Comparaisons européennes
La France a une dispersion des niveaux de vie légèrement plus faible que la moyenne
européenne. En 2022, le rapport inter-quintile des masses de niveaux de vie est de 4,6 en
France hors Mayotte, contre 4,7 dans l'Union européenne. Avec des ratios inférieurs ou égaux
à 3,4, la Slovénie, la Belgique et la République tchèque sont les trois pays où le ratio est le plus
faible. À l'inverse, la Bulgarie (6,6) la Lituanie (6,3) et la Lettonie (6,2) se distinguent par un
niveau d’inégalités très fort.
GRAPHIQUE 1 : RAPPORT INTERQUINTILE DES MASSES DE NIVEAU DE VIE (100-S80)/S20
AVANT ET APRÈS REDISTRIBUTION
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020¹
2021
2022
2,0
3,0
4,0
5,0
6,0
7,0
8,0
9,0
Avant redistribution Après redistribution
1 : Le point 2020 présente des fragilités liées aux difficultés de production en 2020.
Note : les données de 1996 à 2020 sont rétropolées pour permettre une comparaison temporelle et peuvent donc différer de
celles diffusées par ailleurs sur www.insee.fr (voir Chiffres-clés) présentant les séries longues avec des ruptures de série en 2010,
2012 et 2020.
Champ : France métropolitaine, personnes vivant en logement ordinaire dans un ménage dont le revenu déclaré est positif ou nul
et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
Source : Insee-DGI, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux rétropolées 2002 à 2004, Insee-DGFIP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes
Revenus fiscaux 2005 à 2022.
GRAPHIQUE 2 : RAPPORT INTERQUINTILE DES MASSES DE NIVEAU DE VIE DANS L’UE27, EN 2022
Bulgarie
Lituanie
Lettonie
Roumanie
Portugal
Espagne
Estonie
Grèce
Italie
Malte
Croatie
Luxembourg
Suède
UE 27
France
Hongrie
Allemagne
Autriche
Chypre
Danemark
Pologne
Irlande
Pays-Bas
Finlande
Slovaquie
Belgique
Tchéquie
Slovénie
0,0
1,0
2,0
3,0
4,0
5,0
6,0
7,0
Notes : l'année retenue est celle de la perception des revenus. Les données pour la France diffèrent de celles présentées dans
les autres figures basées sur les enquêtes sur les revenus fiscaux et sociaux (ERFS). Ici, les différents indicateurs sont calculés
à partir d'une autre source statistique et sur un champ différent (France hors Mayotte ici, France métropolitaine dans l’ERFS),
de manière à disposer de statistiques comparables entre pays européens. Champ : Ménages vivant en logement ordinaire dans
un pays de l’Union européenne.Source : Eurostat, EU-SILC 2023 (extraction des données en juillet 2024).
18
PAUVRETÉ EN CONDITIONS DE VIE
Cet indicateur s’inscrit dans la cible 1.2 de l’ODD 1 qui vise, « d’ici à 2030, à
réduire de moitié au moins la proportion d’hommes, de femmes et
d’enfants de tous âges souffrant d’une forme ou l’autre de pauvreté, telle
que définie par chaque pays ».
Pour cibler et réduire la pauvreté, une condition essentielle est de définir un indicateur de
pauvreté opérationnel. Le taux de privation matérielle et sociale correspond à l’image de la
pauvreté communément admise, à savoir l’exclusion de pratiques et de consommations de
base. Une personne est dite en situation de privation matérielle et sociale lorsqu’elle cumule a
u moins 5 privations ou difficultés matérielles parmi les 13 prises en compte2.
Principaux résultats
La privation matérielle et sociale s’est stabilisée à un niveau élevé en 2022. Début 2023, elle
concerne 12,3 % de la population de 16 ans et plus vivant en logement ordinaire en
France métropolitaine, niveau semblable à celui de début 2022 (12,1%).
Début 2021, le taux de privation matérielle et sociale avait nettement baissé en raison de la
crise sanitaire. D’une part, les mesures exceptionnelles de soutien aux ménages les plus
modestes avaient permis de maintenir leurs ressources, et d’autre part, les restrictions de
déplacements et d’activités, ainsi que les fermetures de commerces et services, avaient limité
les possibilités de consommer et, par ce biais, réduit les privations ressenties par les
personnes. Début 2022, les privations avaient augmenté sous le double effet de la fin des
restrictions liées à la crise sanitaire et du début de la hausse des prix, venue éroder le pouvoir
d’achat des ménages. L’inflation est restée forte toute l’année 2022 ; toutefois, le taux de
privation n’augmente que très légèrement début 2023. Les mesures ciblées de soutien ont
permis de contenir l’effet de l’inflation sur les personnes défavorisées (revalorisation des
prestations sociales, « bouclier loyer » qui plafonne les revalorisations des loyers à 3,5 %,
chèque énergie, indemnité inflation, etc.), et les ménages modestes se sont endettés ou ont
puisé dans leur épargne pour ne pas se priver.
Le risque de privation matérielle et sociale est fortement lié au niveau de vie, à la catégorie
socioprofessionnelle, au niveau de diplôme, à l’âge et au type de ménage. Les familles
monoparentales, et dans une moindre mesure les familles nombreuses, sont particulièrement
exposées.
Abstraction faite des enfants, la pauvreté en conditions de vie affecte davantage les jeunes
âgés de 16 à 24 ans. À l’inverse, les personnes de plus de 65 ans sont les moins touchés
(8,8 % d’entre elles).
2 ne pas pouvoir s’acheter de vêtements neufs pour raisons financières ; ne pas posséder deux paires de
chaussures pour raisons financières ; ne pas pouvoir se réunir avec des amis ou de la famille autour d’un verre ou
d’un repas au moins une fois par mois pour raisons financières ; ne pas pouvoir dépenser une petite somme pour
soi-même sans avoir à consulter les autres membres du ménage ; ne pas pouvoir avoir une activité de loisirs
régulière par manque de moyens financiers ; ne pas avoir accès à Internet pour un usage privé par manque de
moyens financiers au niveau du ménage ; avoir des arriérés de traites d’achats à crédit, loyers, emprunts ou
factures d’eau/gaz/électricité/téléphone ; ne pas pouvoir faire face à des dépenses imprévues d’un montant
d’environ 1 000 € ; ne pas pouvoir maintenir le logement à bonne température pour raisons financières ; ne pas
pouvoir se payer une semaine de vacances dans l’année hors du domicile ; être dans l’incapacité de remplacer des
meubles abîmés pour raisons financières ; ne pas pouvoir manger de la viande, du poulet, du poisson ou équivalent
végétarien tous les deux jours pour raisons financières ; ne pas pouvoir se payer une voiture personnelle.
19
Comparaisons européennes
Début 2023, 12,7 % de la population de 16 ans et plus vivant en ménage dans l’Union
européenne (UE) est en situation de privation matérielle et sociale . La France est au
niveau de la moyenne européenne. Mesurés par les mêmes privations dans toute l’Union
européenne, les taux de privation matérielle et sociale varient fortement selon les pays : en-
dessous de 7% au Luxembourg, aux Pays-Bas, dans les pays scandinaves et certains pays de
l’Est et à plus de 30 % des habitants de Roumanie et de Bulgarie.
GRAPHIQUE 1 : PRIVATION MATÉRIELLE ET SOCIALE EN FRANCE (En %)
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
10
10,5
11
11,5
12
12,5
13
13,5
16ans ou plus Population totale
Note : Privation matérielle et sociale : privé d’au-moins 5 items sur 13
En 2020, l’enquête SRCV a fait l’objet d’une refonte. Les chiffres de 2013 à 2022 ont été rétropolés pour éviter les
ruptures de séries.
Champ : France métropolitaine, ensemble des individus vivant en logement ordinaire
Source : SRCV 2013-2023
GRAPHIQUE 2 : T AUX DE PRIVATION MATÉRIELLE ET SOCIALE DANS LES PAYS DE L’UNION
EUROPÉENNE EN 2023, POUR LES 16 ANS ET PLUS (En %)
Champ : ensemble des individus âgés de 16 ans ou plus dans chaque pays vivant dans des ménages ordinaires.
Source : EU-Silc 2023.
20
Roumanie
Grèce
Hongrie
Lettonie
UE 27 pays
Allemagne
Portugal
Irlande
Italie
Malte
Pologne
Finlande
Pays-Bas
Suède
Slovénie
0
5
10
15
20
25
30
35
En %
SORTIES PRÉCOCES DU SYSTÈME SCOLAIRE
Cet indicateur s’inscrit dans la cible 4.4 de l’ODD 4 qui vise, « d’ici à 2030, à
augmenter nettement le nombre de jeunes et d’adultes disposant des
compétences, notamment techniques et professionnelles, nécessaires à
l’emploi, à l’obtention d’un travail décent et à l’entrepreneuriat ».
Un diplôme d’enseignement secondaire de second cycle est un bagage scolaire minimum pour
une société de la connaissance. C’est pourquoi les pays de l’UE se sont fixés comme objectif,
lors de la stratégie de Lisbonne, que les « sorties précoces » représentent moins de 10 % des
jeunes de 18-24 ans à l’horizon 2020. La France avait fixé la cible à 9,5 %. L’indicateur a été
maintenu pour les objectifs européens de l’éducation à l’horizon 2030, avec une nouvelle cible
fixée à 9 % pour l’UE.
L’indicateur de « sorties précoces » mesure la proportion de jeunes de 18-24 ans qui
n’étudient plus et n’ont pas terminé avec succès l’enseignement secondaire supérieur
et qui n’ont pas suivi de formation (formelle ou non) au cours des quatre dernières
semaines. En France, il s’agit des jeunes de cette classe d’âge qui ne poursuivent plus ni
études ni formation et n’ont ni CAP, ni BEP, ni diplôme plus élevé.
Principaux résultats
En 2023, en France, 7,6 % des jeunes âgés de 18 à 24 ans ont quitté leurs études initiales
sans diplôme ou avec seulement le diplôme national du brevet et ne sont pas en
situation de formation. Entre 2014 et 2018, ce taux était resté stable en moyenne, sous l’effet
conjugué d’une baisse pour les jeunes femmes et d’une hausse pour les jeunes hommes qui
se compensaient. Depuis la baisse de 2019, le taux fluctue entre 7,6 % et 7,8 %. Entre 2022 et
2023, la part de sortants précoces parmi les 18-24 ans est stable avec une baisse pour les
femmes (-0,4 point) et une hausse pour les hommes (+0,3 point). En 2023, le taux de sortants
précoces est de 9,5 % pour les jeunes hommes contre 5,6 % pour les jeunes femmes.
Comparaisons européennes
Avertissement : cet indicateur est fragile ; sa comparabilité entre pays est limitée.
Pour l’ensemble de l’Union européenne (UE 27), le taux de sortants précoces est de
9,5 % en 2023 après 9,6 % en 2022 et 11,8 % en 2013 , avec des écarts importants entre
pays : en 2023, il y a ainsi 14,6 points d’écarts entre la Croatie et la Roumanie, qui ont
respectivement le taux de sortants précoces le plus faible et le plus élevé de l’Union. Comme
en France, ce taux est plus élevé pour les hommes (11,3 %) que pour les femmes (7,7 %).
Les diminutions les plus importantes du taux de sortants précoces depuis dix ans s’observent
dans les pays du Sud, alors que ce taux est resté relativement stable pour les pays d’Europe
Centrale (Allemagne, Autriche). En 2020, l’Union européenne a atteint l’objectif de moins de
10 % de sorties précoces fixé par la stratégie Éducation et formation 2020 mais n’a pas encore
atteint l’objectif de 9 % fixé pour 2030. Pris individuellement, 16 pays (dont la France) sur les
27 sont déjà en dessous de 9 %.
21
GRAPHIQUE 1 : SORTIES PRÉCOCES DU SYSTÈME SCOLAIRE EN FRANCE DES 18-24 ANS, SELON LE
SEXE
En % des 18-24 ans
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020p
2021p
2022p
2023p
0,0
2,0
4,0
6,0
8,0
10,0
12,0
14,0
16,0
Hommes
Femmes
Ensemble
Hommes
Ensemble
Femmes
Note : En 2021, le questionnaire de l'enquête emploi a été modifié, les évolutions sont donc à prendre avec
précaution. (p) provisoires
Champ : France métropolitaine et DOM (hors Mayotte).
Source : Insee, enquêtes Emploi ; estimations et extrapolations MENJ-Mesri-Depp
GRAPHIQUE 2 : SORTIES PRÉCOCES DANS LES PAYS DE L’UNION EUROPÉENNE EN 2013 ET 2023
Part des 18-24 ans ne suivant ni études ni formation et sans diplôme de l’enseignement
secondaire de second cycle (en %)
Croatie
Grèce
Pologne
Irlande
Slovénie
Belgique
Pays-Bas
Lituanie
République tchèque
Slovaquie
Luxembourg
Suède
France
Lettonie
Portugal
Autriche
Bulgarie
Union européenne à 27
Finlande
Estonie
Malte
Danemark
Chypre
Italie
Hongrie
Allemagne
Espagne
Roumanie
0
5
10
15
20
25
2013
2023
Eurostat indique une rupture de série générale en 2021, liée aux changements de questionnaire.
Source : Site Eurostat enquêtes Force de Travail, calculs Eurostat, téléchargé en juin 2024. Point France :
estimations et extrapolations MENJ-Mesri-Depp pour l’année 2013
22