51 Insee Références – Édition 2024 – Dossiers – Un tiers des personnes à très bas revenus en 2003 le sont encore près de 20 ans… 5. Évolution des revenus avant redistribution entre 2003 et 2021, en euros constants a. Quantiles de revenus avant redistribution 75 80 85 90 95 100 105 110 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019 2021 indice base 100 en 2008 D1 D2 D3 D5 D9 99e centile (C99) Note : La zone grise indique la période de prélèvement à la source (PAS). En 2019, la mise en œuvre du PAS conduit à une rupture de série. Lecture : En 2021, en euros constants, le 1er décile de revenu avant redistribution est inférieur de 17,8 % à son niveau de 2008 (indice base 100 en 2008). Champ : France, personnes déclarant des revenus à l’administration fiscale l’année d’observation. Sources : Insee – DGFiP, POTE de 2003 à 2021, calculs Insee. b. Moyenne par groupe de revenus avant redistribution 50 60 70 80 90 100 110 120 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019 2021 indice base 100 en 2008 <D1 D1 à D2 D2 à D3
D9 C99 Ensemble Note : La zone grise indique la période de prélèvement à la source (PAS). En 2019 la mise en œuvre du PAS conduit à une rupture de série. Le calcul de la moyenne des revenus avant redistribution exclut les revenus avant redistribution négatifs. Lecture : En 2021, en euros constants, la moyenne des revenus avant redistribution du premier dixième est inférieure de 43,9 % à son niveau de 2008 (indice base 100 en 2008). Champ : France, personnes déclarant des revenus à l’administration fiscale l’année d’observation. Sources : Insee – DGFiP, POTE 2003-2021, calculs Insee. Ces résultats sont cohérents avec ceux de l’ERFS, quoique plus marqués ici. En France métropolitaine, le premier décile de niveau de vie avant redistribution diminue entre 2008 et 2021. Après redistribution monétaire, le premier décile de niveau de vie est quant à lui quasi stable vues d’ensemble. À partir de 2019, une divergence d’évolution du premier décile vis‑à‑vis des autres déciles apparaît, ce qui peut‑être expliqué par la mise en place du prélèvement à la source, qui conduit davantage de personnes sans revenus à intégrer les données fiscales sources. La part de personnes à revenus avant redistribution nuls augmente ainsi plus fortement en fin de période, en raison de la baisse du nombre de personnes qui arrêtent de déclarer des revenus. Entre 2018 et 2019, le premier décile a diminué de 8 % en euros constants et la médiane de 1 %.
52 Revenus et patrimoine des ménages – Insee Références – Édition 2024 Parmi les personnes déclarant des très bas revenus en 2003, 32 % sont encore dans cette situation en 2021 La persistance dans les très bas revenus est élevée [Loisel, Sicsic, 2023]. Parmi les personnes à très bas revenus en 2003 qui déclarent encore des revenus en 2021 (soit 69 % des personnes déclarant des très bas revenus en 2003), 32 % sont encore dans le premier dixième de revenus en 2021 figure 6a, 51 % sont dans les deuxième au cinquième dixièmes et seules 17 % font partie des 50 % les plus aisées. Réciproquement, 52 % des personnes à très bas revenus en 2021 qui déclaraient déjà leurs revenus en 2003 (soit 37 % des personnes déclarant des très bas revenus en 2021) étaient dans le premier dixième en 2003 figure 6b et seules 12 % faisaient alors partie des 50 % les plus aisées. 6. Position dans l’échelle des revenus avant redistribution entre 2003 et 2021 des personnes à très bas revenus a. En 2003 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 en % <D1 D5 à D6 D1 à D2 D6 à D7 D2 à D3 D7 à D8 D3 à D4 D8 à D9 D4 à D5
D9 Lecture : Parmi les personnes du premier dixième de revenu avant redistribution en 2003, 32,1 % sont aussi à très bas revenus en 2021. Champ : France, personnes déclarant des revenus à l’administration fiscale l’année d’observation et appartenant au premier dixième de revenu avant redistribution en 2003. Sources : Insee – DGFiP, POTE de 2003 à 2021, calculs Insee. b. En 2021 D5 à D6 D6 à D7 D7 à D8 D8 à D9 <D1 D1 à D2 D2 à D3 D3 à D4 D4 à D5 D9 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 en % Lecture : Parmi les personnes du premier dixième de revenu avant redistribution en 2021, 51,6 % étaient déjà à très bas revenus en 2003. Champ : France, personnes déclarant des revenus à l’administration fiscale l’année d’observation et appartenant au premier dixième de revenu avant redistribution en 2003. Sources : Insee – DGFiP, POTE de 2003 à 2021, calculs Insee.
53 Insee Références – Édition 2024 – Dossiers – Un tiers des personnes à très bas revenus en 2003 le sont encore près de 20 ans… 7. Part des personnes à très bas revenus sur l’ensemble de la période 2003-2021, selon le département 1,2 1 1,5 1,9 © IGN-Insee 2022 0,8 Proportion de personnes qui persistent dans le premier dixième, en % Note : Les personnes sont comptabilisées dans leur département de résidence en 2021. Lecture : 1,4 % des personnes résidant dans l’Hérault en 2021 ont été à très bas revenus sur toute la période 2003-2021. Champ : France, personnes déclarant des revenus à l’administration fiscale chaque année de 2003 à 2021. Sources : Insee – DGFiP, POTE de 2003 à 2021, calculs Insee. La persistance des personnes dans la catégorie des très bas revenus présente des disparités géographiques marquées figure 7. En premier lieu, les personnes qui restent dans le premier dixième de revenus avant redistribution chaque année entre 2003 et 2021 (377 000 personnes) sont surreprésentées dans les zones dans lesquelles la part des personnes à très bas revenus est élevée, à savoir le pourtour méditerranéen, les Hauts‑de‑France, le Grand Est et les départements d’outre‑mer. En second lieu, ces personnes sont également davantage présentes dans les départements éloignés des grandes villes, sur une large bande diagonale du territoire, remontant des Pyrénées à la Moselle, en passant par la Creuse, l’Allier et la Nièvre. Les passages transitoires dans le bas de la distribution concernent plutôt des personnes résidant dans les zones plus urbaines. À court terme, la majorité des personnes à très bas revenus le restent La majorité des personnes à très bas revenus une année donnée y restent plusieurs années. Trois ans après, parmi les personnes déclarant encore des revenus, en moyenne 63 % appartiennent toujours au premier dixième de la distribution des revenus avant redistribution figure 8. La mobilité vers les hauts revenus est très faible : seulement 3 % parviennent à se hisser parmi les 30 % les plus aisées, et seulement 8 % des déclarants de 2003 y parviennent 18 ans après. De même, trois ans avant, parmi les personnes qui déclaraient déjà des revenus, en moyenne 69 % étaient dans le premier dixième de revenus, et seulement 3 % comptaient parmi les 30 % les plus aisées. Les fluctuations de revenus et de situations familiales ou professionnelles peuvent néanmoins être à l’origine d’entrées et sorties du premier dixième d’une année sur l’autre : en moyenne, sur la période de 2003 à 2021, 21 % des personnes à très bas revenus ne l’étaient pas l’année précédente, et 24 % ne le sont plus l’année suivante. Toutefois, la mobilité des personnes dans l’échelle des revenus est très faible dans le bas de la distribution. Calculer les revenus moyens sur une période de sept ans (de trois ans avant à trois ans après l’année d’observation) permet de lisser les éventuels épisodes temporaires de très bas revenus ; cela change toutefois peu les positions des personnes à très bas revenus : en moyenne, 88 % des personnes à bas revenus une année donnée appartiennent toujours au premier dixième de revenus avant redistribution lorsque les revenus sont lissés sur sept ans. Ces résultats sont cohérents avec ce qui est observé sur les trajectoires des bénéficiaires des minima sociaux. Parmi ces derniers, âgés
54 Revenus et patrimoine des ménages – Insee Références – Édition 2024 de 16 à 64 ans fin 2021, 18 % ne percevaient pas de minimum social l’année précédente, mais seulement 10 % n’en avaient jamais perçu au cours des dix années précédentes [Cabannes, Chevalier, 2023]. En considérant les revenus moyens sur sept ans, seules 1,4 % des personnes à très bas revenus une année donnée appartiennent aux 50 % les plus aisées (0,7 % appartiennent aux 30 % les plus aisées). Dans le but d’analyser les trajectoires individuelles de revenus dans le bas de la distribution, une typologie est construite sur une période de sept ans et cinq profils de trajectoires se distinguent méthodes. Le groupe 1, qui rassemble en moyenne 63 % des personnes chaque année, se caractérise par une persistance dans le premier dixième de revenus avant redistribution. Ces trajectoires correspondent à une mobilité nulle ou très faible le long de l’échelle des revenus figure 9. Il peut s’agir de personnes qui perçoivent durablement des minima sociaux. Par ailleurs, sur la période, ces personnes vivent un peu plus souvent dans les DOM que le reste du premier dixième (10 %, contre 8 % dans l’ensemble du premier dixième). Les autres trajectoires les plus courantes regroupent soit des personnes qui restent principalement dans des tranches de revenus proches du premier dixième (groupe 2, 10 %), soit sont à très bas revenus lors des débuts ou des fins de période de déclaration (respectivement groupe 3 17 %, et groupe 4, 6 %). Les personnes traversant un épisode de très bas revenus avant redistribution tout en restant dans des tranches de revenus proches du premier dixième (groupe 2) sont davantage insérées sur le marché du travail. En effet, elles ont moins souvent des revenus nuls et plus souvent pour revenu principal des allocations chômage ou de préretraite que l’ensemble du premier dixième figure 10. Les personnes en « début de déclaration » (groupe 3) sont en moyenne plus jeunes et plus souvent célibataires que l’ensemble du premier dixième. Il s’agit principalement d’entrées dans la vie active, ou d’arrivées d’un pays étranger. Les situations du groupe « fin de déclarations » (groupe 4) correspondent essentiellement à un décès au sein du foyer, au passage au statut fiscal de non‑résident ou à celui de personne à charge. Les trajectoires restantes, minoritaires (groupe 5, 4 %), correspondent à des passages temporaires par le premier dixième, y compris de personnes à hauts revenus certaines autres années encadré 2. 8. Situations des personnes entre un et trois ans avant et après avoir connu un épisode de très bas revenu 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 -3 -2 -1 0 +1 +2 +3 en % année 1er dixième 2e, 3e, 4e dixièmes 5e, 6e, 7e dixièmes 8e, 9e, 10e dixièmes Note : Les personnes qui ne déclarent pas de revenus l’année d’observation ne sont pas comptabilisées dans le calcul des parts. Lecture : En moyenne, un an après un passage dans le premier dixième de revenus avant redistribution, 76,0 % des personnes qui déclarent encore des revenus sont encore dans le premier dixième de revenus avant redistribution. Champ : France, personnes déclarant des revenus avant redistribution inférieurs au premier décile de revenus avant redistribution au moins une année entre 2006 et 2018. Sources : Insee – DGFiP, POTE de 2003 à 2021, calculs Insee.
55 Insee Références – Édition 2024 – Dossiers – Un tiers des personnes à très bas revenus en 2003 le sont encore près de 20 ans… 9. Situations des personnes entre un et trois ans avant et après avoir connu un épisode de très bas revenu, selon le groupe de trajectoires Absence de déclaration 1er dixième 2e, 3e et 4e dixièmes 5e, 6e et 7e dixièmes 8e, 9e et 10e dixièmes b. Proche du premier dixième (groupe 2) a. Persistance dans le premier dixième (groupe 1) 0 25 50 75 100 en % d. Fin de déclaration (groupe 4) 0 25 50 75 100 en % -3 -2 -1 0 +1 +2 +3 -3 -2 -1 0 +1 +2 +3 -3 -2 -1 0 +1 +2 +3 -3 -2 -1 0 +1 +2 +3 c. Début de déclaration (groupe 3) en % 0 25 50 75 100 0 25 50 75 100 en % -3 -2 -1 0 +1 +2 +3 e. Autres trajectoires (groupe 5) 0 25 50 75 100 en % année année année année année Lecture : Un an après un passage dans le premier dixième de revenu avant redistribution, 4,0 % des personnes du groupe de trajectoires « persistance dans le premier dixième » ne déclarent plus de revenus et 79,9 % sont encore à très bas revenus. Champ : France, personnes déclarant des revenus inférieurs au premier décile de revenu avant redistribution au moins une année entre 2006 et 2018. Sources : Insee – DGFiP, POTE de 2003 à 2021, calculs Insee.