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Chapitre 4 - Les indicateurs de suivi de la production Pour appréhender la production industrielle dans les enquêtes mensuelles de branche, différents indicateurs sont
utilisés. Historiquement, la production était mesurée par les seules quantités. Progressivement, pour mieux tenir
compte des spécificités de certains secteurs, d'autres indicateurs ont été mis en place, comme la production en
valeur ou les heures travaillées. Lors du rebasement 2010, les recommandations de l’ONU sur le mode de suivi à privilégier selon les activités
ont été intégrées dans la mesure du possible. Pour de nombreuses branches, les productions en valeur sont
préconisées. Cette production en valeur est mesurée par les facturations. Il s’agit d’une très bonne approximation
de la production en valeur quand il n’y a pas de décalage entre la production et les ventes. En revanche, s’il
existe un décalage, par exemple quand les stocks sont importants ou quand le processus de production est très
long sans facturations intermédiaires, les indicateurs en quantité sont généralement conseillés. Pour les productions à cycle très long, comme la construction navale, la production peut être appréciée à partir
des heures travaillées, auxquelles sont appliqués des coefficients de productivité. 1- Les différents indicateurs de production Plusieurs types d’indicateurs peuvent être utilisés selon les produits suivis : ;quantité produite ; • quantité livrée ; • facturations ; • heures travaillées ; • consommation de matière première. 1.1- Les quantités produites Cet indicateur est souvent utilisé pour des productions relativement homogènes. Il peut être de type très variable.
L’indicateur concerne toute la production (au sens des modèles économiques M2 à M5, cf. chapitre 2) ; dans quelques cas, pour des raisons statistiques, la production exclut les donneurs d'ordre (modèle M2). Synthèse : les quantités produites • Qu’observe-t-on ? ◦ nombre de pièces, tonnes, litres… produits. • Où ? Quand ? ◦ au bout de la chaîne de production ; ◦ entre la production et la mise en stock ou la livraison. • Imperfections de la mesure : ◦ la diversité croissante de la production ; ◦ les effets « qualité » ; ◦ la production en cours non comptabilisée dans le cas de processus longs. 34 1.2- Les quantités livrées ou facturées Dans certaines branches, il est impossible de collecter les quantités produites 21, mais seulement les quantités
livrées. 53 séries dans la base 2010 sont suivies en quantités livrées. L’indicateur « quantités livrées » fournit une approximation satisfaisante de l’évolution de la production, à
condition que le stock de produits finis reste relativement stable au cours du temps. De même que pour les
quantités produites, les quantités livrées correspondent à des modèles économiques variables, incluant parfois les
donneurs d’ordre. Les industriels déclarants peuvent indiquer en même temps que les livraisons de produits
sortant de leurs propres ateliers, des livraisons de produits similaires qu’ils auront achetés à d’autres industriels
sans les fabriquer. Par ailleurs, la déclaration de livraison peut être décalée par rapport à la sortie d’usine car liée
au transfert de propriété au client ou à l’embarquement sur un navire. Synthèse : les quantités livrées • Qu’observe-t-on ? ◦ nombre de pièces, tonnes, litres… livrés. • Où ? Quand ? ◦ à la livraison. • Imperfections de la mesure : ◦ dans le cas de variations importantes du stock de produits ; ◦ de délai de livraison variable ; ◦ la diversité croissante de la production ; ◦ des effets « qualité » ; ◦ la variation de la production en cours. 1.3- Les facturations déflatées Lors du passage à la base 2010, le nombre de séries suivies en facturations déflatées a fortement augmenté par
rapport à la base 2005, conformément aux recommandations de l’ONU. Les facturations (hors taxes) constituent
l’une des variables les plus faciles à mobiliser auprès des entreprises par le canal des enquêtes de branche. En
effet, une synthèse des facturations mensuelles est généralement réalisée par nature de produits par les services
comptables des entreprises. Les facturations déflatées des prix de production sont une approximation des quantités livrées. Des divergences
peuvent néanmoins exister avec les quantités livrées en raison de décalages dans les écritures comptables. Les
facturations peuvent connaître un pic en fin d’année alors que les livraisons sont effectuées à un rythme plus
régulier tout au long de l’année. Pour que les facturations déflatées puissent être retenues comme indicateur de
production, il est nécessaire que les stocks demeurent stables au cours du temps. Les facturations peuvent, comme les quantités, concerner l’ensemble des modèles économiques, y compris les
produits revendus en l’état, exclure ou non les donneurs d’ordre selon les branches. Les facturations sont, à la différence des indices de quantités, des indicateurs de valeur, qui peuvent être appli - qués à un ensemble de produits hétérogènes. De plus, ils incorporent les « effets de gamme » et les effets « quali- té ». L’effet de gamme peut jouer pour des produits d’une même génération, en fabrication au même moment. Il
se produit par exemple dans le cas où la part dans la production des produits haut de gamme s’accroît aux dépens de la part des produits bas de gamme. L’effet « qualité » correspond au phénomène de remplacement au cours du temps de produits d’une génération par des produits de la génération suivante, aux performances généralement
accrues (exemple dans les produits technologiques). 21 Par exemple, en raison de difficultés liées aux systèmes d’information des entreprises interrogées. 35 Le choix des déflateurs pour les séries suivies en facturation Les indicateurs en facturations déflatées nécessitent le recours à des indices de prix de production cohérents avec
le contour des séries en valeur. Les prix de production dans l’industrie pour le marché français et pour les
marchés extérieurs sont les indicateurs utilisés usuellement pour déflater des facturations de produits industriels.
La mesure des prix est établie aux prix de base, hors TVA, hors impôts sur les produits, subventions sur les
produits non déduites. Au niveau inférieur à la CPF4, les séries IPI et les séries d’indices de prix de production peuvent ne pas toujours
être reliées de façon simple. Par ailleurs, certains produits ne sont pas couverts par les indices des prix de
production de l’industrie. Synthèse : les facturations • Qu’observe-t-on ? ◦ Les factures en euros des unités légales. • Où ? Quand ? ◦ Au service comptable, au rythme de la prise en compte dans la comptabilité. • Imperfections de la mesure : ◦ dans le cas de variations des stocks de produits ; ◦ plus généralement, les décalages entre production et facturations ; ◦ risques autour de la cohérence entre l’indice de valeur et l’indice de prix. 1.4- Les heures travaillées productives 21 séries sont suivies en heures travaillées dans l’industrie manufacturière et trois dans la construction. Ces
séries représentent un peu moins de 10 % de l’IPI manufacturier en base 2010 (en valeur ajoutée) et l’intégralité
de l’indice pour la construction. Les séries suivies en heures travaillées concernent essentiellement la production
de biens d’équipement telle que la construction navale ou encore la réparation et l’installation de machines et
d’équipement. Le nombre d’heures productives travaillées est notamment retenu pour suivre les produits à long cycle de
fabrication. Pour les produits à long cycle de fabrication, le nombre d’heures travaillées reflète généralement
mieux l’activité réelle que les autres indicateurs. Il convient de s’assurer que les heures collectées par les
enquêtes mensuelles de branche sont des heures productives réellement incorporées dans le processus de production, à l’exclusion des temps des sections auxiliaires et de frais généraux et également à l’exclusion des
heures payées et non travaillées (congés). Les heures productives doivent inclure les heures du personnel de
production intérimaire éventuellement employé. Synthèse : les heures travaillées • Qu’observe-t-on ? ◦ heures travaillées. • Où ? Quand ? ◦ durant le processus de production. • Ce que l’on rate : ◦ cycle de productivité ; ◦ difficulté à mesurer précisément l’évolution tendancielle de la productivité sur la période récente. 36 Nécessité de disposer de coefficients de productivité La mesure de la production par les heures productives travaillées suppose la stabilité de la productivité. Si ce
n’est pas le cas, il faut associer à l’indicateur en heures travaillées un indicateur complémentaire de l’évolution
de la productivité horaire de travail conformément à l’équation suivante : Productionenvolume=Heures productivestravaillées×Coefficient de productivité horaire Les coefficients de productivité, calculés en rapportant la valeur ajoutée en volume au volume total d’heures
travaillées, sont actualisés annuellement à partir des dernières données des comptes nationaux annuels publiés en
mai. Les coefficients pour les années ultérieures sont prolongés tendanciellement. 2- Les changements d’indicateurs de production entre la base 2005 et la base 2010 Pour de nombreuses branches, l’ONU préconise d’utiliser des indicateurs de production en valeur. Pour ces
branches, le passage à un suivi en facturation a été étudié, si des indices de prix de production dans l'industrie
étaient disponibles et s'il n’y avait pas de problème lié à des variations de stock volatiles. Par exemple, l’ONU
conseille un suivi de la branche automobile en valeur ; l’indicateur en facturation n’a pas été retenu dans cette
branche du fait des variations de stocks importantes. L’évolution de la répartition des modes de suivi entre les
bases 2005 et 2010 est renseignée dans le tableau 1. Avant la mise en place de la première vague du nouveau
rebasement annualisé en mars 2019, la répartition des modes de suivi en base 2015 était identique à la base 2010. Elle a légèrement évolué depuis ( cf. tableau 1) avec une légère augmentation de la part des séries suivies en
facturations. Cette répartition devrait de nouveau évoluer avec la mise en place de la deuxième vague du
rebasement annualisé en mars 2020. Tableau 1 : Indicateurs de suivi pour l’IPI actuel et en comparaison des bases 2005 et 2010 (hors construction) Base 2015 (après mise en place de la 1ère vague du rebasement annualisé en mars 2019) Base 2010 Base 2005 Indicateur de suivi Nombre de séries Répartition du nombre de séries (%) Répartition de la VA (%) Nombre de séries Répartition du nombre de séries (%) Répartition de la VA (%) Nombre de séries Répartition du nombre de séries (%) Répartition de la VA (%) Quantités 314 59,6 54,8 319 61,7 52,9 436 74 62,5 Facturations 190 36,1 38,3 177 34,2 39,8 129 21,9 30 Heures 23 4,4 6,9 21 4,1 7,4 24 4,1 7,5 Total 527 100,0 100,0 517 100 100 589 100 100 37 Chapitre 5 -Le calcul des indices : le niveau élémentaire Comme vu précédemment, l’IPI repose sur une enquête réalisée à un niveau fin dans le but d’obtenir des
ensembles élémentaires relativement homogènes. Ce niveau élémentaire (non publié) correspond à la brique de
base de l’IPI. Ce chapitre présente le mode de construction des indices élémentaires qui serviront ensuite au
calcul des niveaux supérieurs (cf. chapitre 6). 1- Collecte des données individuelles : le principe de la case-enquête Comme présenté dans les chapitres précédents, les données individuelles des entreprises sont collectées sur des
contours bien définis, appelés « cases-enquêtes », qui correspondent très précisément au croisement d’un produit
(ProdEMB), d’une variable d’observation (quantités, facturations, heures travaillées) et d’une unité (tonnes,
kilos, euros, etc.). Le terme de case-enquêtes se rapporte directement à la case du questionnaire où, pour un
produit donné, l’entreprise (au sens de l’unité légale) remplit sa production pour le mois considéré. Le processus
de collecte de l’IPI s’appuie sur un nombre important de cases-enquêtes. Par exemple, au sein de la NAF 2932Z
– « Fabrication d’autres équipements automobiles », on dispose d’une case-enquête portant sur la « fabrication de sièges automobiles » avec comme variable d’observation les facturations, mais aussi une case-enquête sur les
organes de direction et de freinage, une sur les parties et accessoires en matières thermoplastiques.... Cette nomenclature de collecte (l’ensemble des cases-enquêtes) peut être révisée en fonction des modifications
apportées sur la nomenclature de produits européenne « ProdCom ». Elle est gérée dans un référentiel qui regroupe l’ensemble des produits observés dans l’EAP 22 (et qui sert de référence pour les EMB. Les produits
observés dans les EMB (appelés ProdEMB) sont généralement des regroupements de plusieurs produits observés
dans l’EAP (ou ProdEAP). La construction de l’échantillon d’entreprises interrogées (environ 4 500 et 5 000 entreprises au total) est réalisée case-enquête par case-enquête. Les données sont collectées à travers le portail Coltrane de l’Insee de réponse aux enquêtes entreprises avant d’être contrôlées puis intégrées au calcul des indices. Figure 1 : schéma général de construction des indices
22 Cf. chapitre 2 pour la présentation de cette source. 38 Cases-enquêtes = niveau de collecte d’un produit relativement homogène, renseigné dans une unité donnée, auprès d’un échantillon d’entreprises Séries élémentaires = une ou plusieurs cases-enquêtes
= premier véritable niveau d’analyse économique Calcul des indices à différents niveaux d’agrégation : du niveau sous-classe de la NAF rev2. à l’ensemble de l’industrie en passant par des regroupements intermédiaires. Le niveau de publication le plus fin est le niveau classe de la NAF rev2. (c’est aussi le niveau auquel sont effectués les traitements de désaisonnalisation - cf. chapitre 7). 2- Méthode de calcul des indices élémentaires 2.1- Différents types de séries élémentaires Différents modes de suivi La construction de l’IPI commence par le calcul de séries élémentaires. Selon l’importance et la complexité des
secteurs, ces séries élémentaires peuvent représenter un niveau de détail plus ou moins fin et peuvent utiliser
différentes variables de mesure. Elles sont composées d’une ou plusieurs cases-enquêtes ( cf. supra) homogènes (facturations et heures travaillées ne sont pas combinées par exemple). Les indices des séries primaires sont de
moyenne annuelle 100 en année de référence. L’IPI étant un indicateur de volume de production, les séries suivies en facturation doivent être déflatées (par un
indice de prix) et les séries suivies en heures travaillées corrigées d’un coefficient technique prenant en compte
l’évolution de la productivité dans l’activité étudiée. Séries internes et externes La majeure partie du suivi et de la collecte des données pour l’indice de la production industrielle est effectuée
par l’Insee (séries internes). Néanmoins, dans certains cas, le calcul est directement effectué par un partenaire
extérieur (série externe) : il s’agit notamment des séries de l’activité de l’industrie agroalimentaire ainsi que des
séries des branches de l’énergie. 2.2- La définition d’un indice élémentaire Un indice élémentaire correspond à un indicateur d’évolution calculé comme le rapport entre un numérateur et
un dénominateur. Dans le cas des séries internes, le dénominateur est égal à la moyenne de l’année de base (la
référence), la difficulté consiste donc à estimer un numérateur représentant l’évolution de l’activité par rapport à
ce point de référence. Autrement dit, un indice élémentaire s’écrit : Indi m,A= Numi m,A ( ∑ k∈Aref Numi k , Aref 12 ) ∗100 où :

  • i désigne la branche suivie
  • m et A respectivement le mois et l’année de calcul de l’indice
  • Aref l’année de référence (ou année de base), actuellement 2015 Comme évoqué plus haut, dans le cas des séries suivies en facturations ou en heures travaillées, cet indice doit de plus être ajusté d’un coefficient technique prenant en compte l’évolution des prix ou de la productivité. 2.3- Calcul des numérateurs des séries élémentaires internes Chaînage des séries élémentaires au mois le mois À partir d’un mois de référence, les numérateurs sont
    construits de proche en proche (chaînage) en appliquant les évolutions mensuelles calculées à partir des entreprises présentes deux mois consécutifs23 (dénommées dans la suite « présentes-présentes »)24. Soient : 23 Ici consécutif ne signifie pas systématiquement deux mois qui se suivent dans le calendrier. Pour certains cas particuliers ou
    si une évolution entre deux mois qui se suivent n’est pas calculable, alors on chaînera par rapport au premier mois qui convient. 24 La méthodologie présentée ici est celle mise en œuvre depuis 2015. La méthodologie retenue précédemment était un peu
    différente et reposait sur le calcul d’un dénominateur commun à tous les mois d’une année, les numérateurs n’étaient donc pas
    directement chaînés de proche en proche. 39 NumS m = le numérateur de la série élémentaire « S » pour le mois m d’une année A ; EvolPPS m/m−1 = l’évolution calculée sur l’ensemble des produits inclus dans la série « S » pour les entreprises présentes-présentes en m-1 et m (entreprises présentes dans l’échantillon pour les dates m et m-1 et pour
    lesquelles on dispose pour ces deux dates soit d’une réponse soit d’une imputation) ; M j×case m = montant d’une unité légale « j » pour un produit correspondant à une case-enquête « case » de la
    série « S » (une entreprise donnée pouvant être interrogée pour différents produits au sein d’une série S) et pj×case m son poids de sondage ; ( j , case)∈{S×[m;m−1]} l’ensemble des couples entreprise x case-enquête présentes-présentes
    interrogées à la fois en m et m-1 pour les cases-enquêtes de la série S. Alors, en calculant l’évolution pondérée entre m et m-1 EvolPPs m/m−1= ∑ ( j,case)∈{S x[m;m−1 ]} p j×case m M j×case m ∑ ( j,case)∈{S x[m;m−1 ]} p j×case m M j×case m−1 , On peut calculer les numérateurs par chaînage de proche en proche : Nums m=Nums m−1×EvolPPs m/m−1 Au-delà de cette formule générale, un certain nombre de cas particuliers doivent être traités. Cas particulier 1 : calcul de l’évolution entre décembre et janvier et gestion des cases-enquêtes Chaque année, les cases-enquêtes peuvent être modifiées (regroupements, recodification, éclatements). Figure 2 : modifications possibles de cases-enquêtes
    Le chaînage des montants déclarés par les entreprises d’un mois sur l’autre au moment du changement d’année
    peut poser difficulté, car les déclarations ne sont pas comparables sur des cases-enquêtes différentes. Il est alors
    nécessaire d’estimer des coefficients de passage permettant de passer (dans les cas où il y a eu un changement)
    des cases-enquêtes d’une année à celles de l’année suivante. Cas particulier 2 : chaînage par rapport aux mois atypiques de juillet et d’août Les mois de juillet et d’août étant des mois atypiques, il n’est pas souhaitable de chaîner des évolutions en les
    prenant pour référence. En conséquence, de façon générale pour les méthodes utilisées pour l’IPI, lors du calcul
    du mois d’août et de septembre, la comparaison se fait par rapport au mois de juin (dans les formules de calcul
    supra, il suffit alors de remplacer « m-1 » par juin). 40 Cas particuliers 3 : gestion des « 0 » Lors du calcul de EvolPPS m/m−1 , il est possible que le dénominateur soit nul. Dans ce cas, on chaînera par
    rapport au premier mois observé non nul (m-2, m-3, etc.). De même si le numérateur par rapport auquel on
    chaîne est nul. 3- Imputation des non-réponses La méthode d’imputation d’une donnée individuelle j (entreprise dans une case-enquête C) repose sur la combinaison des quantités suivante : • le ratio m/m-1 du total de la case-enquête (ensemble des entreprises répondantes pour cette case- enquête en m et présentes en m-1 (répondante ou imputée)) : EvolRC m/m−1 ; • le ratio m-12/m-13 de la série élémentaire S dans laquelle se trouve la case-enquête : EvolSerieS m−12/m−13 ; • le tout pondéré par un taux de réponse dans la case- enquête qui permet de prendre en compte la
    « qualité » de l’évolution : TxRC m . M j m = M j m−1 ×[( EvolRC m/m−1)TxRC m . (EvolSerieS m−12/m−13 )(1−TxRC m )] Cas particulier 1 : gestion des 0 Si dans la formule ci-dessus un des deux ratios est nul (ou si aucune entreprise ne répond) : alors la formule devient : Mi,ce(anm) m =Mi,ce(anm) m−1 ×Evol avec Evol le ratio non nul ou calculable (dans le cas d’un taux de réponse
    nul). Si les deux évolutions sont nulles, le montant imputé vaut 0. Cas particulier 2 : entreprises entrantes et non-répondantes : Les entreprises qui sont nouvelles dans l’échantillon et non-répondantes ne peuvent être imputées. Elles ne sont
    donc pas utilisées pour le calcul le premier mois. 4- Gestion des mouvements infra-annuels dans l’échantillon (corrections de chaînage) L’échantillon d’entreprises, tiré une fois par an, peut connaître des modifications tous les mois, notamment en
    raison des restructurations (rachat d’une entreprise par une autre, séparation...). Ainsi, de nouvelles entreprises
    peuvent être créées, intégrant une ou plusieurs entreprises qui étaient interrogées les mois précédents. Des
    entreprises peuvent également cesser leur activité ou encore rester mais sur un champ d’activité complètement
    différent. Ces modifications d’échantillons (modifications prises en compte via l’application de gestion des enquêtes
    mensuelles de branches) interfèrent avec le calcul des séries élémentaires. En effet le calcul des indices étant
    chaîné entre les mois m–1 et m, plusieurs modifications de contours peuvent l’affecter : • pour les entreprises restructurées qui ne changent pas d’identifiant, mais qui connaissent des modifications de champ ou de comportement de réponses, on souhaite disposer de montants comparables entre m et m–1 ; 41 • pour les nouvelles entreprises restructurées intégrant une ou plusieurs entreprises de l’échantillon, on
    veut également disposer de montants comparables entre m et m–1, même si toutes les entreprises du
    nouveau contour de l’entreprise restructurée n’étaient pas interrogées en m–1 ; • les suppressions en revanche n’interviennent pas dans le chaînage et donc dans le calcul d’indice25. Dans tous ces cas, il est nécessaire de mettre en place des corrections de chaînage qui permettront de conserver
    des évolutions pertinentes. Ces corrections sont mises en place en concertation avec les entreprises quand cela
    est possible. Soit : Ym-1 : montant de correction de chaînage pour un croisement (entreprise(siren) x case-enquête) pour le
    mois m–1 et comparable en matière de champ à une déclaration en m, notée Xm ; Xm : montant déclaré pour un croisement (entreprise(siren) x case-enquête) en m (réponse de l’entreprise ou imputation). Cas 1 : création d’entreprise Dans le cas d’une création d’entreprise, on introduit une correction en m-1 pour pouvoir calculer l’évolution à
    champ comparable : le montant de correction de chaînage est utilisé pour le calcul du numérateur du mois m
    (chaînage entre m et m–1). Par contre, il ne doit pas être utilisé dans le calcul de m–1 (il n’existe pas de réponse
    en m–2). m-2 m-1 m Ym-1 Xm chaînage d’un mois à l’autre Si une entreprise est créée, mais qu’aucun montant de correction de chaînage Y m–1 n’a été saisi (par exemple
    parce qu’il n’est pas possible d’avoir une estimation fiable de ce montant), l’entreprise n’est pas prise en compte
    lors du calcul du mois m. Elle sera alors intégrée pour la première fois dans le calcul du mois suivant. Cas 2 : restructuration ou modification de comportement de réponse Dans le cas d’une modification d’une entreprise (restructuration ou changement de comportement de réponse), le
    montant de correction de chaînage est utilisé pour le calcul du numérateur du mois m. En revanche, dans le
    calcul de m–1, le montant utilisé est toujours celui du mois précédent, saisi par l’entreprise (ou modifié par le
    gestionnaire, ou imputé). m-2 m-1 m Xm-2 Xm-1 Ym-1 Xm chaînage d’un mois à l’autre 25 Généralement, si ce n’est pas déjà le cas, le produit concerné est mis à 0 avant retrait effectif de l’échantillon de calcul afin
    de prendre en compte cette suppression. 42 Si une entreprise est restructurée ou modifie son comportement de réponse, mais qu’aucun montant de correction de chaînage n’a été saisi, le montant utilisé est X m–1. 5- Priorisation de l’analyse des réponses individuelles au sein d’une série élémentaire Les séries élémentaires sont expertisées par des gestionnaires en direction régionale, afin de détecter d’éventuelles réponses erronées ou des évolutions atypiques. Compte tenu des délais de production très contraints, il n’est pas possible de vérifier toutes les données. L’analyse des séries est alors priorisée selon deux
    critères principaux : • les contributions individuelles au glissement annuel (entre m/m–12) de la série élémentaire ; • les contributions individuelles à la révision de l’évolution entre m–1 et m de la série élémentaire. En reprenant les notations déjà utilisées et si { j∈{S×(m - 12)}} , la contribution d’une entreprise i (présente en m et m-12) au glissement annuel « m/m-12 » d’une série élémentaire s’écrit : Contributioni→S m/m−12 = pi m∗Mi m− pi m∗Mi m−12 ∑ j∈{S x (m-12)} pj m∗M j m−12 Par ailleurs, en notant : • « dca » la date de campagne actuelle et « dca-1 » la date de campagne précédente, c’est-à-dire pour les
    indices calculés le mois précédent ; • Mi m;dca le montant déclaré par l’entreprise i pour le mois m, lors de la campagne de calcul « dca » ; • { j∈{S×(m;m−1 ); dca}} l’ensemble des (entreprises x cases enquêtes) présentes-présentes en m et m-1 pour la série S lors de la campagne mensuelle « dca » ; • { j∈{S×(m;m−1 ); dca−1}} l’ensemble des (entreprises x cases enquêtes) présentes-présentes en
    m et m-1 pour la série S lors de la campagne mensuelle précédente. Alors la contribution d’une entreprise i à la révision de l’évolution mensuelle « m/m-1 » d’une série élémentaire s’écrit : Contributioni→S Révisionm/m-1,campagnedca = pi m∗Mi m;dca ∑ j∈{S x [m,m-1];dca} p j m∗M j m−1 ;dca − pi m∗Mi m;dca ∑ j∈{S x [m,m-1];dca-1} pj m∗M j m−1;dca 43 Chapitre 6 - Le calcul des indices : l’agrégation Le chapitre 5 visait à présenter comment les données individuelles étaient combinées pour former les indices
    élémentaires, premier vrai niveau de construction et d’analyse des indices IPI. Ces indices donnent une estimation, pour chacune des familles de produits industriels suivies, des quantités produites mensuellement par
    les entreprises implantées sur le territoire français. Ils sont ensuite agrégés selon différents niveaux de nomenclature pour faciliter l’analyse et l’utilisation de ces indicateurs. 1- Principes généraux de l’agrégation des indices en base 2015 1.1- Des pondérations constantes aux indices chaînés à pondérations annuelles Le passage des indices de la production industrielle à la base 2015 dont la première publication a eu lieu en mars
    2018 s’est accompagné de la mise en place d’un chaînage annuel des indices à l’aide d’un jeu de pondérations
    annuelles pour l’agrégation des indices au niveaux supérieurs. Dans les bases précédentes, on utilisait pour
    agréger les séries IPI des pondérations fixes sur l’ensemble de la période de calcul (pondérations 2005 pour la
    base 2005, 2010 pour la base 2010…). La nouvelle méthodologie permet d’améliorer la robustesse de l’indice sur longue période à travers : • une meilleure prise en compte des évolutions structurelles de l’économie (concrètement, si au niveau le plus fin – séries élémentaires, les évolutions ne dépendent que des données en propre collectées pour l’IPI, le « calage régulier » sur les statistiques structurelles limite les dérives éventuelles sur le long terme) ; • la prise en compte de la déformation des prix relatifs (à l’image de ce qui est fait par les comptes nationaux pour le calcul des volumes au prix de l’année précédente chaînés, comme le PIB par exemple, ce qui renforce la cohérence entre l’IPI et la production calculée par les comptes nationaux à partir des statistiques structurelles) ; • enfin, elle réduit nettement les problèmes de révision lors des changements de base26. Si ce changement apporte donc a priori un vrai gain de qualité pour l’IPI, il ne faut en revanche pas surinterpréter l’impact du changement de pondérations chaque année : en particulier, les changements de structure productive et l’évolution des prix relatifs étant relativement lents, agréger les indices à partir de
    pondérations associées à une année ou à celles de l’année précédente ne modifieraient dans la plupart des cas les
    évolutions des indices que de façon marginale. À l’inverse, l’utilisation d’indices chaînés revêt quelques inconvénients associés notamment à une plus grande
    complexité (cf. infra). 1.2- Chaînage en recouvrement annuel Il n’existe pas de méthode unique pour chaîner des indices ou plus généralement des quantités à partir des
    quantités disponibles aux niveaux inférieurs. La méthode utilisée pour l’IPI est dite à recouvrement annuel
    (« annual overlap »). La construction de l’indice d’un mois donné dépend en effet directement de l’indice annuel 26 Dans les systèmes à pondérations constantes, le changement d’année de référence pour le calcul des pondérations
    conduisait à réactualiser l’ensemble de la série à l’aune de ces nouvelles pondérations, ce qui pouvait occasionner des
    révisions importantes et parfois peu compréhensibles. 44 moyen de l’année précédent et d’une évolution calculée à partir des sous-indices et de pondérations bien
    choisies. La définition et la construction spécifique des pondérations fait l’objet de la section suivante. Soient :
  • m le mois où l’on souhaite calculer l'indice et A l’année ;
  • Aref l’année de référence (=2015 actuellement) ;
  • J Agg m,A = Indice de la série agrégée Agg pour le mois de référence m de l’année A ;
  • J Agg A = Moyenne annuelle des indices de la série agrégée pour l'année A ;
  • Ji m,A = Indice de la sous-série i (niveau inférieur), tel que i∈ Agg , pour le mois de ; référence m de l’année A et Ji A la moyenne annuelle de l’indice de la série i pour l’année A ;
  • pi A la pondération associée à la série i ( i∈ Agg ), utilisée pour le calcul de l’année A (typiquement une
    variable dépendant de la valeur ajoutée de l’année précédente, cf. chapitre suivant). Alors la formule générale de calcul des indices s’écrit27 : J Agg m, A =J Agg A−1∗ ∑ i pi A Ji m, A ∑ i pi A Ji A−1 On comprend alors aisément le mode de construction : on part du niveau de l’indice de l’année précédente et on
    construit les indices agrégés mensuels de l’année A en référence à cet indice annuel. Pour y parvenir, on
    applique un indice d’évolution construit à partir des moyennes pondérées des sous-indices (mensuels au numérateur et annuel au dénominateur). L’indice est : • chaîné28 car l’indice se déduit de la valeur de la période précédente et ainsi de suite ; • à recouvrement annuel, car le chaînage s’appuie sur la moyenne annuelle de l’année précédente, ce qui
    permet de garantir la qualité de l’évolution annuelle et de passer directement à un indice annuel chaîné
    en sommant les indices mensuels. En effet, si l’on somme les indices des différents mois de l’année A, on obtient facilement que J Agg A J Agg A−1 = ∑ i pi A Ji A ∑ i pi A Ji A−1 . Autrement dit, l’évolution annuelle de l’indice agrégé s’obtient comme le ratio des
    moyennes des sous-indices pondérées par le même système (les pondérations pi A ,i∈A , cf. chapitre 7 pour la
    présentation du calcul de ces pondérations) : c’est un indice ce Laspeyres (chaîné). 27 La formule doit être ajustée légèrement pour le calcul des indices sur la période qui s’étend avant l’année de base (les
    calculs sont effectués en partant des indices de cette année de base, avant et après) et pour l’année de base qui sert de
    référence. 28 L’IPI est donc au final un indice doublement chaîné :
  • il résultera d’un calcul d’indices élémentaires par chaînage au mois le mois des séries ;
  • les indices agrégés sont également calculés par chaînage à partir des indices de l’année précédente et des indices de niveaux inférieurs. 45 Remarques : • La formule d’agrégation dans le cas d’indices à pondérations constantes s’écrivait : J Agg m, A = ∑ i pi Aref Ji m, A ∑ i pi Aref • La mise en place de la nouvelle méthodologie s’est accompagnée d’une rétropolation des pondérations
    sur longue période (cf. infra) ; • L’utilisation des méthodes de chaînage pour l’IPI revêt quelques inconvénients, liés en partie à la plus
    grande complexité des calculs : ◦ le calcul exact des contributions de sous-séries à l’évolution d’un agrégat est plus complexe ; ◦ l’évolution du premier mois de l’année par rapport au dernier mois de l’année précédente est
    affectée par le changement de pondération (cf. section 3). 2- Le principe de calcul des pondérations 2.1- Type de pondérations utilisées Le règlement européen sur les statistiques de court terme 29 indique pour chaque indicateur de court terme la
    variable de pondérations à utiliser de façon privilégiée pour l’agrégation des indices élémentaires. Pour l’IPI, il
    s’agit de la valeur ajoutée (VA). Il est important de noter que ce choix relève à la fois de considérations
    pratiques, théoriques mais aussi de conventions ( cf. encadré). En effet, comme évoqué dans le chapitre 1, au
    niveau élémentaire les évolutions mesurées par l’IPI ne s’apparentent pas exactement à des évolutions en la
    valeur ajoutée. Eurostat préconise l'usage de la VA issue des enquêtes structurelles d’entreprises. Néanmoins, en France, les
    statistiques structurelles sur les entreprises ne permettent pas de calculer directement une VA par branche. Le
    calcul des pondérations s’appuie d’abord sur les données de VA par branche des comptes nationaux (nomenclature agrégée, niveau A129). Ce niveau n’est toutefois pas assez fin pour l’IPI, une ventilation au
    niveau le plus fin est alors ensuite effectuée à partir des données structurelles annuelles de chiffre d’affaires par
    branche (cf. schéma). Encadré 1 : Pourquoi utiliser des pondérations en VA ? L’utilisation de la VA comme unité de pondération pour agréger les indices répond à une préconisation d’Eurostat. Cette préconisation induit une mesure particulière de l’évolution de l’activité. Ainsi, une première possibilité serait de construire des indices de Laspeyres des quantités produites à partir de
    pondérations en prix. Ces indices sont les plus simples et apparaissent conformes à la représentation habituelle
    en matière de valeur de « paniers » de quantités produites. Ils présentent cependant le défaut de valoriser plusieurs fois la production des biens intermédiaires. La production industrielle dans son ensemble est constituée de produits dont les uns – les biens de consommation et les biens d’équipement – ont atteint le stade final d’élaboration et ne sont donc plus transformés avant
    d’atteindre leur destinataire final, et les autres – les biens intermédiaires – doivent être transformés plusieurs fois
    avant d’atteindre le stade final d’élaboration. Les indices de production brute sont pertinents pour suivre la
    production des biens de consommation ou celle des biens d’équipement : le système de pondérations par les prix
    unitaires de l’année de base est clair, et convient équitablement pour valoriser un panier de produits qui ont tous
    atteint le stade final d’élaboration. En revanche, les indices de production brute ne conviennent, ni pour suivre la
    29 Cf. Methodology of short term business statistics - Interpretation and guidelines, Eurostat, 2006 46 production des biens intermédiaires, ni pour suivre la production de l’ensemble de l’industrie, car ces indices
    surpondèrent la production des biens situés en aval du processus de production. Par exemple, l’utilisation d’un
    indice de production brute valoriserait la production de la série « automobile » à un prix qui comprend la valeur
    des tôles d’acier, du verre, des pneumatiques, etc. qui ont servi à sa fabrication alors que la production de ces
    biens a déjà été prise en compte dans les séries « tôles d’acier », « verre plat » et « pneumatiques ». La valeur de biens intermédiaires serait alors comptée plusieurs fois. Le système de pondérations n’accorde pas à chaque
    famille de produits un poids proportionnel à l’importance économique de la production de ces produits : il est
    biaisé parce qu’il accorde systématiquement un poids plus élevé aux produits qui sont situés en aval des filières
    de fabrication. Pour contourner cette difficulté, il est possible d’utiliser le concept de VA. La VAest un des soldes du compte de
    production. Elle est égale à la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire. Cet indice est appelé indice de production nette, de manière à rappeler le choix d’un système de pondérations qui
    permet de le distinguer de l’indice plus simple de production brute. En pratique toutefois, le qualificatif « nette » est le plus souvent omis. 2.2- Données utilisées et calcul de la répartition de la VA 2.2.1- Les données des comptes nationaux Afin d’équilibrer entre disponibilité et robustesse des données, le calcul des pondérations s’appuie en régime
    courant sur la version semi-définitive des comptes nationaux (disponible en mai N+2 pour l’année N). Les
    pondérations utilisées pour la rétropolation (indices chaînés à pondérations annuelles) sur longue période s’appuient néanmoins sur les comptes définitifs. La variable utilisée est la valeur ajoutée au prix de base des branches industrielles sur l’ensemble des
    secteurs institutionnels30. La VA au prix de base se définit comme la VA au prix du producteur de laquelle sont
    déduits les impôts sur les produits et ajoutées les subventions sur les produits : VA au prix de base = VA brute31 + Subventions – impôts sur les produits Les données Esane Données individuelles ou agrégats composites La ventilation au niveau sous-classes des données des comptes nationaux est effectuée à partir des données en
    chiffre d’affaires32 des statistiques structurelles d’entreprise issues d'Esane. Les données d’Esane sont disponibles sous forme de fichiers de données individuelles, ainsi que sous forme agrégée au niveau sous- classes. Ces agrégats, appelés agrégats composites, sont obtenus à l’issue d’un processus complexe de redressement. Dans les deux cas, existent des données « secteurs » (données collectées au niveau « entreprise ») et de données « branches » (ventilation en branches du chiffre d’affaires). Le calcul des pondérations s’appuie désormais sur les fichiers agrégés. Ce choix semble plus efficient puisque
    des macro-contrôles Esane s’appliquent aux agrégats, ce qui assure une fiabilité a priori plus grande. En outre, la mise en œuvre est plus rapide. 30 Dans l’industrie, il n’existe que quelques branches pour lesquelles la valeur ajoutée des SNFEI (Sociétés non financières et
    entreprises individuelles) diffère de celle de l’ensemble des secteurs institutionnels. Il s’agit essentiellement des branches E36Z
    (Captage, traitement et distribution d’eau ) et E37Z (Collecte et traitement des eaux usées où l’on trouve des communes et des régies. Le choix a été fait, par simplicité et cohérence avec ce qui est publié, et comme cela était le cas pour les bases
    précédentes, de retenir la valeur ajoutée sur l’ensemble des secteurs institutionnels. 31 VA = Ventes de marchandises - Achats de marchandises - Variations de stocks de marchandises
  • Production de biens vendue
  • Production vendue de services
  • Production stockée
  • Production immobilisée
  • Autres productions
  • Achats de matières premières
    
  • Variations de stock de matières premières
  • Autres achats et charges externes
  • Autres charges. 32 Les données en VA par branche n’étant pas disponibles. 47 On a donc : Poidssous−classe i=VA niveau A129 ∋ i comptesnationaux × CAsous-classe i Esanebranches CA niveau A129 ∋ i Esanebranches 2.2.2- Les données de l’EAP Les données de l’enquête annuelle de production (EAP) sont utilisées pour ventiler la VA au niveau des séries
    élémentaires (cf. figure 1). La collecte des données sur les produits industriels se fait à un niveau très fin de nomenclature ; cet outil est donc tout particulièrement adapté pour calculer les pondérations au niveau fin des séries élémentaires, qui sont de plus
    dérivées de la classification des produits de l’EAP. La variable utilisée correspond aux « facturations » de l'EAP. La définition de l’industrie retenue dans l’IPI étant
    celle de l’ONU, le modèle M1 ( cf. chapitre 2) a été exclu pour tous les produits pour lesquels la ventilation par
    modèles économiques est disponible dans l’enquête. Pour les autres produits ou activités, les facturations totales
    ont été retenues. L’EAP est utilisée pour toutes les branches de l’industrie sauf pour les industries agroalimentaires (IAA), pour
    lesquelles la ventilation repose sur les enquêtes annuelles de branche du SSP (Service statistique du ministère de
    l’agriculture), ou dans les cas où le contour de la série élémentaire coïncide avec celui de la sous-classe (cas par
    exemple de l’aéronautique). On a donc : Poidssérie élémentaire i=Poidssous-classe ∋ i× Facturationssérie élémentaire i EAP Facturationssous-classe ∋ i EAP Remarque 1 : Au niveau des séries élémentaires, jusqu'en 2016 les pondérations de l’IPI n’utilisaient pas la VA totale d’une
    branche mais la part de la VA couverte par les séries IPI ( cf. chapitre 3 pour la définition du taux de couverture).
    Le choix à faire dépend du message ou du sens que l’on veut donner à la diffusion IPI.
  • Cas 1 : la VA de la branche est corrigée par le taux de couverture Si l’on considère par exemple 2 branches A et B avec la même VA (100). Dans la branche A, l’IPI couvre 70 % ; dans la branche B, l’IPI couvre 50 %. Si l’indice de A augmente de 1 point alors que l’indice de B diminue de 1
    point, l’évolution de l’agrégat (A+B) sera positive. Implicitement le message destiné aux utilisateurs est que la
    branche A est davantage représentée.
  • Cas 2 : la VA de la branche n’est pas corrigée par le taux de couverture Dans ce cas, le message est différent, l’IPI publié représente l’évolution de la production de la branche indépendamment de la couverture ; autrement dit, on fait l'hypothèse que l’évolution de l’IPI sur une série
    élémentaire reflète l’évolution de l’ensemble de la branche associée, en dépit d’une couverture des produits
    fabriqués inférieure à 100 %. En reprenant l’exemple ci-dessus, l’évolution de l’agrégation (A + B) serait nulle. L’Insee a opté pour la deuxième solution qui semble plus pertinente et plus conforme avec les objectifs de
    publication de l'IPI. Remarque 2 : 48 S'agissant du secteur de la « construction », Eurostat a défini une nomenclature spécifique, la nomenclature CC
    (classification des types de construction), qui n’est pas directement reliée à la nomenclature NACE4. Une table
    de passage33 entre les codes sous-classes en NAF rev.2 et les agrégats de cette classification, à savoir « bâtiment » et « travaux publics », a donc été construite. Dans le cadre du prochain règlement européen sur les statistiques de court terme l'indice de la production dans la
    construction s’appuiera sur la nomenclature NACE et distinguera les niveaux 41, 42 et 43 de la NACE. 2.2.3- Nécessité de corriger les poids en VA et recalage Les pondérations étant appliquées aux indices et non aux évolutions (cf. formule présentée en 1.2), il est
    nécessaire de corriger les poids en VA par l’évolution des indices depuis l’année de base. Il s’agit de ne pas
    compter 2 fois les évolutions en volume entre l’année de référence et l’année de base : une première fois dans les pondérations et une seconde fois dans les indices. Prenons l’exemple de deux indices A et B que l’on agrège en un niveau C, les deux branches étant réparties
    équitablement (chacune représentant 50 % en part de VA de la série C). Par définition, les deux indices A et B
    valent 100 en moyenne 2015. On se place désormais en 2017 et supposons que la branche A ait doublé en
    volume entre-temps alors que la branche B soit restée au même niveau. Ce doublement d’importance doit
    apparaître dans les données de VA issues des comptes nationaux et utilisées pour le calcul des pondérations.
    Hors effets prix, la VA de la branche A représente désormais 67 % du total (branche C) et la branche B 33 %. Dans le même temps, l’indice A a doublé passant à 200 tandis que l’indice B est resté constant à 100. On voit
    donc que si l’on agrège les indices A et B en 2017 en s’appuyant sur les poids en VA 2017, on va compter deux
    fois l’évolution observée sur la branche A : une première fois car l’indice a doublé (normal) et une deuxième fois à travers la mise à jour de sa pondération. Il est donc nécessaire de corriger le poids 2017 par l’évolution de la
    valeur ajoutée entre 2015 et 2017. Avec les notations de la section 1.2 et en notant vai A−1 la part en VA de la branche i dans l’agrégat
    immédiatement supérieur (« Agg »), les pondérations corrigées s’écrivent alors (quel que soit le niveau de nomenclature) : pi A =vai A−1∗ Ji Aref Ji A−1 =vai A−1∗100 Ji A−1 Comme il est nécessaire de connaître l’indice agrégé en moyenne annuelle de l’année précédente pour le calcul,
    il faut progresser de façon itérative en partant des niveaux les plus fins (approche montante « bottom-up ») : • on part des indices élémentaires qui sont connus ( cf. chapitre précédent) et on calcule les indices
    moyens annuels au niveau élémentaire, ce qui permet de calculer les pondérations à ce niveau ; • à l’aide des indices élémentaires et des pondérations, on peut calculer les indices au niveau supérieur ; • de nouveau, on peut calculer les pondérations à l’aide des VA connues par ailleurs et les indices annuels moyens ; • et ainsi de suite, jusqu’aux niveaux les plus agrégés. Enfin, afin de respecter les propriétés d’additivité, on procède en sens inverse pour recaler les poids (approche
    descendante « top-down ») afin que la somme des poids des sous-branches d’un agrégat soit égale à 1. L’ensemble des opérations pour le calcul des pondérations est résumé dans la figure 1. 33 À noter qu’une relation directe existait entre la NAF rev. 1 et la nomenclature CC. 49 Figure 1 : principales étapes du calcul des pondérations
    2.2.4- La rétropolation des pondérations sur longue période Au vu des nombreuses sources nécessaires pour le calcul des pondérations, celles-ci ont pu être calculées de
    façon standard à partir de 2010. Auparavant, les évolutions des nomenclatures ou des sources (par exemple le
    passage des EAB à l’EAP) n’ont pas permis un calcul systématique sous cette forme. Afin de pouvoir chaîner les indices sur longue période (depuis 1990), il a été nécessaire de procéder à une
    rétropolation à partir des informations disponibles : comptes nationaux en branche disponibles sur longue période (niveau A129 depuis 1999 et niveau A88 avant), et aux niveaux plus fins, utilisation des pondérations
    des anciennes bases de l’IPI et interpolation entre deux années de référence. Avant 2000, la structure « infra NAF A88 » est ainsi constante. 2.2.5- Mise à jour des pondérations et révisions Compte tenu des délais de disponibilité des données rentrant dans la construction des pondérations (le compte
    annuel dit « semi-définitif » pour l’année 2017 sera par exemple publié en mai 2019), les indices récents (année
    N) s’appuient, dans un premier temps tout au moins, sur des pondérations calculées sur des données antérieures,
    en attendant que les données N-1 (année de référence utilisée pour le calcul des pondérations) soient publiées.
    Ces opérations peuvent naturellement générer quelques révisions sur les dernières années. 3- Pour aller plus loin : interprétation des formules de chaînage pour les évolutions mensuelles et annuelles En faisant apparaître les valeurs ajoutées dans la formule de chaînage, on obtient après simplification : J Agg m,A =JAgg A−1 ×∑i ( VAi A−1 ∑k VAk A−1 ) Ji m,A Ji A−1
    50 Utilisation au niveau A129 et supérieurs (A88, A38, MIGs, etc.) de la V A des comptes nationaux annuels au prix de base (prix courants) Ventilation jusqu’au niveau sous-classe de la NAF rév.2 à partir des données en chiffre d’affaires par branche issues du répertoire ESANE Passage du niveau sous-classe au niveau séries élémentaires : Utilisation du chiffre d’affaires par branche issu de l’EAP Calcul des pondérations corrigées, de façon itérative en partant des niveaux les plus fins (niveau séries élémentaires, puis niveaux sous-classes, classes, niveau A129, A88, ...) Calage des pondérations en repartant cette fois des niveaux agrégés (par exemple la somme des pondérations des branches C1 à C5 de la branche CZ – industrie manufacturière doit être égale à 1, et ainsi de suite, jusqu’aux pondérations du niveau séries élémentaires) avec VAi A−1 la valeur ajoutée de la branche i pour l’année A-1. L’évolution de l’indice agrégé entre deux mois (m) et (m+1) d’une même année (m ne peut être le mois de décembre) s’écrit alors : J Agg m+1, A J Agg m, A =∑i VA j A−1 ∑k VA k A−1×Ji m+1, A J i m, A L’évolution correspond donc simplement à la moyenne des évolutions élémentaires, pondérées par la part des sous-branches dans l’agrégat. De la même façon, l’évolution annuelle entre (A-1) et (A) s’écrit J Agg A J Agg A−1=∑i VA j A−1 ∑k VA k A−1× J i A Ji A−1 . Autrement dit, pour calculer l’évolution annuelle, on part de la structure en valeur ajoutée de l’année précédente et on applique les évolutions des indices en moyenne annuelle. La relation entre les mois de janvier de l’année A et de décembre de l’année A-1 est quant à elle plus complexe, puisqu’elle intègre implicitement le choc lié au changement de pondérations (passage des pondérations s’appuyant sur la VA A-2 aux pondérations s’appuyant sur la VA A-1 avec le changement d’année). 51