RPM24.pdf

Type: Document | Status: ready

120 Revenus et patrimoine des ménages – Insee Références – Édition 2024 1.22 Niveau de vie et pauvreté par catégorie de communes Au niveau local, les statistiques sur la pauvreté et les niveaux de vie sont calculées à partir du dispositif Filosofi pour disposer de données suffisamment précises. Cette source diffère de la source ERFS qui fait référence pour le calcul des statistiques nationales    sources. En 2021, la moitié de la population de la France métropolitaine, la Martinique et La Réunion a un niveau de vie annuel supérieur à 23 000 euros et 15,3 % est pauvre d’après le dispositif Fichier localisé social et fiscal    figure 1. Les disparités de niveau de vie et de pauvreté varient selon l’éloignement par rapport au centre de l’aire d’attraction des villes et selon la taille de cette aire. Les niveaux de vie médians sont plus faibles dans les pôles que dans les couronnes et, au sein des pôles, plus bas dans les communes‑centres que dans les autres communes, sauf dans l’aire d’attraction de Paris. Pour chacune de ces catégories de communes, ils sont plus élevés dans les plus grandes aires d’attraction. Les niveaux de vie médians sont les plus élevés dans la commune de Paris (29 730 euros). Les inégalités de niveau de vie augmentent avec la taille de l’aire. Elles sont les plus fortes dans les pôles, en particulier dans les communes‑centres : le 1er décile de niveau de vie y est le plus bas de toutes les catégories de communes. Ainsi, 19,4 % des personnes vivant dans un pôle sont pauvres, contre 10,7 % dans les couronnes. Quelle que soit la taille de l’aire, le taux de pauvreté est bien plus élevé dans le pôle que dans la couronne (jusqu’à deux fois plus dans les aires de plus de 50 000 habitants). La pauvreté est particulièrement élevée dans les communes‑centres, où un habitant sur cinq est pauvre. L’intensité de la pauvreté y est également plus forte que dans les autres catégories de communes. Dans les aires de moins de 50 000 habitants, la population des pôles est moins pauvre que dans les plus grands pôles (sauf Paris) et les différences de taux de pauvreté entre pôles et couronnes y sont moindres. Les niveaux de vie médians varient sensiblement d’une aire d’attraction à l’autre selon leur localisation. Ils sont les plus élevés dans les aires qui bordent la Suisse, où travaillent de nombreux frontaliers (32 620 euros dans l’aire de Morteau et 32 570 euros dans la partie française de l’aire de Genève ‑ Annemasse)    figure 2. À l’inverse, les niveaux de vie médians les plus faibles sont dans les départements d’outre‑mer et dans les aires de la région Hauts‑de‑France, notamment celles de Bohain‑en‑Vermandois, Bruay‑la‑Buissière, et Fourmies. Les différences sont également notables en matière de pauvreté. Le taux de pauvreté est inférieur à 6 % dans les aires de Morteau dans le Doubs et de Cugand en Vendée, mais dépasse 30 % dans l’aire de Bohain‑en‑Vermandois, dans deux des trois aires de la Martinique et dans toutes celles de La Réunion. Hors aires d’attraction des villes, le niveau de vie médian, le rapport interdécile D9/D1, le taux de pauvreté et l’intensité de la pauvreté sont plus faibles qu’au niveau national. Pour la pauvreté et l’intensité de la pauvreté, ces territoires sont dans des situations intermédiaires entre les pôles et les couronnes.   Définitions Le taux de pauvreté correspond au pourcentage de la population dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian de France métropolitaine, même si le dispositif Filosofi couvre aussi La Réunion et la Martinique. Niveau de vie, pauvreté monétaire, aires d’attraction des villes, médiane, pôles, couronnes, décile, intensité de la pauvreté, rapport interdécile D9/D1 : voir Glossaire.  Pour en savoir plus • « Principaux résultats sur les revenus et la pauvreté des ménages en 2021 », Insee Résultats, janvier 2024. • « Un niveau de vie et des disparités de revenus plus élevés en Île‑de‑France et dans les communes denses », Insee Focus n° 196, juin 2020.  Sources Filosofi, ERFS : voir annexe Sources et méthodes.

121Insee Références – Édition 2024 – Fiche 1.22 – Niveau de vie et pauvreté par catégorie de communes

  1. Niveau de vie et pauvreté en 2021 selon la catégorie de communes et la taille des aires d’attraction des villes Territoire Niveau de vie annuel (en euros) Indicateurs d’inégalités et de pauvreté 1er décile (D1) Médian 9e décile (D9) Rapport interdécile D9/D1 Taux de pauvreté (en %) Répartition de la population pauvre (en %) Intensité de la pauvreté (en %) Aire de Paris Pôles, dont : 11 120 24 870 51 750 4,7 17,3 18,0 24,0  Commune-centre 11 240 29 730 71 610 6,4 15,6 3,1 27,5  Autres communes en pôle 11 100 24 070 47 300 4,3 17,7 14,9 23,3 Couronnes 13 950 25 600 42 890 3,1 9,8 2,5 20,2 Aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris) Pôles, dont : 10 860 22 730 42 780 3,9 19,4 12,5 22,4  Commune-centre 10 220 22 130 43 600 4,3 22,1 7,1 23,5  Autres communes en pôle 11 570 23 260 42 030 3,6 16,7 5,4 21,1 Couronnes 14 050 25 240 43 630 3,1 9,5 6,3 19,3 Aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants Pôles, dont : 10 590 21 230 39 270 3,7 21,3 14,4 21,9  Commune-centre 10 150 20 630 38 970 3,8 23,6 10,3 22,5  Autres communes en pôle 11 560 22 270 39 770 3,4 17,2 4,1 20,5 Couronnes 13 390 23 820 39 640 3,0 11,2 9,3 19,3 Aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants Pôles, dont : 10 600 20 460 36 570 3,4 22,2 10,5 21,0  Commune-centre 10 510 20 390 36 710 3,5 22,7 9,0 21,1  Autres communes en pôle 11 140 20 840 35 890 3,2 19,7 1,5 19,9 Couronnes 13 530 23 070 37 140 2,7 10,9 8,0 18,2 Aire de moins de 50 000 habitants Pôles, dont : 11 460 21 040 35 660 3,1 18,1 7,5 19,7  Commune-centre 11 340 20 870 35 390 3,1 18,7 6,8 19,7  Autres communes en pôle 12 440 22 110 37 370 3,0 14,2 0,8 19,2 Couronnes 13 050 22 340 36 020 2,8 12,2 4,6 18,9 Pôles, dont : 10 910 22 280 43 300 4,0 19,4 62,9 22,1  Commune-centre 10 580 21 450 42 320 4,0 21,1 36,3 22,1  Autres communes en pôle 11 320 23 270 44 220 3,9 17,4 26,6 22,0 Couronnes 13 560 23 840 39 810 2,9 10,7 30,7 19,0 Communes hors attraction des pôles 12 220 21 700 35 870 2,9 14,9 6,4 19,7 Ensemble 11 960 23 000 41 180 3,4 15,3 100,0 20,9 Note : Le seuil de pauvreté est calculé à partir du niveau de vie médian métropolitain. Lecture : Dans lʼaire d’attraction de Paris, la moitié de la population vivant dans le pôle a un niveau de vie annuel supérieur à 24 870 euros (médiane). Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion, personnes appartenant à des ménages fiscaux vivant dans un logement ordinaire dont le revenu disponible est positif ou nul. Sources : Insee‑DGFiP‑Cnaf‑Cnav‑CCMSA, fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2021.
  2. Niveau de vie annuel médian par catégorie de communes en 2021 niveau de vie médian, en euros 23 00021 00020 000 25 000 28 000 34 000 © IGN-Insee 2024 Note : Sur les territoires hors attraction des villes, la médiane de niveau de vie est la médiane départementale des communes hors attraction. Lecture : Dans le pôle de Rennes, le niveau de vie annuel médian est compris entre 23 000 et 25 000 euros. Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion, personnes appartenant à des ménages fiscaux vivant dans un logement ordinaire dont le revenu disponible est positif ou nul. Sources : Insee‑DGFiP‑Cnaf‑Cnav‑CCMSA, fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2021.

Patrimoine Fiches

124 Revenus et patrimoine des ménages – Insee Références – Édition 2024 2.1 Performance des placements à rendements réglementés Les produits financiers les plus couramment détenus par les ménages sont les comptes ou livrets d’épargne dont les revenus sont exonérés d’impôt et ne sont pas soumis aux prélèvements sociaux. Les livrets défiscalisés sont à capital garanti et leurs taux de rendement sont réglementés par l’État. Les fonds sont disponibles immédiatement. Les livrets A et Bleu et les livrets de développement durable et solidaire (LDDS) ont un taux unique et réglementé, réajusté les 1er février et 1er août en fonction de l’inflation et des taux d’intérêt à court terme déterminés par la Banque centrale européenne (BCE). Après avoir atteint 0,50 % au 1er février 2020, son plus bas niveau historique, le taux réglementé a augmenté sous l’effet de l’inflation    figure 1. Il est de 3,00 % depuis le 1er février 2023. Le livret d’épargne populaire (LEP) est réservé aux contribuables non imposables ou dont l’impôt sur le revenu est inférieur à un certain seuil. Son taux d’intérêt est traditionnellement supérieur à celui du livret A. Après avoir atteint un plancher à 1,00 % le 1er février 2020, il a fortement augmenté pour s’établir à 5,00 % au 1er février 2024. Comme pour les livrets défiscalisés, le capital placé sur les comptes et plans épargne logement (CEL et PEL) est garanti et les fonds sont immédiatement disponibles. Depuis 2011, le taux de rémunération du PEL est fixé par arrêté chaque année : il s’applique aux PEL ouverts au cours de l’année et pour toute leur durée de vie. Il s’établit à 2,25 % depuis le 1er janvier 2024. Le taux d’intérêt du CEL, égal à deux tiers du taux du livret A, fluctue au même rythme que ce dernier et atteint 2,00 % au 1er février 2023. Pour les plans et comptes souscrits jusqu’à fin 2017, une prime d’État additionnelle pouvait être versée. Les intérêts produits par les CEL et PEL sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % pour les produits souscrits depuis le 1er janvier 2018. Ceux souscrits avant cette date sont soumis aux seuls prélèvements sociaux (17,20 %, sauf pour les PEL de plus de 12 ans dont les intérêts sont aussi soumis à l’impôt sur le revenu). En outre, les PEL et CEL ouvrent des droits à prêts pour financer l’achat, la construction ou encore des travaux de rénovation d’une résidence principale. Les rendements nominaux des livrets défiscalisés, des CEL et des PEL diminuent de 1982 à 1987, essentiellement en raison du ralentissement de l’inflation, puis se stabilisent. Ils baissent de nouveau durant la seconde moitié des années 1990 et au début des années 2000. Après une forte chute entre 2009 et 2010 (sauf pour le PEL), ils remontent légèrement entre 2011 et 2012, avant de baisser de nouveau à partir de 2013 jusqu’à atteindre leur niveau le plus bas en 2021. Avec la hausse de l’inflation, ils remontent en 2022 et 2023, retrouvant des niveaux similaires à ceux du début des années 2000. Les taux de rendement réels tiennent compte de l’inflation afin de corriger la rémunération des placements. Ils sont négatifs au début des années 1980 à cause d’une forte inflation    figure 2. Les performances réelles des livrets défiscalisés, des PEL et des LEP décroissent entre 1990 et 2007 en raison de la baisse des taux directeurs de la BCE. Pendant la crise financière de 2008, les taux de rendement réels fluctuent beaucoup, à l’instar de l’inflation et des taux directeurs. Entre 2010 et 2020, période au cours de laquelle inflation et taux nominaux sont bas, ils sont globalement proches de 0. Depuis 2021, avec la hausse de l’inflation, les taux de rendement réels baissent fortement, les livrets défiscalisés et le PEL atteignant en 2022 leur taux réel le plus bas depuis 1982. La forte hausse des taux en 2023 ne suffit pas à compenser l’inflation, puisque, hormis pour le LEP, les taux de rendement réels restent négatifs pour tous les livrets défiscalisés.   Définitions On distingue deux types de livrets d’épargne selon si les intérêts dégagés sont ou non soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux : • les livrets défiscalisés : livret A, livret Bleu, livret Jeune, livret de développement durable et solidaire (LDDS – ex‑LDD ou Codevi) et livret d’épargne populaire (LEP) ; • les livrets soumis à impôt : livret B, livret Orange, compte sur livret bancaire (CSL) ou encore les livrets proposés par les banques en ligne. Le taux de rendement reflète le gain ou la perte généré par un produit financier. Il correspond au rapport entre les intérêts perçus sur l’année et le capital investi en début de période. Le taux de rendement réel correspond au taux de rendement nominal corrigé de l’inflation. Lorsqu’ils sont calculés avant impôts et prélèvements sociaux, on parle de rendements bruts.