Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 15 Graphique 1: Emploi intérieur total et emploi autochtone (1953-2001) Source: STATEC, IGSS 100.0 150.0 200.0 250.0 300.0 1953 1955 1957 1959 1961 1963 1965 1967 1969 1971 1973 1975 1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 Emploi intérieur total Emploi autochtone Le recul permanent du poids de la main-d’œuvre de nationalité luxembourgeoise peut encore être illustré par l’évolution de l’emploi salarié intérieur total ventilé selon trois composantes: nationaux, étrangers résidents et frontaliers. Alors qu’en 1970, les premiers représentaient encore quelque 70% du total, cette part n’est aujourd’hui que d’un peu plus de 30%. En considérant le seul secteur privé, elle deviendrait encore plus faible. Les frontaliers dont le poids relatif dépasse les 40% constituent désormais le groupe le plus important. Au milieu de la dernière décennie, ils ont dépassé en importance les étrangers résidents qui ont vu leurs effectifs se rapprocher de plus en plus de ceux des nationaux. Graphique 2: Emploi salarié intérieur par nationalité et pays de résidence - parts relatives (1970–2005) Source: STATEC, IGSS 0% 20% 40% 60% 80% 100% 1970 1972 1974 1976 1978 1980 1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 Natrionaux Etrangers résidents Frontaliers
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 16 A maintes reprises, les liens entre les excédents migratoires annuels et la croissance économique ont été mis en évidence. Les courbes lissées des taux d’immigration nette et des taux d’accroissement du PIB présentent des profils similaires et ce n’est que dans les années 1990 que l’on observe une nette divergence qui, à ce jour, n’a encore trouvé d’explication satisfaisante. Le fait que l’immigration soit corrélée de façon relativement étroite avec la croissance économique laisse à penser qu’elle exerce, durant la majeure partie de la période considérée, une fonction de régulation conjoncturelle en permettant d’adapter l’offre de travail à la demande de travail. Graphique 3: Taux de croissance du PIB en% et taux d’immigration nette en °/oo – taux lissés (1954-2005) Source: STATEC 0.00 2.00 4.00 6.00 8.00 10.00 12.00 14.00 1954 1956 1958 1960 1962 1964 1966 1968 1970 1972 1974 1976 1978 1980 1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 PIB Immigration Une analyse des professions exercées par les différentes composantes de la population salariée caractérisées à la fois par leur résidence (Luxembourg, pays environnants) et leur nationalité permet de mettre en lumière un certain nombre de faits stylisés:
Quelque 90% des Portugais peuvent être classés parmi les professions regroupées sous ‘Travailleurs manuels’ qui sont encore majoritaires chez les frontaliers venant de France ainsi que chez les Italiens résidant au Luxembourg.
Concernant les frontaliers originaires de France et les Français habitant le Grand-Duché, des différences non négligeables apparaissent. Moins de 40% des premiers sont des travailleurs manuels contre plus de 60% chez les seconds.
En prenant ensemble les deux premiers groupes de professions (directeurs, cadres supérieurs, d’une part, et professions libérales et scientifiques, d’autre part) se situant en haut de l’échelle sociale, on constate que seulement quelque 13% des nationaux en font partie , alors que ce pourcentage atteint 36% chez les résidants français, plus de 30% chez les ‘Autre EU’ et encore près de 20% chez les frontaliers venant de Belgique.
Les nationaux sont pratiquement un tiers à occuper un poste d’employé administratif. Cette part relative est de loin la plus élevée parmi les catégories de salariés considérées.
Il apparaît donc que l’on retrouve les nationaux surtout au milieu de la hiérarchie sociale, les étrangers étant prédominants aux deux extrêmes. En ce sens, les étrangers travaillant au Luxembourg auraient une fonction de régulation structurelle.
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 17 Tableau 2: Grands groupes de profession par nationalité et pays de résidence (% en ligne) Nationaux 5.9% 7.0% 13.6% 32.7% 40.8% Portugais 0.5% 0.4% 1.9% 7.0% 90.3% Français 6.8% 19.1% 14.5% 21.0% 38.7% Italiens 5.2% 9.4% 11.7% 20.1% 53.6% Autre UE 9.5% 21.7% 21.3% 24.2% 23.2% Non UE 3.1% 4.7% 4.6% 11.2% 76.2% Frontaliers France 2.1% 7.0% 9.5% 17.5% 63.8% Frontaliers Belgique 4.3% 14.5% 16.3% 20.2% 44.8% Frontaliers Allemagne 3.2% 8.9% 14.0% 24.6% 49.2% Source : STATEC, ESS 2002, RP 2001 Directeurs, cadres sup Professions libérales et scientifiques Techniciens et professions associées Employés administratifs Travailleurs manuels Nationalité 1.1.3 Évolution d la main-d’œuvre par résidence et nationalité Comparée à la décennie écoulée, la période récente est marquée par un certain tassement des excédents migratoires annuels qui sont tombés en dessous de 1 000. L’emploi frontalier, en revanche, a poursuivi sa croissance. Une progression tendancielle des départs serait principalement à l’origine de cette baisse. Nationaux, immigrés et frontaliers Une ventilation plus fine de l’emploi selon la nationalité et le pays de résidence n’est disponible que pour le seul emploi salarié. Ces chiffres proviennent de l’IGSS et se rapportent à la situation au 31 mars de l’année. Comparé aux années antérieures, on assiste, à partir de 2003, à une décélération de la croissance de l’emploi, même si, ces dernières années, un certain frémissement est observé. Alors qu’en 2002, l’emploi salarié total progresse encore de 4.2%, les taux ne sont plus que de 2.2% en 2003, 2.5% en 2004 et 2.9% en 2005. L’accroissement relatif des travailleurs frontaliers se situe au – dessus, celui des étrangers habitant le Grand-Duché correspondant, plus ou moins, à ce taux moyen. D'après les données de l'IGSS, le nombre de salariés augmente, entre mars 2004 et mars 2005, de 8 079 unités, dont 5 977 frontaliers et 2 102 salariés résidants. Parmi ces derniers, 446 sont de nationalité luxembourgeoise, 1 437 sont des citoyens d'un des autres pays de l'UE15, 30 proviennent des nouveaux Etats membres (NEM) et 189 sont des non- communautaires (+2.4%). Les taux enregistrés par les nationaux dénotent donc une certaine stagnation confirmant qu’ils ne seraient pas en mesure de suppléer une demande de travail qui continue de se développer. Une répartition de l’emploi étranger résident par grand groupe de nationalités montre que ceux originaires de l’UE15 qui ne sont pas loin de constituer 90% de l’emploi en question connaissent des taux moins élevés que ceux venant de l’extérieur de l’UE. Du côté des salariés résidents, les Luxembourgeois enregistrent le taux de croissance le plus faible (0.5%). Les communautaires (UE15) et les non- communautaires affichent des taux de respectivement +2.1% et +2.4%. Contrairement aux années précédentes, le nombre de salariés résidents issus des NEM ne s’est pas sensiblement accru depuis leur adhésion le 1er mai 2004. Leur taux de croissance s’élève à 2.1% en 2005. Si l’accroissement des Nouveaux Etats Membres peut paraître spectaculaire, il ne faut pas perdre de vue que, pour le moment, ils ne constituent qu’une infime minorité, la part relative dans l’emploi salarié intérieur des salariés non communautaires et des salariés issus des NEM se chiffre respectivement à 2.8% et à 0.5%. Notons encore que parmi les 1 468 salariés issus des NEM, seuls 20 salariés sont issus des 2 pays pour lesquels il n’y a aucune restriction à la libre circulation des travailleurs à savoir 3 ressortissants maltais et 17 chypriotes. La majorité des salariés issus des NEM vient de la Pologne, de la Slovaquie et de la République Tchèque. Ventilés par sexe, 55% des travailleurs des NEM sont des hommes dont 67% ont le statut d’ouvrier. Chez les femmes cette proportion est exactement inversée avec 68% d’employées. L’invasion tant appréhendée des travailleurs des nouveaux Etats membres à l’image du plombier polonais ne semble donc pas justifiée (cf. point « 1.6.1 circulation des travailleurs des nouveaux Etats membres »).
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 18 Tableau 3: Emploi salarié par résidence et nationalité (au 31 mars de chaque année) Spécification 1990 1995 2000 2005 1990 Nombre de personnes Résidents au Luxembourg 134 903 141 444 157 546 171 904 80.4 dont Luxembourgeois 90 411 87 013 90 630 94 007 53.9 Communautaires UE15 40 872 49 169 59 996 68 360 24.3 Nouveaux Etats membres 2 2 2 1 573 2 Non-communautaires 3 620 5 262 6 900 8 069 2.2 Frontaliers 32 973 54 156 84 402 116 381 19.6 Allemagne 5 983 9 760 15 839 25 100 3.6 France 15 378 27 843 44 959 60 027 9.2 Belgique 11 612 16 553 23 604 31 254 6.9 Total 167 876 195 600 241 948 288 285 100.0 Spécification 1995 2000 2005 1995 - 2005 1 2005 Nombre de personnes En % du total Variations en % Résidents au Luxembourg 72.3 65.1 59.6 1.6 1.2 dont Luxembourgeois 44.5 37.5 32.6 0.3 0.5 Communautaires UE15 25.1 24.8 23.7 3.5 2.1 Nouveaux Etats membres 2 2 0.5 2 2.1 Non-communautaires 2.7 2.9 2.8 5.5 2.4 Frontaliers 27.7 34.9 40.4 8.8 5.4 Allemagne 5.0 6.5 8.7 10 8.7 France 14.2 18.6 20.8 9.5 4.8 Belgique 8.5 9.8 10.8 6.8 4.1 Total 100.0 100.0 100.0 3.7 2.9 1 en moyenne par an 2 inclus dans non-communautaires Source : STATEC, EFT Emploi des étrangers résidents Entre le 31 mars 2001 et le 31 mars 2005, le nombre d’étrangers vivant au Grand-Duché et ayant un emploi a augmenté de quelque 7 800 unités. Deux facteurs peuvent être à l’origine de cette évolution. Il y a tout d’abord les excédents migratoires de la période considérée comportant un nombre important d’individus en âge de travailler. Mais les entrées dans la vie professionnelle durant une année donnée, sont également le fait de personnes déjà présentes, depuis plus ou moins longtemps, sur le territoire. Du point de vue de la participation à la vie professionnelle, les nouveaux immigrés de sexe masculin ont généralement des taux d’emploi supérieurs à ceux observés dans la population étrangère, en général, les choses étant moins claires chez les femmes. Ceci est illustré par les courbes, basées sur des données relevées lors du recensement de la population de 2001, donnant les taux d’emploi par âge. Graphique 4: Population étrangère - Taux d’emploi masculins selon la période d’arrivée. Source: STATEC, RP 2001 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60-64 Population étrangère totale Immigrés de l'année
Rapport travail et Cohésion sociale Cahier économiques n° 101 19 Graphique 5: Population étrangère - Taux d’emploi féminins selon la période d’arrivée. Source: STATEC, RP 2001 0 20 40 60 80 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60-64 Population étrangère totale Immigrées de l'année Chez les hommes, c’est avant 30 ans et après 50 ans que les écarts sont les plus importants. Les deux séries de taux féminins sont caractérisés par de plus faibles valeurs, entre 35 et 55 ans, des immigrées arrivées durant l’année précédant le recensement. Les taux d’emploi ne constituent qu’un des éléments déterminant l’emploi, l’autre étant le volume de la population en âge de travailler à laquelle s’appliquent ces taux. En gonflant la population en question, les soldes migratoires annuels ont donc un impact direct sur l’accroissement de la main-d’œuvre disponible. Les chiffres sur les flux migratoires mettent en lumière un recul des excédents des arrivées sur les départs à partir de 2002. C’est la forte progression des sorties qui explique cette évolution, les entrées ayant également plutôt tendance à s’accroître. Tableau 4: Flux migratoires 1996-2005 Année Arrivées Départs Solde 1996 10 027 6 571 3 456 1997 10 423 6 789 3 634 1998 11 630 7 815 3 815 1999 12 794 8 333 4 461 2000 11 765 8 121 3 644 2001 12 135 8 824 3 311 2002 12 101 9 452 2 649 2003 12 613 10 540 2 073 2004 12 495 10 911 1 584 2005 13 512 10 841 2 671 Source : STATEC Un premier examen de ces flux de départs montre qu’en ce qui concerne la répartition par âge, les profils restent assez similaires tout au long de la période avec seulement un déplacement vers le bas des courbes afférentes. Graphique 6: Départs par âge 1997–2005 Source: STATEC 0 500 1 000 1 500 2 000 2 500 0-4 5-9 10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60-64 65-69 70-74 75-79 80-84 85+ 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005