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72 Revenus et patrimoine des ménages – Insee Références – Édition 2024  Définitions Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation. Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus d’un même ménage. Les unités de consommation (UC) sont calculées selon l’échelle d’équivalence dite de l’OCDE modifiée qui attribue 1 UC au premier adulte du ménage, 0,5 UC aux autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans. Le logement ordinaire est un logement défini par opposition à un logement en résidence offrant des services spécifiques (résidences pour personnes âgées, pour étudiants, de tourisme, à vocation sociale, pour personnes handicapées, foyers de travailleurs, etc.). En ordonnant une distribution de revenus, de niveaux de vie, etc., les déciles (notés généralement de D1 à D9) sont les valeurs qui partagent cette distribution en dix parties d’effectifs égaux. Les quintiles la partagent en cinq parties d’effectifs égaux. Le rapport interdécile est le rapport du 9e décile au 1er décile (D9/D1). Il met en évidence l’écart entre le revenu (ou le niveau de vie) plancher des 10 % des ménages les plus aisés et le revenu plafond des 10 % des ménages les plus modestes. La notion d’unité urbaine repose sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. Les unités urbaines sont construites d’après la définition suivante : une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants. Ici, les unités urbaines de plus de 10 000 habitants sont utilisées pour définir les territoires urbains. L’environnement urbain d’une unité urbaine de plus de 10 000 habitants comportant au moins un quartier pauvre ou aisé est l’espace qui correspond à l’unité urbaine privée de ses quartiers pauvres et aisés. Les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) sont des territoires d’intervention du ministère de la Ville. Ces quartiers de 1 000 habitants minimum, étudiés ici selon leurs périmètres en vigueur depuis le 1er janvier 2024 pour la métropole et au 1er janvier 2015 pour la Martinique et La Réunion, ont été définis en se fondant sur la faiblesse des revenus de leurs habitants. Une famille est la partie d’un ménage comprenant au moins deux personnes et constituée : • soit d’un couple vivant au sein du ménage, avec le cas échéant son ou ses enfant(s) appartenant au même ménage ; • soit d’un adulte avec son ou ses enfant(s) appartenant au même ménage (famille monoparentale). Pour qu’une personne soit enfant d’une famille, elle doit être célibataire et ne pas avoir de conjoint ou d’enfant faisant partie du même ménage. Un ménage peut comprendre zéro, une ou plusieurs familles. La suroccupation d’un logement fait référence à la place disponible ou à l’intimité pour un ménage. Pour qu’un logement ne soit pas trop petit pour ses occupants, il doit se composer d’au moins une pièce de séjour, une pièce pour chaque couple, une pièce pour chaque autre adulte ayant 19 ans ou plus, une pièce pour deux enfants s’ils sont de même sexe ou ont moins de 7 ans, et une pièce par enfant sinon. Le taux de suroccupation des logements est ici calculé en rapportant le nombre de logements suroccupés à l’ensemble des résidences principales pour les logements de deux personnes ou plus. Le taux d’activité au sens du recensement de la population est le rapport entre le nombre d’actifs au sens du recensement (actifs occupés au sens du recensement et chômeurs au sens du recensement) et l’ensemble de la population correspondante. Le taux de chômage au sens du recensement de la population est la proportion du nombre de chômeurs au sens du recensement dans la population active au sens du recensement. Le taux d’emploi au sens du recensement de la population rapporte le nombre de personnes en emploi an sens du recensement à la population totale. La nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) classe la population selon la profession actuelle (ou l’ancienne profession), le statut (salarié ou non), le nombre de personnes travaillant dans l’entreprise pour les indépendants et, pour les salariés, la nature de l’employeur (public ou privé) et le niveau de qualification. À partir de ces paramètres, l’algorithme de constitution procède de manière itérative pour définir les quartiers les plus grands et peuplés possibles respectant les contraintes de contiguïté et de niveau de vie. À chaque itération, il mène les opérations suivantes (ici décrites dans le cas des quartiers pauvres) :

  1. Présélection de carreaux : identification des carreaux pour lesquels le niveau de vie médian, calculé carreau par carreau, est inférieur à un certain seuil (qui diminue au fil des itérations, en commençant à 5 000 euros au‑dessus du seuil de bas revenus) ;
  2. Constitution d’amas de carreaux contigus : regroupement des carreaux présélectionnés contigus (y compris en diagonale) ;
  3. Comparaison au seuil de bas revenus de l’unité urbaine : les amas de carreaux contigus ainsi constitués dont le revenu médian, calculé sur tous les carreaux de l’amas pris ensemble, est inférieur au seuil de bas revenu de l’unité urbaine constituent chacun un quartier pauvre. Aux itérations suivantes, le seuil de présélection des carreaux est progressivement abaissé de 200 euros en 200 euros, ce qui permet d’obtenir des quartiers pauvres supplémentaires, soit inclus dans des quartiers déjà définis aux itérations précédentes, soit complètement nouveaux. Les quartiers inclus dans ceux déjà définis aux itérations précédentes ne sont pas retenus car un quartier plus grand (dans lequel ils sont inclus) a été constitué aux étapes précédentes. À la fin de l’algorithme, est conservé l’ensemble des quartiers retenus à chaque itération et respectant le seuil de taille (500 habitants). Le mécanisme est symétrique pour la définition des quartiers aisés, le seuil de niveau de vie étant cette fois‑ci augmenté à chaque itération jusqu’à ce qu’il ne permette plus d’identifier de nouveaux quartiers.

73 Insee Références – Édition 2024 – Dossiers – Qui habite dans les quartiers les plus pauvres et les plus aisés de France ?  Pour en savoir plus • Algava É., Bloch K., Robert‑Bobée I., « Les familles en 2020 : 25 % de familles monoparentales, 21 % de familles nombreuses », Insee Focus no 249, septembre 2021. • Cohen C., Potin‑Finette A., « Portrait des nouveaux quartiers prioritaires de la politique de la ville en France métropolitaine », Insee Première no 2008, août 2024. • Decorme H., Labosse A., « Ségrégation résidentielle dans les pôles d’Annecy, Chambéry et Valence : populations aisées et modestes n’ont pas les mêmes adresses », Insee Analyses Auvergne‑Rhône‑Alpes no 152, décembre 2022. • de Lapasse B., « Détermination, à partir des données fiscales carroyées, de territoires “cibles” pour la refonte de la géographie prioritaire de la politique de la ville », Journées de Méthodologie Statistique de l’Insee, 2015. • Floch J.‑M., « Disparités de revenus et ségrégation dans les grands pôles urbains », in Les revenus et le patrimoine des ménages, coll. « Insee Références », édition 2016. • Floch J.‑M., « Des revenus élevés et en plus forte hausse dans les couronnes des grandes aires urbaines », in France, portrait social, coll. « Insee Références », édition 2014. • Floch J.‑M., « Cartographier la mixité sociale à l’aide des revenus fiscaux localisés », in Rapport de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles, novembre 2012. • Gerardin M., Pramil J., « En 15 ans, les disparités entre quartiers, mesurées selon le revenu, se sont accentuées dans la plupart des grandes villes », Insee Analyses no 79, janvier 2023.

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78 Revenus et patrimoine des ménages – Insee Références – Édition 2024 1.1 Revenu des ménages en comptabilité nationale Au niveau de la Nation, la masse des ressources disponibles de l’ensemble des ménages est mesurée par le revenu disponible brut (RDB) des ménages. Ce dernier prend en compte l’ensemble des revenus d’activité nets des cotisations sociales (salaires et revenus des entrepreneurs individuels hors cotisations sociales), les revenus du patrimoine (intérêts, dividendes, loyers réels et imputés), les prestations sociales en espèces et les autres transferts courants auxquels sont déduits les impôts sur le revenu et le patrimoine. En 2023, le RDB des ménages s’accroît en valeur de 8,0 %, davantage que les années précédentes (+5,2 % en 2022, et +4,8 % en 2021)    figure 1. Les revenus d’activité nets augmentent en 2023, mais moins que les années précédentes (+5,0 %, contre +7,2 % en 2022 et +7,7 % en 2021). Le revenu moyen par tête progresse fortement, porté par la revalorisation du Smic (+5,4 % en moyenne sur l’année 2023) et celle du point d’indice de la fonction publique (+2,4 %). En revanche, la progression du volume d’emploi salarié en équivalent temps plein s’atténue : +1,0 % en 2023, contre +2,4 % en 2022 et +3,0 % en 2021. Les prestations sociales en espèces versées aux ménages progressent (+4,7 %, après +1,7 % en 2022). En particulier, les pensions de retraite augmentent de 5,2 %, sous l’effet de la revalorisation en année pleine de juillet 2022 et d’une revalorisation résiduelle début 2023. Les revenus du patrimoine augmentent fortement (+17,4 % en 2023, après +6,4 % en 2022), avec la hausse des intérêts reçus sur les dépôts bancaires. Toutefois, cette hausse résulte du traitement comptable des flux d’intérêts qui sont enregistrés pour partie en consommation d’un service d’intermédiation financière fourni par les institutions financières. Le taux de référence auquel les banques se prêtent entre elles au jour le jour a presque été multiplié par quatre, passant de 1,0 % en 2022 à 3,9 % en 2023. Cette hausse, qui concerne surtout les intérêts liés aux dépôts, s’est traduite quasi intégralement par une augmentation en valeur de ces services d’intermédiation financière, portée par un effet prix. La remontée des taux d’intérêt a donc entraîné à la fois une hausse des intérêts perçus par les ménages, mais aussi une hausse des prix des services financiers consommés. Ainsi, l’effet de la croissance des revenus du patrimoine sur le pouvoir d’achat est modéré. Les impôts courants sur le revenu et le patrimoine ralentissent (+2,2 % en 2023, après +7,5 % en 2022). L’indexation du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation diminue le rendement de l’impôt sur le revenu, et la dernière étape de la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales réduit le montant des impôts sur le patrimoine. Ces facteurs de baisse sont compensés par la hausse des recettes issues de la contribution sociale généralisée (CSG) et de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) (+4,4 %, après +9,4 % en 2022). Malgré la forte hausse du RDB en valeur, le pouvoir d’achat du RDB des ménages ne progresse que de 0,8 % en 2023, en lien avec la nette reprise de l’inflation (+7,1 % en 2023, contre +4,9 % en 2022 et +0,8 % en moyenne entre 2011 et 2021)    figure 2. Hors services financiers, la hausse des prix est particulièrement marquée pour les produits énergétiques (gaz et électricité, +16,9 %) et les produits agroalimentaires (+12,8 %). Cet indicateur global ne reflète toutefois pas l’évolution individuelle moyenne du pouvoir d’achat. Rapporté au nombre d’unités de consommation (UC) pour tenir compte de l’évolution du nombre et de la composition des ménages, le pouvoir d’achat par UC croît de 0,3 % en 2023, après avoir diminué de 0,4 % en 2022. Sur longue période, le pouvoir d’achat du RDB a été multiplié par 5,3 depuis 1960    figure 3. Rapporté au nombre d’UC, le pouvoir d’achat du RDB a été multiplié par 3,2 par rapport à son niveau de 1960. Depuis 2010, le pouvoir d’achat du RDB a augmenté en moyenne de 1,0 % par an ; rapporté au nombre d’UC, l’augmentation est plus modérée (+0,4 % en moyenne par an).   Définitions Revenu disponible brut (RDB) des ménages, pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) des ménages, unités de consommation (UC) : voir Glossaire.  Pour en savoir plus « Les comptes de la Nation en 2023 », Insee Première no 1997, mai 2024.