109Insee Références – Édition 2024 – Fiche 1.16 – Niveau de vie et pauvreté selon la catégorie socioprofessionnelle
- Distribution des niveaux de vie selon la catégorie socioprofessionnelle en 2021
montants annuels en euros
Catégorie socioprofessionnelle
Moyen 1er décile
(D1)
Médian
(D5)
9e décile
(D9)
D9/D1 D5/D1 D9/D5 Taux de
pauvreté
(en %)
Agriculteur exploitant, artisan, commerçant,
chef d’entreprise 32 380 10 730 24 370 55 840 5,2 2,3 2,3 17,4 Cadre, profession intellectuelle supérieure 41 960 21 740 35 830 67 690 3,1 1,6 1,9 2,9 Profession intermédiaire 29 050 17 000 27 000 41 820 2,5 1,6 1,5 4,8 Employé 23 480 13 230 22 050 33 990 2,6 1,7 1,5 12,1 Ouvrier 22 250 12 640 21 460 32 000 2,5 1,7 1,5 13,9 Ensemble des actifs 29 170 14 260 25 350 45 320 3,2 1,8 1,8 9,2 Notes : Les chômeurs ayant déjà travaillé sont classés dans la catégorie socioprofessionnelle correspondant à leur dernier emploi. La variable de catégorie socioprofessionnelle utilisée dans cette fiche n’est pas renseignée pour l’ensemble des actifs. Les résultats de la ligne « Ensemble des actifs » peuvent donc légèrement différer des résultats présentés dans la fiche précédente. Lecture : En 2021, les 10 % d’employés les plus modestes (D1) ont un niveau de vie inférieur à 13 230 euros par an. Champ : France métropolitaine, personnes actives de 18 ans ou plus ayant déjà travaillé, vivant dans un logement ordinaire dont le revenu déclaré du ménage est positif ou nul et dont la personne de référence n’est pas étudiante. Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2021. - Catégories socioprofessionnelles selon le niveau de vie en 2021 Inférieur à D1 D1 à D2 D2 à D3 D3 à D4 D4 à D5 D5 à D6 D6 à D7 D7 à D8 D8 à D9 Supérieur à D9 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 dixième de niveau de vie en % Agriculteur exploitant, artisan, commerçant, chef d'entreprise Cadre et profession intellectuelle supérieure Profession intermédiaire Employé Ouvrier Retraité Autre personne sans activité professionnelle (dont chômeurs n’ayant jamais travaillé) Enfant de moins de 18 ans Notes : D1 à D9 sont les déciles de la distribution des niveaux de vie. Les chômeurs ayant déjà travaillé sont classés dans la catégorie socioprofessionnelle correspondant à leur dernier emploi. Lecture : Parmi les 10 % de personnes les plus aisées (ayant un niveau de vie supérieur au 9e décile), 33,6 % sont des cadres ou des professions intellectuelles supérieures. Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un logement ordinaire dont le revenu déclaré du ménage est positif ou nul et dont la personne de référence n’est pas étudiante. Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2021. 110 Revenus et patrimoine des ménages – Insee Références – Édition 2024 1.17 Niveau de vie et pauvreté des femmes et des hommes En 2021, les revenus individuels des femmes actives s’élèvent en moyenne à 23 130 euros par an et sont inférieurs de 24 % à ceux des hommes (30 470 euros) figure 1. La médiane des revenus individuels des femmes est 15 % plus faible que celle des hommes et le neuvième décile, le seuil pour faire partie des 10 % aux plus hauts revenus, 26 % plus faible. Les revenus des femmes actives sont plus dispersés que ceux des hommes actifs : le rapport interdécile D9/D1 s’élève à 7,1 pour les femmes, contre 7,0 pour les hommes. Si les revenus individuels des femmes actives sont plus faibles que ceux des hommes, cela résulte en partie des différences de volume de travail annuel : elles sont à la fois moins souvent en emploi au cours de l’année, et davantage à temps partiel. En moyenne, le volume de travail des femmes salariées est inférieur de 11 % à celui des hommes en 2021. À poste comparable, c’est‑à‑dire la même profession chez le même employeur, les femmes ont un salaire qui se rapproche de celui des hommes tout en restant inférieur, ce qui s’explique en partie par l’expérience, l’ancienneté dans l’entreprise ou le diplôme. Les femmes au chômage perçoivent par ailleurs des allocations chômage plus faibles que les hommes au chômage, en lien avec les différences de salaire. Les femmes retraitées vivant à domicile perçoivent en moyenne des revenus individuels annuels inférieurs de 27 % à ceux des hommes retraités. Cet écart est plus élevé dans la partie inférieure de l’échelle des revenus individuels : 52 % et 31 % respectivement pour les 1er et 3e déciles. Les femmes actuellement à la retraite ont cotisé en moyenne moins longtemps que les hommes et ont eu des revenus d’activité plus faibles. Chez les retraités vivant à domicile, la dispersion des revenus est globalement moindre que chez les actifs, mais l’écart entre le rapport interdécile des revenus des femmes et celui des hommes est plus marqué que chez les actifs (5,4 pour les femmes et 3,5 pour les hommes). Cette plus grande dispersion chez les femmes est liée à une plus grande diversité de leurs carrières, pour certaines hachées ou très brèves. En passant du revenu individuel au niveau de vie, les différences entre les femmes et les hommes sont beaucoup moins fortes. Le niveau de vie moyen des femmes est inférieur de 4 % à celui des hommes figure 2. Le niveau de vie étant calculé au niveau du ménage, il est le même pour les deux membres d’un couple : les revenus du conjoint ou les revenus mutualisés au niveau du ménage (revenus du patrimoine, prestations sociales) peuvent compenser des revenus individuels plus faibles. Les différences entre femmes et hommes proviennent donc des personnes seules et des familles monoparentales. Les femmes seules de moins de 65 ans ont un niveau de vie inférieur de 6 % à celui des hommes. Les écarts de niveau de vie sont marqués au sein des familles monoparentales : le niveau de vie moyen des mères isolées est inférieur de 19 % à celui des pères isolés. Les différences de niveau de vie se répercutent sur les taux de pauvreté. Les femmes sont plus souvent en situation de pauvreté que les hommes (15,2 % contre 13,7 %) figure 3. Entre 18 et 49 ans, les écarts de taux de pauvreté sont compris entre 2,6 et 2,8 points. Ces différences s’expliquent principalement par la présence de davantage de mères isolées, qui ont des taux de pauvreté très élevés (24,4 % quand elles sont actives et même 82,4 % quand elles sont inactives). L’écart est le plus marqué chez les 75 ans ou plus (hors ceux vivant en institution, Ehpad, maisons de retraite, hôpitaux de long séjour, etc.) : le taux de pauvreté des femmes est supérieur de 4,1 points à celui des hommes. Alors que le taux de pauvreté augmente chez les femmes à partir de 75 ans, c’est l’inverse chez les hommes. En effet, à ces âges, les femmes vivent plus souvent seules que les hommes, du fait d’une espérance de vie moins élevée de ces derniers ; le décès du conjoint peut entraîner une dégradation de la situation financière des femmes (malgré la possibilité de toucher une pension de réversion), en particulier pour les anciennes générations pour lesquelles l’activité féminine était moins répandue. Définitions Revenu individuel, médiane, décile, rapport interdécile D9/D1, niveau de vie, taux de pauvreté : voir Glossaire. Pour en savoir plus • « Dans le secteur privé en 2022, le salaire des femmes est inférieur de 4 % à celui des hommes, à temps de travail et poste comparables », Insee Focus n° 320, mars 2024. • Femmes et hommes, l’égalité en question, coll. « Insee Références », édition 2022.
111Insee Références – Édition 2024 – Fiche 1.17 – Niveau de vie et pauvreté des femmes et des hommes
- Distribution des revenus individuels annuels nets selon le sexe en 2021
Indicateur
Actifs Retraités
Revenu individuel annuel net
(en euros)
Écart de revenu
femmes/hommes
(en %) Revenu individuel annuel net (en euros) Écart de revenu femmes/hommes
(en %)Femmes Hommes Femmes Hommes Moyenne 23 130 30 470 -24 17 260 23 520 -27 1er décile (D1) 5 640 7 790 -28 5 340 11 040 -52 3e décile (D3) 15 290 18 750 -18 11 440 16 570 -31 Médiane (D5) 20 600 24 370 -15 15 930 20 560 -23 7e décile (D7) 26 760 32 380 -17 20 900 25 850 -19 9e décile (D9) 40 120 54 150 -26 29 100 38 140 -24 95e centile 50 600 73 500 -31 35 130 47 380 -26 Rapport interdécile D9/D1 7,1 7,0 /// 5,4 3,5 /// Note : Les revenus sont nets avant impôt mais bruts de contribution sociale généralisée (CSG) et de contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS). Lecture : En 2021, les femmes actives disposent de 23 130 euros par an de revenus individuels en moyenne. Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un logement ordinaire dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n’est pas étudiante. Sources : Insee‑DGFiP‑Cnaf‑Cnav‑CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2021. - Niveau de vie et pauvreté selon le type de ménage en 2021 Type de ménage Niveau de vie annuel Nombre de personnes (en milliers) Pauvreté Moyen (en euros) Médian (en euros) Taux de pauvreté (en %) Nombre de personnes pauvres (en milliers) La personne de référence du ménage a moins de 65 ans 26 550 23 150 49 294 15,5 7 625 Personne seule 24 160 21 640 6 412 18,7 1 199 Femme active 25 140 22 880 2 222 12,6 280 Homme actif 26 660 22 970 2 880 13,0 375 Femme inactive 17 060 15 240 661 40,9 271 Homme inactif 16 940 14 700 648 42,1 273 Famille monoparentale 18 810 16 710 5 714 32,3 1 844 Mère inactive 11 530 11 020 843 82,4 695 Mère active 19 490 17 490 3 829 24,4 935 Père actif ou inactif 22 190 19 260 1 041 20,5 214 Couple 28 590 24 820 34 498 11,7 4 050 Couple d’actifs, avec ou sans enfants 30 850 26 660 24 484 5,2 1 266 Femme active - homme inactif, avec ou sans enfants 25 300 22 990 2 753 17,1 471 Femme inactive - homme actif, avec ou sans enfants 22 520 17 220 5 451 30,9 1 686 Couple d’inactifs, avec ou sans enfants 20 920 17 200 1 685 37,0 624 Autre couple 26 960 23 740 125 2,4 3 Autre type de ménage 22 550 20 710 2 668 19,9 531 La personne de référence du ménage a 65 ans ou plus 26 810 23 190 13 728 10,9 1 492 Personne seule 23 360 20 290 4 752 17,9 848 Femme 22 730 19 980 3 384 18,2 616 Homme 24 890 21 190 1 368 17,0 233 Couple 28 890 24 980 8 363 6,6 552 Autre type de ménage 25 220 21 470 612 15,0 92 Ensemble 26 610 23 160 63 023 14,5 9 117 Femmes 26 130 22 850 32 482 15,2 4 930 Hommes 27 110 23 510 30 541 13,7 4 187 Note : Sont considérés comme enfants, les enfants célibataires de la personne de référence ou de son conjoint sans limite d’âge. Lecture : En 2021, 6 412 000 personnes de moins de 65 ans vivent seules. Leur niveau de vie est en moyenne de 24 160 euros par an. Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un logement ordinaire dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n’est pas étudiante. Sources : Insee‑DGFiP‑Cnaf‑Cnav‑CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2021.
- Pauvreté selon l’âge et le sexe en 2021 Âge Femmes Hommes Nombre de personnes pauvres (en milliers) Taux de pauvreté (en %) Nombre de personnes pauvres (en milliers) Taux de pauvreté (en %) Moins de 18 ans 1 364 20,9 1 395 20,3 De 18 à 29 ans 701 17,8 598 15,0 De 30 à 49 ans 1168 14,3 919 11,7 De 50 à 64 ans 834 13,0 737 12,2 De 65 à 74 ans 412 10,5 323 9,5 75 ans ou plus 451 13,0 215 8,9 Ensemble 4 930 15,2 4 187 13,7 Lecture : 17,8 % des femmes de 18 à 29 ans sont pauvres (soit 701 000 personnes). Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un logement ordinaire dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n’est pas étudiante. Sources : Insee‑DGFiP‑Cnaf‑Cnav‑CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2021. 112 Revenus et patrimoine des ménages – Insee Références – Édition 2024 1.18 Niveau de vie et pauvreté des immigrés En 2021, les immigrés disposent d’un niveau de vie annuel moyen de 21 570 euros, contre 27 170 euros pour la population non immigrée. Les revenus d’activité représentent la principale composante de leur niveau de vie (75 %), comme pour les non‑immigrés (76 %) figure 1. Les prestations sociales (hors pensions, retraites et allocations chômage) représentent une part plus élevée des niveaux de vie des immigrés : 11 %, contre 6 % pour les non‑immigrés. La part de ces prestations varie de 16 % pour les immigrés nés en Afrique à 6 % pour ceux nés en Europe (un niveau identique à celui des non‑immigrés). Cet écart s’explique, entre autres, par le fait que les immigrés originaires d’Afrique appartiennent plus souvent à des familles nombreuses : 22 % vivent dans des familles avec au moins trois enfants, contre 10 % des immigrés européens et 14 % des non‑immigrés. Les pensions et retraites représentent 18 % du niveau de vie des immigrés, contre 24 % pour les non‑immigrés. Cette part diffère fortement selon l’origine géographique : 12 % pour les immigrés nés en Afrique, contre 29 % pour ceux nés en Europe, plus âgés (de 6,6 ans en moyenne). Au total, le niveau de vie moyen des immigrés avant le versement des prestations et le prélèvement des impôts est inférieur de 26 % à celui des non‑immigrés. Après redistribution, l’écart se réduit à 21 %. Les immigrés originaires d’Afrique, qui représentent un peu moins de la moitié de la population immigrée, disposent du niveau de vie moyen le plus faible : 18 990 euros par an. Il est inférieur de 23 % à celui des immigrés européens et de 30 % à celui des non‑immigrés. Le niveau de vie moyen plus faible des immigrés s’explique en partie par des revenus d’activité en moyenne inférieurs de 22 %. Des facteurs structurels expliquent cet écart : les personnes immigrées sont en moyenne plus jeunes, moins diplômées et occupent des emplois moins qualifiés. Elles sont également plus souvent au chômage : 7,0 % en moyenne, contre 3,0 % pour les non‑immigrés. En 2021, 68,9 % des immigrés ont un niveau de vie inférieur au niveau de vie médian : ils sont 78,0 % parmi ceux nés en Afrique et 57,7 % au sein de ceux nés en Europe figure 2. À l’autre extrémité de la distribution, 12,7 % des immigrés font partie des 20 % des personnes les plus aisées ; c’est le cas de 7,8 % des immigrés nés en Afrique et 17,9 % de ceux nés en Europe. Les personnes immigrées sont davantage exposées à la pauvreté : leur taux de pauvreté est de 30,6 %, soit 17,9 points de plus que celui des personnes non immigrées figure 3. Si les immigrés représentent 10 % de la population française, ils représentent 21 % des personnes pauvres. Au sein de la population immigrée, le taux de pauvreté des personnes d’origine africaine est 1,6 fois plus élevé que celui des personnes d’origine européenne : 35,9 % contre 22,7 %. Les inégalités, mesurées par le rapport interdécile D9/D1, sont quant à elles plus faibles parmi les immigrés nés en Afrique que celles parmi les immigrés nés en Europe. Définitions Les immigrés sont des personnes nées à l’étranger et de nationalité étrangère à la naissance. Certaines ont pu acquérir la nationalité française par la suite. Niveau de vie, prestations sociales, médiane, taux de pauvreté, rapport interdécile D9/D1 : voir Glossaire. Pour en savoir plus Fiche « Niveau de vie et pauvreté monétaire », in Immigrés et descendants d’immigrés, coll. « Insee Références », édition 2023.
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