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TAUX D’EMPLOI Cet indicateur s’inscrit dans la cible 8.5 de l’ODD 8 qui vise, « d’ici à 2030, à parvenir au plein emploi productif et à garantir à toutes les femmes et à
tous les hommes, y compris les jeunes et les personnes handicapées, un
travail décent et un salaire égal pour un travail de valeur égale ». Le taux d’emploi, mesuré comme le rapport entre le nombre d’individus ayant un emploi et le nombre total d’individus, révèle à la fois la capacité des structures productives à mobiliser la
main-d’œuvre potentielle et la capacité de l’économie à favoriser l’inclusion sociale des
personnes par l’emploi. Les évolutions du taux d’emploi sont liées, notamment, à celles de la
démographie (vieillissement de la population, allongement des études pour les jeunes) et à la conjoncture économique. Principaux résultats En 2023, 68,4 % des 15-64 ans sont en emploi. Le taux d’emploi augmente de 0,2 point en moyenne en 2023 et s’établit à son plus haut niveau depuis que l’Insee le mesure (1975). En
2020, il avait reculé de 0,3 point en moyenne sous l’effet de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, pour ensuite augmenter de 1,2 point en 2021 puis de 0,9 point en 2022. En 2023, la hausse est plus prononcée chez les plus âgés  : +1,5 point pour les 55-64  ans (58,4 %) contre +0,3 point pour les jeunes (35,2 %) et une stabilité pour les 25-54 ans (82,7 %). Le taux d’emploi des seniors atteint ainsi son plus haut niveau depuis que l’Insee le mesure (1975) et celui des jeunes sont plus haut niveau depuis 1990. En 2023, l’écart entre le taux d’emploi des femmes (66,0 %) et des hommes (71,0 %) est de 5,0 points. De 1975 au milieu des années 1990, le taux d’emploi des hommes a baissé
sous l’effet principalement de l’allongement des études et des retraits d’activité plus précoces en fin de carrière. Ce recul de l’activité pour les jeunes et les seniors a aussi concerné les
femmes, mais a été plus que compensé par leur participation croissante au marché du travail aux âges médians. Du milieu des années 1990 au milieu des années 2010, le taux d’emploi
des hommes est resté globalement stable tandis que celui des femmes a continué à augmenter. Depuis 2015, les taux d’emploi des hommes et des femmes augmentent tous les
deux. En 2023, 46,4 % des personnes occupant un emploi sont diplômées du supérieur. Cette proportion est plus élevée pour les femmes (51,0  %) que pour les hommes (42,0  %). Elle augmente régulièrement chaque année, sous l’effet notamment de la hausse générale du
niveau d’études de la population  : la part des diplômés du supérieur parmi les personnes en
emploi était de 38,8 % en 2015 et de 16,5 % en 1990. Comparaisons européennes Le taux d’emploi en France des 15-64 ans (68,4 %) est inférieur à la moyenne européenne (70,4 % ). En 2023, le taux d’emploi varie de 61,5 % en Italie à 82,4 % aux Pays- Bas. Dans l’ensemble de l’UE en 2023, le taux d’emploi des hommes (75,1  %) est supérieur de 9,4
points à celui des femmes (65,7 %), soit un écart supérieur à celui observé en France (5,0 points). Cet écart varie fortement selon les pays  : il est supérieur à la moyenne européenne dans les pays de
l’Est et du Sud de l’Europe, et inférieur dans les pays nordiques. 7

En 2023, le taux d’emploi des jeunes (15-24 ans) de l’UE progresse de 0,4 point à 35,2  %. Les disparités entre pays sont fortes  : le taux d’emploi des jeunes est inférieur à 20  % en Grèce, en
Roumanie et en Bulgarie alors qu’il dépasse 50 % en Allemagne, en Autriche, au Danemark et même les 75 % aux Pays-Bas. En France, après de nettes augmentations, le taux d’emploi des jeunes (35,2%) se situe désormais au même niveau que la moyenne européenne. Les écarts entre pays reflètent des
différences de durée de scolarité, de cumul emploi-études (dont l’apprentissage), mais aussi des
difficultés d’insertion des jeunes plus ou moins marquées sur le marché du travail. En 2023, le taux d’emploi des 55-64 ans s’établit à 63,9  % dans l’ensemble de l’UE ; il
dépasse 70 % en Suède, en Estonie, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Danemark, en
Tchéquie, en Finlande et en Lettonie mais est inférieur à la moyenne européenne en
France (58,4 %). Entre 2009 et 2023, le taux d’emploi des 55-64 ans a augmenté dans tous les pays de l’UE, avec une progression en France (+18,2 points) un peu inférieure à celle de l’UE (+20,7 points). Sur cette période, le taux d’emploi des femmes de 55-64 ans a plus progressé que celui des hommes dans 24 des 27 pays de l’Union européenne. GRAPHIQUE 1 : TAUX D’EMPLOI DES 15-64 ANS EN FRANCE PAR SEXE (En %) 1975 1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019 2021 2023 45 50 55 60 65 70 75 80 85 Ensemble Homme Femme Note : données de 1975 à 2023, corrigées pour les ruptures de série Champ : personnes de 15 à 64 ans vivant en logement ordinaire, France (hors Mayotte). Source : Insee, enquêtes Emploi 2024, séries longues sur le marché du travail GRAPHIQUE 2 : TAUX D’EMPLOI DES 15-64 ANS DANS L’UE, EN 2023 (En %) 45 50 55 60 65 70 75 80 85 Champ : personnes de 15 à 64 ans, Union européenne à 27 pays, France (hors Mayotte) pour la France. Source : Labour force survey 2023, Eurostat (extraction juin 2024) ; Insee, enquête Emploi 2023 pour la France 8 EFFORT DE RECHERCHE Cet indicateur s’inscrit dans la cible 9.5 de l’ODD 9 qui « vise à renforcer la recherche scientifique, perfectionner les capacités technologiques des
secteurs industriels de tous les pays, en particulier des pays en développement, notamment en encourageant l’innovation et en
augmentant nettement le nombre de personnes travaillant dans le secteur
de la recherche/développement pour 1 million d’habitants et en accroissant les dépenses publiques et privées consacrées à la recherche/développement d’ici à 2030 ». La recherche et développement expérimental (R&D) est source d’innovations et l’un des
moyens de répondre aux grands défis sociétaux (énergie, climat, santé) et de favoriser une
croissance durable. L’effort de recherche est mesuré par le rapport entre les dépenses
intérieures de recherche et développement expérimental (DIRD) et le produit intérieur brut
(PIB). La DIRD correspond aux moyens financiers (nationaux et étrangers) mobilisés pour
l’exécution des travaux de recherche et développement expérimental sur le territoire national
par le secteur des administrations (DIRDA) et le secteur des entreprises (DIRDE). Elle
comprend les dépenses courantes (masse salariale des personnels de R&D et dépenses de
fonctionnement) et les dépenses en capital. Principaux résultats pour la France En 2022, l’effort de recherche s’élève à 2,22  % et est stable par rapport à 2021. Celui des
entreprises implantées en France est également stable sur un an (1,47  % en 2022) comme
celui des administrations (0,75 %). En 2022, la DIRD s’établit à 58,9 milliards d’euros (Md€) en valeur. Les entreprises réalisent 66 % de la DIRD, une proportion en légère augmentation sur les cinq dernières années (65 % en 2017). En 2022, les branches industrielles ont engagé 26,1 Md€ de dépenses intérieures de R&D
(+ 4,8 % en volume par rapport à 2021). 43  % de ces dépenses sont réalisées par les trois principales branches de recherche industrielles : l’industrie automobile (+3,5 % en volume), la construction aéronautique et spatiale (+ 6,9 %) et l’industrie pharmaceutique (+ 7,6 %). La
DIRDE réalisée dans les branches de services représente 29 % de la DIRDE totale. Elle est
quasi stable sur un an (+ 0,2 % en volume), pour un montant de 11,2 Md€. Cette évolution
masque de fortes disparités  : + 44,9 % pour la construction, alors que les dépenses dans la
branche transports et entreposage baissent fortement en un an (-27,4 %). En 2023, l’effort de recherche marquerait le pas, à 2,19 %. En effet, la DIRD baisserait (- 0,5 % en volume) alors que le PIB serait sensiblement en hausse (+ 0,9%). Dans le même temps, la DIRD des entreprises serait en baisse en volume (-1,3%) pour s’établir à 40,5 Md€. Celle
des administrations atteindrait 21,2 Md€, soit une augmentation en volume de 0,9%. Comparaisons européennes En 2022, l’effort de recherche de la France est inférieur à celui de la Belgique (3,41 %), de la
Suède (3,41 %), de l’Autriche (3,20 %), de l’Allemagne (3,13 %), de la Finlande (2,96 %) et du Danemark (2,89 %). À l’inverse, il reste nettement supérieur à celui de la Hongrie (1,39 %), de la Grèce (1,49 %), de l’Espagne (1,44 %) et de l’Italie (1,32 %). Les deux tiers des dépenses de R&D sont effectuées par les entreprises, en France comme dans l’UE27. En 2022, l’effort de recherche en France (2,22 %) resterait inférieur à l’objectif de 3 % fixé par l’Union européenne pour 2020, mais demeurerait supérieur à celui observé pour l’ensemble
des pays de l’Union européenne à 27 (2,11 %). 9

GRAPHIQUE 1 – PART DES DÉPENSES DE RECHERCHE (DIRD) DANS LE PIB, DONT CELLE DES ENTREPRISES (DIRDE), EN FRANCE ET DANS L’UE27 DE 2000 À 2023 En % 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 (es... 0,00 0,50 1,00 1,50 2,00 2,50 DIRD/PIB France DIRD/PIB UE27
DIRDE/PIB France DIRDE/PIB UE27 Sources : MESR-SIES pour les données France et OCDE pour les données relatives à l’UE. Les données UE  sont présentées sur le champ « UE à 27 »  sur toute la période ; ces données sont issues d’estimations ou de projections par l’OCDE, fondées sur des sources nationales. GRAPHIQUE 2 - PART DES DÉPENSES DE RECHERCHE (DIRD) DANS LE PIB, DANS L’UE27 ET QUELQUES PAYS DE L’OCDE OU ASSOCIÉS, EN 2022 En % Corée du Sud Etats-Unis Suède Belgique Autriche Allemagne Finlande Danemark OCDE Chine Pays-Bas France UE27 Slovénie République tchèque Estonie Portugal Grèce Pologne Espagne Croatie Hongrie Italie Lituanie Luxembourg Irlande 0,00 0,50 1,00 1,50 2,00 2,50 3,00 3,50 4,00 4,50 5,00 5,50 Sources : MESR-SIES (données France) et OCDE. Estimation ou projection du Secrétariat de l’OCDE fondée sur des sources nationales Définition différente: pours les États-Unis, les dépenses en capital sont exclues (toutes ou en partie) Chine : Donnée 2022 (dernière année disponible) 10

ENDETTEMENT Cet indicateur s’inscrit dans la cible 17.13 de l’ODD 17 qui « vise à renforcer la stabilité macroéconomique mondiale, notamment en
favorisant la coordination et la cohérence des politiques ». La dette publique correspond à une part des engagements financiers pris au nom des
générations futures, engagements qui peuvent peser sur la capacité des administrations
publiques à répondre à leurs besoins. Les critères de convergence de Maastricht limitent le
poids de cette dette à 60  % du PIB pour assurer une certaine stabilité à long terme mais
autorisent des dépassements exceptionnels et temporaires. Le poids de l’endettement des autres agents non financiers – sociétés non financières,
ménages – rapporté au PIB donne une mesure comparable des engagements financiers qui
peuvent parallèlement peser sur eux. Principaux résultats et comparaisons européennes Le poids de la dette publique de la France (au sens du traité de Maastricht) par rapport au PIB se maintient à un niveau élevé en 2023 après une vive hausse en 2020, marquée par un besoin de financement important lié à la crise sanitaire et une contraction du PIB. Il atteint
109,9 % du PIB fin 2023, après 111,2 % l’année précédente. Le poids de la dette publique
dans l’UE à 27 atteint 80,8 % du PIB fin 2023, avec des poids très variables selon les pays. Porté par des mesures de relance en 2020, notamment le plan «  France relance » et des
dépenses de soutien d’urgence prolongées pour faire face à la crise, ce ratio s’établit nettement au-delà de la limite fixée par les critères de Maastricht. Depuis 2002, la dette
publique de la France a dépassé la barre des 60 % et a continué à augmenter très sensiblement. Après un repli passager en 2006-2007, le poids de l’endettement s’était ensuite fortement accru avec la récession de 2009. Les prêts souscrits par les sociétés non financières (SNF) auprès des banques et les titres de créance recouvrent un niveau comparable en part de PIB à celui de fin 2019 . Après avoir connu une forte hausse en 2020 du fait des dispositifs de garantie pour assurer la
trésorerie des entreprises et la continuité de l’activité notamment le dispositif de prêts garantis par l’État (PGE) poursuivi ensuite, le taux d’endettement consolidé représente 91,9 % du PIB fin 2023 (après 95,8  % fin 2022), pour 91,0  % en 2019. Ce taux d’endettement se situe au- dessus de la moyenne européenne. En dehors de l’effet conjoncturel de la crise sanitaire,
l’endettement des sociétés non financières (SNF) en part du PIB croît de manière continue
depuis le milieu des années 2000. L’endettement des ménages (encours d’emprunts bancaires) décroît légèrement depuis 2020 ; il atteint 61,9  % du PIB fin 2023 après 65,1 % du PIB fin 2022. Il avait continûment
progressé depuis 2000. En effet, la période est marquée par une hausse importante du prix de l’immobilier jusqu’en 2022. Les ménages se sont fortement endettés pour financer leurs
acquisitions immobilières. Suite à la hausse des taux en 2023, l’encours des crédits à l’habitat détenu par les ménages ralentit. L’endettement des ménages reste relativement proche de la moyenne de l’Union européenne à 27, mais très en dessous de celui du Danemark (87,7 % en 2023) ou des Pays-Bas (94,1 % en 2023). 11