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89 Insee Références – Édition 2024 – Fiche 1.6 – Évolution du niveau de vie et des inégalités depuis 1975  1. Niveaux de vie depuis 1975 1er décile Niveau de vie médian Niveau de vie moyen 9e décile 0 5 000 10 000 15 000 20 000 25 000 30 000 35 000 40 000 45 000 en euros constants de 2021 Y compris revenus financiers et prestations exclues du champ restreint Hors revenus financiers et certaines prestations (champ restreint) 1975 1979 1984 1990 1996 2000 2004 2008 2012 2016 2021 Notes : En 2020, les niveaux de vie médian et moyen doivent être considérés avec prudence, en raison de difficultés de production spécifiques à cette année. Les comparaisons sur longue période ne peuvent se faire que sur un champ restreint : hors revenus financiers et hors certaines prestations (allocation aux adultes handicapés, prestation d’accueil du jeune enfant, allocation d’éducation de l’enfant handicapé et allocation de soutien familial). En effet, ces données ne sont disponibles qu’à partir de 1996. Pour assurer une comparaison temporelle sans rupture de séries, les données ont été rétropolées et chaînées de 1975 à 2020. Lecture : En 2021, le niveau de vie médian y compris revenus financiers et prestations du champ restreint est de 23 160 euros. Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un logement ordinaire dont le revenu déclaré du ménage est positif ou nul et dont la personne de référence n’est pas étudiante. Sources : Insee‑DGI, enquêtes Revenus fiscaux 1975 à 1990, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux rétropolées 1996 à 2004 ; Insee‑DGFiP‑Cnaf‑Cnav‑CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005 à 2021.  2. Indicateurs d’inégalités de niveau de vie depuis 1975 3,00 3,50 4,00 4,50 5,00 5,50 6,00 0,200 0,220 0,240 0,260 0,280 0,300 0,320 Indice de Gini (échelle de droite) Ratio (100-S80)/S20 (échelle de gauche) Rapport interdécile D9/D1 (échelle de gauche) Y compris revenus financiers et prestations exclues du champ restreint Hors revenus financiers et certaines prestations (champ restreint) 1975 1979 1984 1990 1996 2000 2004 2008 2012 2016 2021 Notes : Voir figure 1. Lecture : En 2021, le rapport interdécile D9/D1 y compris revenus financiers et prestations hors champ est de 3,41. Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un logement ordinaire dont le revenu déclaré du ménage est positif ou nul et dont la personne de référence n’est pas étudiante. Sources : Insee‑DGI, enquêtes Revenus fiscaux 1975 à 1990, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux rétropolées 1996 à 2004 ; Insee‑DGFiP‑Cnaf‑Cnav‑CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005 à 2021.

90 Revenus et patrimoine des ménages – Insee Références – Édition 2024 1.7 Pauvreté monétaire en France depuis 1975 Une personne est considérée en situation de pauvreté monétaire lorsque son niveau de vie
est inférieur au seuil de pauvreté. Ce seuil est une fraction du niveau de vie médian. À 60 % du niveau de vie médian, il s’établit en 2021 à 1 158 euros par mois. À 50 %, il est égal à 965 euros par mois. Les indicateurs sur la pauvreté sont généralement fondés sur le seuil à 60 % comme c’est le cas dans cette fiche et dans l’ensemble de cet ouvrage. Ce seuil de 1 158 euros par mois correspond à un revenu disponible de 1 158 euros pour une personne seule, 1 737 euros pour un couple sans enfant et 2 432 euros pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans. À titre de comparaison, au 1er avril 2021, le montant de base du RSA s’élève à 565 euros mensuels pour une personne seule sans enfant et l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa, ou minimum vieillesse) à 907 euros pour une personne seule. En 2021, 63 % des personnes vivant dans un ménage ayant bénéficié au moins une fois dans l’année du RSA et 49 % de celles vivant dans un ménage ayant perçu au moins une fois le minimum vieillesse en 2021 vivent au‑dessous du seuil de pauvreté. En 2021, en France métropolitaine parmi les personnes vivant en logement ordinaire, 9,1 millions sont pauvres, soit un taux de pauvreté qui s’élève à 14,5 % de la population
figure 1. Entre 1975 et 1984, le taux de pauvreté calculé sur le périmètre incomplet de revenus de 1975 (certains revenus financiers et certaines prestations sociales n’étaient alors pas mesurés) décroît fortement : de 17,4 % à 13,8 %. Sur la même période, le nombre de personnes pauvres diminue de 1,5 million, passant de 8,8 à 7,3 millions. Cette baisse est notamment liée à la situation des retraités, qui bénéficient de revalorisations du minimum vieillesse et de meilleures pensions de retraite grâce à de meilleures carrières et à la montée en charge des régimes de retraite
complémentaires. Le taux de pauvreté remonte ensuite à 15,7 % en 1996 et le nombre de personnes pauvres atteint à nouveau 8,8 millions. Depuis 1996, les taux de pauvreté sont calculés sur un périmètre de revenus complété incluant les revenus financiers et certaines prestations non disponibles précédemment. De 1996 à 2004, sur ce périmètre, le taux de pauvreté diminue à nouveau, de 14,3 % à 12,4 %. Le nombre de personnes pauvres se réduit alors de 800 000 personnes, en raison notamment de la bonne conjoncture économique, marquée par une baisse du chômage de 1997 à 2001. De 2005 à 2008, le taux de pauvreté se stabilise autour de 13 %. Entre 2008 et 2011, avec la crise économique, il s’accroît de 1,4 point, atteignant le niveau de 1996 (14,3 %). Le nombre de personnes pauvres augmente de près d’un million sur cette période. Après avoir peu fluctué entre 13,5 % et 13,9 % entre 2012 et 2017, le taux de pauvreté atteint 14,5 % en 2018, notamment du fait de la baisse des allocations logement induite par la réforme de la réduction du loyer de solidarité. Il demeure à ce niveau en 2021, après une baisse en 2020 dont l’ampleur demeure toutefois incertaine, et un contrecoup l’année suivante avec la non‑reconduction d’aides exceptionnelles accordées pour soutenir les ménages pendant la crise sanitaire. En 2021, la moitié des personnes pauvres ont un niveau de vie mensuel inférieur à 924 euros. En comparant ce niveau de vie médian des personnes pauvres au seuil de pauvreté, l’intensité de la pauvreté s’élève à 20,2 %
figure 2. De 1996 à 2002, l’intensité de la pauvreté décroît de 20,5 % à 18,0 %, le niveau de vie médian des personnes pauvres augmentant plus vite que le seuil de pauvreté. En 2005, l’intensité de la pauvreté remonte à 20,2 %. Elle reste proche de 20 % jusqu’en 2021.   Définitions Niveau de vie, seuil de pauvreté, médiane, revenu disponible, revenu de solidarité active (RSA), allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) ou minimum vieillesse, taux de pauvreté, intensité de la pauvreté : voir Glossaire.  Pour en savoir plus « En 2021, les inégalités et la pauvreté augmentent », Insee Première n° 1973, novembre 2023. 91 Insee Références – Édition 2024 – Fiche 1.7 – Pauvreté monétaire en France depuis 1975  1. Taux de pauvreté et nombre de personnes pauvres depuis 1975 a. Taux de pauvreté 4 6 8 10 12 14 16 18 20 en % Seuil à 60 % Seuil à 50 % Y compris revenus financiers et prestations hors champ Hors revenus financiers et prestations hors champ 1975 1996 2006 2010 2014 2018 1979 1984 1990 2021 2001 b. Nombre de personnes pauvres 3 4 5 6 7 8 9 10 11 en millions Y compris revenus financiers et prestations hors champ Hors revenus financiers et prestations hors champ Seuil à 60 % Seuil à 50 % 1975 1996 2006 2010 2014 2018 1979 1984 1990 2021 2001 Notes : Pour assurer une comparabilité temporelle sur une longue période, les taux de pauvreté sont calculés sur un périmètre de revenus constant mais incomplet. Ne sont en effet pas pris en compte les revenus financiers et certaines prestations sociales (allocation aux adultes handicapés, prestation d’accueil du jeune enfant, allocation d’éducation de l’enfant handicapé et allocation de soutien familial). Pour assurer une comparaison temporelle sans ruptures de série, les données ont par ailleurs été rétropolées et chaînées de 2020 à 1975. En 2020, les données doivent être considérées avec prudence, en raison de difficultés de production spécifiques à cette année. Lecture : En 2021, le taux de pauvreté au seuil de 60 % y compris revenus financiers et prestations hors champ est de 14,5 %. Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un logement ordinaire dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n’est pas étudiante. Sources : Insee-DGI, enquêtes Revenus fiscaux 1975 à 1990 ; Insee-DGI, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux rétropolées 1996 à 2004 ; Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005 à 2021.  2. Intensité de la pauvreté depuis 1996 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2021 5 10 15 20 25 en % Seuil à 50 % Seuil à 60 % Notes : Pour assurer une comparaison temporelle sans ruptures de série, les données ont été rétropolées et chaînées de 2020 à 1996. En 2020, les données doivent être considérées avec prudence, en raison de difficultés de production spécifiques à cette année. Lecture : En 2021, la moitié des personnes pauvres ont un niveau de vie inférieur de plus de 20,2 % au seuil de pauvreté à 60 %. Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un logement ordinaire dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n’est pas étudiante. Sources : Insee-DGI, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux rétropolées 1996 à 2004 ; Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005 à 2021.

92 Revenus et patrimoine des ménages – Insee Références – Édition 2024 1.8 Privation matérielle et sociale La privation matérielle et sociale mesure conventionnellement la proportion de personnes qui déclarent au moins cinq privations ou difficultés matérielles pour raisons financières parmi une liste de treize. Cet indicateur complète celui de la pauvreté monétaire. Début 2022, 12,9 % de la population vivant en logement ordinaire est en situation de privation matérielle et sociale en France métropolitaine    figure 1. Ces privations prennent en compte des difficultés plus ou moins répandues dans la population. La difficulté la plus fréquemment rencontrée en 2022 est de ne pas pouvoir faire face à une dépense inattendue d’un montant d’environ 1 000 euros, de l’ordre du seuil de pauvreté mensuel : elle concerne 30 % des personnes    figure 2. Vient ensuite ne pas pouvoir se payer une semaine de vacances hors de son domicile, difficulté rencontrée par près d’un quart des personnes. À l’inverse, seulement 2 % de la population déclarent ne pas pouvoir payer un accès à Internet. Début 2021, le taux de privation matérielle et sociale atteignait un niveau historiquement bas en raison de la crise sanitaire. D’une part, les mesures exceptionnelles de soutien aux ménages les plus modestes avaient permis de maintenir leurs ressources et, d’autre part, les restrictions de déplacements et d’activités, celles liées aux sorties culturelles, aux loisirs ou à la sociabilité, et les fermetures de commerces et services avaient limité les possibilités de consommer et, par ce biais, réduit les privations ressenties pour des raisons financières par les personnes. Début 2022 au contraire, l’indicateur de privation matérielle et sociale augmente fortement. Il atteint même son plus haut niveau depuis 2013. Les modes de consommation se normalisent après l’épisode de la crise sanitaire et l’inflation érode le pouvoir d’achat des ménages. Si en 2022 les privations augmentent dans presque tous les domaines, l’augmentation la plus forte concerne l’incapacité à chauffer correctement son logement (10 % des personnes en 2022, contre 5 à 7 % entre 2014 et 2021). Cette augmentation est certainement liée à la hausse des prix de l’énergie de l’hiver 2021‑2022, et en particulier celle du fioul domestique, combustible de chauffage que les ménages vulnérables utilisent davantage que les autres. Privation matérielle et sociale et niveau de vie sont très corrélés : en 2022, 36 % des personnes en dessous du 1er quintile de niveau de vie (les 20 % les plus modestes), de même que 18 % de celles entre le 1er et le 2e quintile, sont en situation de privation matérielle et sociale, contre moins de 1 % de celles au‑dessus du 4e quintile (les 20 % les plus aisées). Ainsi, 6 % de la population cumule situation de privation matérielle et sociale et situation de pauvreté monétaire. Vivre en couple plutôt que seul protège contre les privations matérielles et sociales, en permettant notamment de partager les dépenses de logement    figure 3. Néanmoins, la présence d’enfants augmente les risques de privations. Ainsi, les ménages les plus en difficulté sont les familles monoparentales (29 %) et les familles nombreuses (20 %), alors que les couples sans enfant sont plus souvent épargnés (6 %). Les personnes au chômage sont également particulièrement touchées par les situations de privation matérielle et sociale (36 %). Néanmoins, travailler ne protège pas complètement : 14 % des employés et également 14 % des ouvriers sont en situation de privation matérielle et sociale, contre 1 % des cadres. Les femmes sont plus touchées que les hommes par les privations matérielles et sociales (14 %, contre 12 % des hommes).   Définitions Privation matérielle et sociale, pauvreté monétaire, seuil de pauvreté, niveau de vie : voir Glossaire.  Pour en savoir plus • Retrouvez plus de données en téléchargement. • “Living conditions in Europe – material deprivation and economic strain”, Eurostat. • « En 2021, les inégalités et la pauvreté augmentent », Insee Première n° 1973, novembre 2023. • « La part des personnes en situation de privation matérielle et sociale augmente en 2022 », Insee Focus n° 304, juillet 2023. • « En 2021, un enfant sur dix ne part pas en vacances pour des raisons financières », Insee Focus n° 294, mars 2023.