2017 T2 2017 T3 2017 T4 2017 T1 2018 T2 2018 T3 2018 T4 2018 T1 2019 T2 2019 T3 2019 T4 2019 T1 2020 T2 2020 T3 2020 T4 2020 T1 2021 T2 2021 T3 2021 T4 2021 1 Formations de personnes indemnisées par l’assurance chômage, rémunérées ou bénéficiant d’une protection sociale au titre de leur formation. Les programmes nationaux ne sont pas inclus dans le champ considéré ici. Lecture : 10,1 % des demandeurs d’emploi inscrits à France Travail (ex‑Pôle emploi) au quatrième trimestre 2021 ont accédé à une formation (hors Compte personnel de formation autonome) dans les 12 mois suivant leur inscription. Champ : France, demandeurs d’emploi inscrits à France Travail. Source : Dares, ForCE (juillet 2023).

83 Insee Références – Édition 2025 – Éclairages – Plan d’investissement dans les compétences : un programme d’ampleur... diplôme et une expérience en lien avec l’emploi proposé. D’autres travaux suggèrent que la formation permet plus facilement aux demandeurs d’emploi d’occuper des métiers éloignés, en termes de compétences, du métier qu’ils exerçaient avant la période de chômage. La formation n’a pas les mêmes bénéfices sur le retour à l’emploi selon les caractéristiques des personnes en recherche d’emploi. L’effet est plus marqué pour les seniors par rapport aux autres classes d’âge et pour les personnes ayant un niveau de diplôme inférieur au baccalauréat par rapport à celles ayant un diplôme plus élevé. Enfin, dernier axe stratégique du PIC, la transformation qualitative du système de formation reste difficile à évaluer, dans un contexte marqué par plusieurs réformes de la formation professionnelle et par un choc sanitaire inédit. Autrices : Anne Bucher (Dares) Isabelle Terraz (Dares) Définitions Le Compte personnel de formation (CPF) est un dispositif qui permet à toute personne active d’acquérir des droits à la formation mobilisables tout au long de sa vie professionnelle, dès son entrée sur le marché du travail et jusqu’à la date à laquelle elle fait valoir ses droits à la retraite. Le CPF autonome correspond dans cet éclairage au cas où les demandeurs d’emploi financent leur formation en mobilisant leur Compte personnel de formation, sans bénéficier d’un cofinancement de la part de France Travail. La tension sur le marché du travail se définit comme un excès de demande de travail, traduisant les difficultés de recrutement que peuvent rencontrer les entreprises pour certains métiers. Source Le dispositif ForCE, produit par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles et France Travail, apparie quatre fichiers statistiques : le fichier historique des demandeurs d’emploi, la base des jeunes suivis en mission locale, la base régionalisée des stagiaires de la formation professionnelle et la base des mouvements de main‑d’œuvre issue des déclarations sociales nominatives. Il vise à reconstruire les trajectoires professionnelles de toutes les personnes ayant eu un contact avec le service public de l’emploi ou ayant suivi une formation professionnelle prise en charge totalement ou partiellement par les pouvoirs publics. Pour en savoir plus • Arbeláez Ayala A., Bucher A., Lima L., Morel M., Sanchez P., Sibille L., Terraz I., « Quatrième rapport du comité scientifique de l’évaluation du Plan d’investissement dans les compétences », Dares, décembre 2023. • Arbeláez Ayala A., Bucher A., Givord P., Lima L., Morel M., « Troisième rapport du comité scientifique de l’évaluation du Plan d’investissement dans les compétences », Dares, novembre 2022. • Chabaud M., Bucher A., Givord P., Louvet A., « Quelles sont les chances de retour à l’emploi après une formation ? », Document d’études no 261, Dares, août 2022. • Dares, « Évaluation du déploiement du Plan d’investissement dans les compétences à l’échelle régionale », septembre 2024. • Niang M., Bergeat M., Parent G., « Comment mesurer les tensions sur le marché du travail ? », Document d’études no 252, Dares, septembre 2021. • Pisani‑Ferry J., « Le grand plan d’investissement 2018‑2022 », rapport au premier ministre, septembre 2017.

85 Insee Références – Édition 2025 – Éclairages – Mesurer précisément l’insertion des sortants de formation initiale... Mesurer précisément l’insertion des sortants de formation initiale : les dispositifs InserJeunes et InserSup Deux dispositifs récents permettent de documenter la poursuite d’études et l’insertion en emploi à l’issue de formations professionnelles en lycées et centres de formation des apprentis d’une part, avec InserJeunes, et de formations en établissements de l’enseignement supérieur d’autre part, avec InserSup. Conçus à partir de sources administratives, ils remplacent en partie des enquêtes préexistantes et permettent de diffuser une information exhaustive à un niveau très fin, en particulier des taux d’insertion en emploi par établissement tous les 6 mois et jusqu’à 24 mois après la sortie de formation initiale pour InserJeunes et 30 mois pour InserSup. Ces taux ne sont pas directement comparables à ceux publiés à partir des enquêtes, en raison de la nature des données collectées, administratives et non plus déclaratives, du champ restreint au seul emploi salarié en France et de la date d’observation. Les dispositifs évoluent cependant depuis leur mise en place, de sorte à couvrir un champ de plus en plus étendu. Depuis quelques années, la poursuite d’études et l’insertion dans l’emploi salarié sont mesurées par deux dispositifs : InserJeunes, qui se concentre sur l’issue des formations professionnelles en lycées et centres de formation des apprentis, et InserSup, qui porte quant à lui sur les situations à l’issue de formations en établissements de l’enseignement supérieur. Ces dispositifs permettent de mettre à disposition des futurs élèves, apprentis ou étudiants, des statistiques sur les différentes formations proposées, et les établissements dans lesquels elles sont dispensées, afin de choisir leur orientation de la manière la plus éclairée possible. Les résultats diffusés à partir de ces dispositifs sont également utiles aux chefs d’établissements, ainsi qu’à différents acteurs publics. La mesure de l’insertion professionnelle s’effectuait historiquement à partir d’enquêtes directes auprès des sortants Pour les sortants du secondaire et des STS, deux enquêtes (Insertion dans la vie active (IVA) et Insertion professionnelle des apprentis (IPA)) étaient menées depuis le début des années 1990 par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) auprès des élèves et apprentis via les établissements d’enseignement concernés. Ces enquêtes s’adressaient à tous les jeunes sortants d’une dernière année d’apprentissage ou de formation professionnelle en lycée. Leur questionnaire, court, collectait des informations sur différents aspects de l’insertion professionnelle 7 mois après la fin de la formation : situation en emploi ou non, type de contrat et caractéristiques de l’employeur le cas échéant. Le taux de réponse de ces enquêtes avoisinait 50 %, ce qui limitait leur exploitation à un niveau fin. Pour les sortants du supérieur (hors STS), une enquête lancée par la Sous‑direction des systèmes d’information et études statistiques (Sies) en 2009 est toujours menée et administrée par les universités (Insertion professionnelle des diplômés de l’université (IP)). L’enquête porte sur les diplômés de DUT, de licence professionnelle et de master. Son objectif est d’observer la situation professionnelle, 18 et 30 mois après l’obtention du diplôme, des diplômés français issus de la formation initiale n’ayant pas poursuivi ou repris d’études dans les deux années suivant l’obtention de leur diplôme. Dans le même temps, une enquête sur l’insertion professionnelle des docteurs (IP Doc) permet d’évaluer leur situation professionnelle, 12 et 36 mois après l’obtention de leur diplôme. Le taux de réponse à l’enquête IP est de près de 70 % pour les licences professionnelles et les masters, mais de 35 % pour les DUT et celui de l’enquête IP Doc est de 60 %.

86 Formations et emploi – Insee Références – Édition 2025 Une exploitation des sources administratives pour mesurer finement l’insertion avec InserJeunes et InserSup En 2018, la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » dispose que des données détaillées sur le parcours scolaire et l’insertion dans l’emploi des jeunes soient publiées, afin de permettre notamment aux jeunes de choisir l’établissement et la formation vers lesquels ils souhaitent s’orienter à partir de données objectives et recouvrant l’ensemble du territoire. Les enquêtes préexistantes ne permettant pas de fournir des indicateurs à un niveau aussi fin, le dispositif InserJeunes a été mis en place par la Depp et la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) en 2019, puis le dispositif InserSup par le Sies, avec le concours de la Dares, en 2023 [Aubry et al, 2024a]. Ils ont donné lieu à de premières publications respectivement en 2021 et en 2023. Avec ces deux dispositifs, les données exhaustives relatives à la scolarité et à la réussite aux examens et diplômes des élèves, apprentis ou étudiants sont mises en relation avec des données sur l’insertion dans l’emploi salarié en France. Les informations sur ces contrats sont recueillies chaque mois dans les déclarations sociales nominatives (DSN) des établissements employeurs du secteur privé (depuis 2017) et de la fonction publique (depuis 2022). Les champs des populations couvertes par les dispositifs sont complémentaires. D’une part, InserJeunes couvre les niveaux du CAP au BTS pour les apprentis, les élèves de lycée professionnel et les étudiants. Ces derniers peuvent relever des secteurs public ou privé sous contrat du ministère chargé de l’éducation nationale ou du ministère chargé de l’agriculture. D’autre part, InserSup couvre, fin 2024, les masters LMD, les masters enseignement, les licences professionnelles et générales, les diplômes d’ingénieurs et les diplômes de management des universités, grands établissements, écoles d’ingénieurs et écoles de management relevant du ministère chargé de l’enseignement supérieur. Les processus sont composés de deux étapes principales. Dans un premier temps, il s’agit d’identifier au sein des inscrits en dernière année de formation les jeunes poursuivant leurs études l’année suivante (InserJeunes), ou dans les deux années suivant l’obtention de leur diplôme (InserSup). Ceux qui ne poursuivent pas leurs études, au vu des bases de données comprenant l’intégralité des inscrits en formation, sont qualifiés de « sortants ». Un deuxième temps est consacré à l’appariement, pour cette population de sortants, avec des données d’emploi salarié pour identifier les jeunes occupant un emploi salarié en France à l’issue de leur formation. L’indicateur diffusé principalement est le taux d’emploi, qui rapporte le nombre de personnes en emploi à la population des sortants de formation. Un meilleur suivi des sortants dans le temps, mais une prise en compte parfois limitée de l’emploi et des études Le principal avantage d’InserJeunes et InserSup est d’offrir l’exhaustivité de la population concernée et des diplômes et formations. L’exploitation de l’information peut donc se faire à tous les niveaux géographiques, jusqu’à celui des établissements. Elle peut aussi se faire à un niveau très détaillé de diplôme préparé. Par ailleurs, l’observation de l’insertion après la sortie de formation est plus fréquente, contre une ou deux mesures seulement via les enquêtes, et les premières données sont disponibles 12 mois plus tôt. Elle allège la charge d’enquête des établissements qui étaient les relais des anciennes collectes ainsi que celle des enquêtés. Ces dispositifs renseignent ainsi pour chaque établissement sur la poursuite d’études et l’insertion en emploi, avec un descriptif plus précis du type d’emploi occupé, notamment la nature du contrat. Ces informations continuent de s’enrichir avec de nouvelles données, comme les rémunérations qui ont été ajoutées fin 2024. À titre illustratif, InserJeunes permet de mesurer en juillet 2024 que parmi les lycéens professionnels et les étudiants en année terminale d’une formation de niveau CAP à BTS en 2021 qui n’ont pas poursuivi leurs études, 41 % étaient en emploi salarié privé 6 mois après leur sortie de lycée et 55 % 2 ans après    figure 1. L’insertion en emploi est plus forte après un BTS (65 % 2 ans après la sortie), et plus faible après un CAP (40 %), [Jounin et al, 2024a et 2024b]. Selon InserSup, en juillet 2024, 12 mois après l’obtention de leur diplôme en 2022, 59 % des diplômés français d’une licence générale, et 73 % pour un master hors enseignement, occupaient un emploi salarié en France, en augmentation de 3 et 10 points par rapport aux taux observés 6 mois après le diplôme    figure 2. Ce taux cessait d’augmenter ensuite, entre 12 et 18 mois après le diplôme, [Aubry et al, 2024b et 2024c].