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68 Revenus et patrimoine des ménages – Insee Références – Édition 2024 La part de la population entre 25 et 59 ans est presque la même dans les différents types d’espaces (autour de 44 %). Les plus jeunes, en particulier les enfants, sont donc surreprésentés dans les quartiers pauvres : 24 % des habitants ont moins de 15 ans, contre 16 % dans les quartiers aisés et 17 % dans l’environnement urbain. Trois fois plus de familles monoparentales dans les quartiers pauvres que dans les quartiers aisés Les familles monoparentales sont davantage présentes dans les quartiers pauvres : 32 % des familles habitant dans ces quartiers sont des familles monoparentales, contre 13 % dans les quartiers aisés et 19 % dans les environnements urbains    figure 8. Dans certaines unités urbaines de l’Ouest (comme Saint‑Malo, La Rochelle) et du Nord (comme Armentières, Boulogne‑sur‑Mer), la part de familles monoparentales est supérieure à 40 % au sein des quartiers pauvres, tandis qu’elle y est inférieure à 10 % dans les quartiers aisés. Cette proportion est encore plus forte dans les quartiers pauvres de Martinique (55 %) et de La Réunion (49 %).  8. Caractéristiques sociodémographiques selon le type d’espace en % Espace Part de familles monoparentales Part de ménages propriétaires Taux d’activité des 15-64 ans Taux d’emploi des 15-64 ans Taux de chômage Quartiers pauvres 32 18 64 46 28 Environnement urbain 19 50 74 64 14 Quartiers aisés 13 60 77 71 8 Lecture : Dans les quartiers pauvres, 32 % des familles sont monoparentales. Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion. Unités urbaines de 10 000 habitants ou plus. Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2021 ; Insee, recensement de la population 2020 ; calculs Insee pour la définition des quartiers.  7. Pyramide des âges en fonction du type de quartier 0 à 4 10 à 14 20 à 24 30 à 34 40 à 44 50 à 54 60 à 64 70 à 74 80 à 84 95 ou plus 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Âge (en années) Quartiers pauvres en % en % Quartiers aisés 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Lecture : 8 % des habitants des quartiers pauvres ont moins de 4 ans, contre 5 % dans les quartiers aisés. Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion. Unités urbaines de 10 000 habitants ou plus. Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2021 ; Insee, recensement de la population 2020 ; calculs Insee pour la définition des quartiers. De plus, la taille des ménages est en moyenne plus grande dans les quartiers pauvres. En France métropolitaine, à La Réunion et en Martinique, la part des ménages de six personnes ou plus est plus élevée dans les quartiers pauvres (5 %) que dans les quartiers aisés (1 %) ou dans l’environnement urbain (2 %). Dans l’unité urbaine de Paris, cette proportion atteint 7 % dans les quartiers pauvres (contre 1 % dans les quartiers aisés et 3 % dans l’environnement urbain).

69 Insee Références – Édition 2024 – Dossiers – Qui habite dans les quartiers les plus pauvres et les plus aisés de France ? Un taux de suroccupation des logements 2,5 fois plus élevé dans les quartiers pauvres que dans les quartiers aisés Le taux de suroccupation des logements est 2,5 fois plus élevé dans les quartiers pauvres que dans les quartiers aisés (14 % contre 6 %). Dans l’unité urbaine parisienne, la part de logements suroccupés est encore plus marquée : 26 % des résidences principales des quartiers pauvres contre 9 % dans les quartiers aisés. Seuls les quartiers pauvres de l’unité urbaine de Nice se rapprochent d’une telle proportion (26 % également). En dehors de l’unité urbaine parisienne, la part de logements suroccupés dans les quartiers pauvres atteint 10 % alors qu’elle est de seulement 2 % dans les quartiers aisés. Il y a ainsi presque autant de résidences principales suroccupées dans les quartiers aisés de l’unité urbaine de Paris que dans les quartiers pauvres hors unité urbaine de Paris. Huit ménages sur dix des quartiers pauvres sont locataires, dans l’unité urbaine de Paris comme en dehors. Dans les quartiers aisés, les propriétaires sont majoritaires hors unité urbaine de Paris (69 %), mais la situation est plus équilibrée dans l’unité urbaine de Paris : 53 % des ménages sont propriétaires de leur résidence principale et 43 % sont locataires (et 4 % logés à titre gratuit). Cette moindre propriété est accentuée à Paris intra‑muros où la part de ménages propriétaires dans les quartiers aisés de la capitale ne dépasse pas 39 %. La deuxième grande unité urbaine où la part de propriétaires est la plus faible au sein des quartiers aisés est celle de Reims (44 % de propriétaires). À l’inverse, dans les Ardennes, 93 % des ménages des quartiers aisés sont propriétaires de leur résidence principale. Des taux d’activité et d’emploi plus faibles dans les quartiers pauvres, en particulier pour les femmes Le taux d’activité au sens du recensement de la population des 15‑64 ans est plus faible dans les quartiers pauvres (64 % en 2021, contre 77 % dans les quartiers aisés), en particulier chez les femmes (58 %, contre 75 % en quartier aisé). On peut expliquer ce faible taux d’activité pour les femmes des quartiers pauvres notamment par la forte proportion de familles monoparentales, en moyenne plus inactives que les autres, combinée au fait que quatre parents de familles monoparentales sur cinq sont des femmes [Algava et al., 2021]. En revanche, les jeunes de 15‑24 ans ont un taux d’activité plus élevé dans les quartiers pauvres (39 %) que dans les quartiers aisés (32 %) puisqu’ils prolongent moins leurs études, avec un taux de scolarisation moyen entre 15 et 24 ans de seulement 61 %, contre 79 % dans les quartiers aisés. Les quartiers pauvres sont aussi plus durement touchés par le chômage. Alors que le taux de chômage au sens du recensement de la population est de 8 % dans les quartiers aisés, il atteint 28 % dans les quartiers pauvres (21 % pour ceux de l’unité urbaine parisienne), et 14 % dans les environnements urbains. Cet écart est particulièrement fort dans les quartiers pauvres du nord‑est de la France où le taux de chômage au sens du recensement y dépasse souvent les 40 % (40 % à Forbach, Soissons et Douai‑Lens), contre entre 6 % et 9 % dans les quartiers aisés de ces unités urbaines. Ainsi, le taux d’emploi au sens du recensement de la population des 15‑64 ans est particulièrement faible dans les quartiers pauvres : 46 %, contre 71 % dans les quartiers aisés et 64 % dans les environnements urbains. L’écart entre les femmes et les hommes y est particulièrement marqué : 11 points, contre 5 points dans les quartiers aisés. En outre, les contrats de travail sont davantage à durée limitée dans les quartiers pauvres (23 %, contre 10 % dans les quartiers aisés) ou à temps partiel (23 % contre 15 %). Trois quarts des habitants des quartiers pauvres sont ouvriers ou employés Les quartiers pauvres et aisés se distinguent fortement selon les professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) des habitants. Alors que la répartition des PCS est assez équilibrée dans l’environnement urbain, un habitant sur deux des quartiers aisés est artisan, commerçant, chef d’entreprise ou cadre, soit quatre fois plus que dans les quartiers pauvres    figure 9. À l’inverse, la part d’ouvriers et d’employés est près de trois fois plus élevée dans les quartiers pauvres que dans les quartiers aisés (71 % contre 24 %).

70 Revenus et patrimoine des ménages – Insee Références – Édition 2024  9. Répartition des personnes actives selon leur catégorie socioprofessionnelle, par type d’espace de résidence 0 20 40 60 80 100 Quartiers pauvres Environnement urbain Quartiers aisés en % Artisans, commerçants, chefs d'entreprise Professions intermédiaires Cadres et professions intellectuelles supérieures Employés Ouvriers Lecture : 34 % des actifs habitant des quartiers pauvres sont ouvriers. Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion, personnes actives. Unités urbaines de 10 000 habitants ou plus. Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2021 ; Insee, recensement de la population 2020 ; calculs Insee pour la définition des quartiers.  10. Répartition des personnes selon leur plus haut diplôme obtenu, par type d’espace de résidence 0 20 40 60 80 100 Quartiers pauvres Environnement urbain Quartiers aisés en % Diplôme de niveau bac+2 ou supérieur Diplôme de niveau baccalauréat Diplôme de niveau inférieur au baccalauréat Sans diplôme Lecture : Dans les quartiers pauvres, 44 % des personnes de 15 ans ou plus non scolarisées déclarent n’avoir aucun diplôme. Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion, personnes âgées de 15 ans ou plus non scolarisées. Unités urbaines de 10 000 habitants ou plus. Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2021 ; Insee, recensement de la population 2020 ; calculs Insee pour la définition des quartiers. Ces différences de PCS sont liées notamment aux niveaux de diplômes obtenus. Dans les quartiers pauvres, 44 % des habitants de 15 ans ou plus non scolarisés disent n’avoir aucun diplôme, alors que cette proportion est trois fois moindre dans les quartiers aisés (14 %)    figure 10. Les unités urbaines de grandes tailles concentrent plus de diplômés du supérieur, quel que soit le type d’espace. C’est particulièrement vrai pour l’unité urbaine parisienne : 65 % des habitants des quartiers aisés y ont un diplôme supérieur au baccalauréat, contre 20 % dans ses quartiers pauvres et 38 % dans l’environnement urbain. 

71 Insee Références – Édition 2024 – Dossiers – Qui habite dans les quartiers les plus pauvres et les plus aisés de France ? Auteurs : Kim Antunez (Insee) Alexandre Damperon (Insee)  Sources La construction des contours de ces quartiers s’appuie sur la source Revenus localisés sociaux et fiscaux (Filosofi), issue d’un rapprochement de fichiers administratifs exhaustifs d’origine fiscale (comme les déclarations d’impôt sur le revenu et de taxe d’habitation) et sociale (comme les fichiers détaillant les versements de prestations sociales effectués par la Caisse nationale des allocations familiales et d’autres organismes). Cette source est mobilisée pour mesurer les revenus, la pauvreté et les inégalités en France métropolitaine, en Martinique et à La Réunion à un niveau géographique fin. Filosofi ne couvre toutefois pas certains revenus (revenus exonérés d’impôt ou aides exceptionnelles par exemple). Les quartiers sont caractérisés par des données issues du Recensement de la population 2020 qui permet de produire des statistiques fiables sur les caractéristiques sociodémographiques des personnes et la structure des ménages à un niveau géographique fin. La méthode utilisée pour réaliser ces estimations est adaptée aux spécificités du recensement de la population dans les territoires étudiés. Elle repose sur le même principe que celle utilisée pour les estimations démographiques dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville et celle utilisée pour mettre à disposition de l’information sur des zonages à façon. Les contours des quartiers sont indépendants des autres zonages et peuvent se situer à l’intérieur d’une commune ou à cheval sur plusieurs communes. Les estimations sont ainsi réalisées sur chaque fraction commune x quartier et sont ensuite agrégées pour avoir les résultats au niveau quartier.  Méthodes Les territoires urbains sont appréhendés à travers un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu comportant suffisamment de population : les 528 unités urbaines de plus de 10 000 habitants. Ces espaces présentent une plus forte concentration de personnes, dont les niveaux de vie sont très faibles et très élevés que dans le reste du territoire. Ils comptent 44,2 millions d’habitants (dont 10,9 millions d’habitants dans l’unité urbaine de Paris), soit deux tiers de la population totale. Dans ces unités urbaines, les contours des quartiers sont définis à partir d’un algorithme inspiré de celui qui a orienté la construction des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) [de Lapasse, 2015]. L’algorithme utilisé définit les quartiers pauvres et aisés comme étant les regroupements de carreaux de 200 mètres de côté « les plus grands possibles » composés d’un minimum de 500 habitants et dont le niveau de vie médian est inférieur (respectivement supérieur) à un certain seuil de bas revenus (respectivement hauts revenus). Les seuils de bas et de hauts revenus diffèrent d’une unité urbaine à une autre. Ceux‑ci sont obtenus en appliquant un certain coefficient (« coefficient de bas revenus », inférieur à 1, ou « coefficient de hauts revenus », supérieur à 1) à la moyenne du niveau de vie médian national et du niveau de vie médian de l’unité urbaine. Cette définition permet ainsi de prendre en compte les deux aspects de la pauvreté : une pauvreté « absolue » par écart au niveau de vie médian national, et une pauvreté « relative » par écart au niveau de vie médian de l’unité urbaine. Les coefficients de bas et hauts revenus ont été calibrés sur les unités urbaines de 10 000 habitants ou plus hors Paris, de manière à ce que les quartiers pauvres et aisés regroupent respectivement 10 % de la population de ces unités urbaines prises ensemble. Les simulations réalisées ont ainsi conduit à les fixer respectivement à 0,646 et à 1,390. Dit autrement, le seuil de bas revenus de chaque unité urbaine vaut ainsi 0,646 x (0,5 x Nv_nat + 0,5 x Nv_uu), avec Nv_nat le niveau de vie médian national et Nv_uu le niveau de vie médian de l’unité urbaine considérée. Le seuil de hauts revenus vaut 1,390 x (0,5 x Nv_nat + 0,5 x Nv_uu). Ces mêmes coefficients de bas et hauts revenus ont ensuite été appliqués à l’unité urbaine de Paris afin de traiter cette unité urbaine spécifique (très peuplée et avec une forte dispersion de revenus, notamment dans le haut de la distribution) de façon homogène au reste de la France. Ainsi, à Nantes et à Paris, le seuil de bas revenus mensuels (par unité de consommation) est de 1 290 euros mensuels, celui de hauts revenus de 2 780 euros. Parmi les unités urbaines de plus de 100 000 habitants, c’est celle de Saint‑Pierre (La Réunion) qui présente les seuils les plus faibles (1 080 euros pour le seuil de bas revenus, 2 330 euros pour le seuil de hauts revenus) et c’est l’unité urbaine de Genève‑Annemasse (partie française) qui présente les seuils les plus élevés (1 470 euros pour le seuil de bas revenus, 3 160 euros pour le seuil de hauts revenus).